Ibid., XI
Letourneau. — L’évolution de la morale.
les moyens qui servent à l’apaiser, à effacer les péchés, ne sont pas plus raisonnables. Le Seigneur tout-puissant est surtout friand de victimes. Autrefois, nous l’avons vu, il dévorait les enfants premier-nés ; plus tard il s’est contenté des animaux. Il pardonne, pour un veau, un péché commis par ignorance * ; un serment oublié, pour une jeune brebis ou une chèvre ^ ; une fraude ou une tromperie, pour un bélier sans tache L Pour un bouc émissaire, les péchés de tout Israël lui sont remis \
Le Koran, fils naturel de la Bible, n’est pas plus sensé ; il veut que l’on s’abstienne du sang et de la chair du porc, des animaux suffoqués, assommés, tués par une chute, entamés par une bête féroce'. Pour Allah, comme pour Jéhovah, la grande qualité, c’est d’être croyant. Défense d’aimer l’infidèle, fût-ce un père, un fils, un frère, un allié®. Le croyant est récompensé dans cette vie par un riche butin pris aux mécréants ’ ; dans le paradis, par un séjour dans des jardins délicieux peuplés de houris aux yeux noirs, etc. ®.
Au contraire les réprouvés boiront de l’eau ardente, comme le métal fondu® et aussi du pus*®.
Essentiellement, toutes les religions anthropomorphiques se ressemblent, qu’elles soient monothéistes, comme le judaïsme et l’islamisme, ou polythéistes comme la religion gréco-romaine. Au point de vue théologique, la grande