Ibid., XI, V
jours la syllabe sacrée, trililtérale, Auni, les trois mois Dhoïir, Bhouvah, Siuar et la Savitri^. Si, chaque jour, pendant un mois, on répète ces mots magiques, en retenant seize fois sa respiration, on est absousmême du meurired’un brahmane. De même certains textes, ruminés quotidiennement, vous déchargent du crime, non moins effroyable, d’avoir bu des liqueurs spiritueuses^
Qu’il arrive à un brahmane de poursuivre un chien autour du temple de Sivâ et de le tuer d’un coup de bâton, sur le seuil, et, pour cet acte glorieux, il sera, non seulement lavé de tous ses péchés, mais même admis dans le paradis de Sivâ. La purification par le Panchakaryan, c’est-à-dire en buvant les cinq choses provenant de la vache, le lait, le beurre, le caillé, la bouse, l’urine, a pour conséquence la rémission de tous les péchés « commis avec une parfaite connaissance^ ». Le bain dans certaines rivières ou certains étangs, les pèlerinages ont des effets du même genre. Mourir à Bénarès assure le paradis, même à des déclassés, ont casls, et des infidèles.
Les pèlerinages s’accomplissent parfois d’une façon très singulière. On a vu des gens faire plus de 300 lieues, en se prosternant, c’est-à-dire en se couchant tout de leur long, depuis leur maison, les mains étendues, puis se relevant et recommençant à se prosterner, en mettant les pieds où ils avaient d’abord les mains*.
En somme les pratiques et les formules sont la grande affaire. Un prêtre, qui saurait par cœur tout le Rig-Véda, serait absous, eût-il égorgé les habitants des trois mondes, ou mangé de la viande offerte par les mains les plus viles “.