‹ L’évolution de la moraleChapitre 361 sur 372 · Déontologie, t. I' , p · texte numérisé non relu

Déontologie, t. I' , p

LA iMÜRALE MÉTAPHYSIQUE.

tout à fait il nous le faille être par occulte, naturelle et universelle propriété, sans loi, sans raison, sans exemple? » Non, cela n’est pas vrai; nous le savons de reste après le long voyage que nous avons fait à travers les morales de toutes les races et de toutes les époques.

Nous avons vu que les règles morales ont été bien tardivement formulées, après un long dressage, tout d’abord irraisonné et résultant simplement des nécessités de la lutte pour vivre et du conflit des intérêts et des désirs. Quand on s’est avisé de légiférer à propos des mœurs, on l’a fait simplement en s’inspirant de l’idée d’utilité, grossièrement conçue par des êtres grossiers, et au bénéfice des plus forts.

Peu à peu pourtant l’éthique a évolué et, dans l’ensemble, en mieux, en raison composée de la concurrence ethnique et du développement de l’intelligence. Puis sont nées les morales théologiques, rigides, inflexibles, au-dessus de l’examen, auxquelles il fallait obéir sans phrases ni murmures. Leur règne a duré longtemps, aussi longtemps que la foi. Enfin, quand on s’est mis à raisonner, une théologie édulcorée, qu’on a appelée métaphysique, a essayé de codifier une morale dépourvue de base et de sanction réelles. A cette morale vide il importe d’en substituer une autre, substantielle et raisonnée. Cette éthique nouvelle et nécessaire, on en a déjà indiqué la méthode, tracé les grandes lignes ; c’est la morale scientifique, la morale utilitaire et transformiste, dont je parlerai dans ma prochaine et dernière leçon.

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