‹ L’évolution de la moraleChapitre 38 sur 372 · G. Leroy, Lettres sur les animaux, p. 2G · texte numérisé non relu

G. Leroy, Lettres sur les animaux, p. 2G

Lors d’une chasse dans l’Inde, deux éléphants lomhèrent dans une fosse, dont l’un d’eux réussit à sortir. Après quoi, au lieu de se sauver, il tendit à son compagnon moins agile une trompe secourahle. Le fait se passa en présence de nombreux témoins*.

En Abyssinie, Brehm a été témoin oculaire du fait suivant : Une troupe de babouins, ayant été attaquée par des chiens, détala pendant que les vieux protégeaient la retraite ; mais un jeune babouin d’environ six mois n’avait pu suivre la bande et, perché sur un rocher, il appelait à grands cris au secours. Un des plus grands mâles, touché de ses plaintes, redescendit d’une colline qu’il avait gravie, marcha lentement vers l’abandonné, le rassura et l’emmena triomphalement en tenant les chiens en respect.

Un excellent observateur des mœurs des oiseaux, Audubon, raconte comment un nid de grives rousses d’Amérique étant attaqué par un serpent, auquel résistait de son mieux la grive mâle, un autre mâle de la même espèce, répondant au cri de détresse de son camarade, descendit en toute hâte au secours des deux infortunés... Un troisième était aux prises avec le serpent » (Audubon, Scènes de la nature dans les États-Unis, t. U', p. 303).

Les exemples d’animaux vieux ou infirmes, nourris par leurs amis ou parents ne sont pas rares. Sur les bords du lac salé de l’Utah, un pélican, vieux et aveugle, était, dit le capitaine Stansbury, nourri par ses compagnons. Des corbeaux indiens, dit M. Dlylh, donnaient à manger à deux ou trois de leurs compagnons aveugles. Darwin, qui cite ces faits ‘‘‘, a eu connaissance d’un trait analogue observé chez un coq domestique. ]\loi-même, j'ai vu des serins nourrir, bec à

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