Ibid., V, V
L’IiNFLlIENCE DES RELIGIONS SUR LA MORALE.
Comme Ions les prescriptions longtemps observées, cette éthique sacrée a engendré des répugnances correspondantes. Aux Indiens, la chair d’un bœuf, d’une vache, d’un buffle, répugne, un peu comme celle du cheval aux Européens*; un brahmane, mourût-il de soif, n’accepterait pas à boire d’un individu appartenant à une caste inférieure. La Société royale de Calcutta, recevant un exemplaire des Yédas publié par les Anglais, exigea qu’il fut relié en soie et non en veau”.
Du moment où la conduite des hommes est réglementée parle caprice des dieux, tout devient possible; c’était, par exemple, pour être agréable à la déesse Bhavani, que les Thugs étranglaient les voyageurs L C’est par piété que l’on honore le priapique lingam et qu’on en porte l’image au cou 4, que les dèvadachi ou prostituées sacrées exercent leur métier dans les temples®. On ne songe plus du tout à peser la valeur réelle des actes, ainsi tuer un brahmane et boire d’une liqueur spiritueuse sont des crimes également énormes.
La manière, dont les fautes ou les crimes s’expient ou s’elfacent, est tout aussi absiii'de.
Le meurtre d’un brahmane se rachète en sauvant une vache®; mais le Dwidja, qui a bu avec inlenlion une liqueur spiritueuse, doit boire de la liqueur enflammée ou, jusqu’eà ce qu’il en meure, de l’urine de vache, de l’eau, du lait, du beurre clarifié, du jus exprimé de la bouse de vache L Le devoir par excellence, dit Manou, celui auprès duquel tous les autres sont secondaires, c’est de répéter tous les