‹ L’évolution de la moraleChapitre 360 sur 372 · Id., Ibid., p · texte numérisé non relu

Id., Ibid., p

Quel bien, quel mal, quel juste, quel injuste? Mous avons vu, que, dans le temps et dans l’espace, les variétés du bien et du mal, de la justice et de l’injustice sont fort nombreuses; mais nos métaphysiciens dédaignent le monde extérieur : l’introspection leur suffit.

Quand on a ajouté que la « distinction du bien et du mal repose sur l’idée de cause finale^ »... « que la vertu appelle une récompense et le vice un châtiment... pmxe que cela est ainsi- » et que la peine et la récompense étant mal réparties dans ce monde sublunaire, il faut qu’il y ait une vie future®, on nous suppose satisfaits et suffisamment renseignés sur l’origine et la fin de la morale.

C’est de ces conceptions simplistes que J. Bentham disait : « Celui qui dirait : cela est comme je le dis, parce que je le dis, » celui-là ne paraîtrait pas avoir dit grand’chose ; mais en matière de morale, on a écrit de gros volumes, dont les auteurs, de la première page à la dernière, répètent ce raisonnement et rien de plus^ »

Aux âges de foi, la morale religieuse est efficace; elle repose sur une base sérieuse, sur la crainte d’offenser des divinités puissantes, capables de punir et de récompenser ; au fond ce n’est que la théorie fort simple du dressage, transportée dans le monde de l’imagination, pourtant cette éducation a sûrement contribué, dans une large mesure, tantôt à former, tantôt à déformer le sens moral, en pesant sur deux grands ressorts : la crainte et l’espérance. .Mais quelle influence peuvent exercer sur la conduite des hommes les subtilités vaines et vides de nos métaphysiciens?

« Serait-il vrai, disait déjà Montaigne, que, pour être bon

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