Descendance, Ole., p
L’ORIGINE DES PENCHANTS MORAUX
bec, pendant plusieurs années, une vieille serine impotente, leur lointaine aïeule
A vrai dire, tous les faits de ce genre, et il serait facile d’en citer bien d’autres, ne sont pas des faits moraux proprement dits, en ce sens qu’ils sont capricieux, dictés par des sentiments individuels, que souvent ils succèdent à des actes franchement égoïstes ou les précédent : « La même guenon, qui est capable de mourir pour assurer le salut de sa progéniture, se montre incapable de s’imposer certaines privations de gourmandise. On la verra, par exemple, fouiller avec la main jusque dans le gosier de son petit pour en retirer une amandeoii toute autre friandise, qu’elle croque ensuite elle-même avec un égoïsme révoltant-. » Mais il n’en va pas autrement dans l’humanité. 11 s’en faut que l’homme, Vhomo sapiens, soit toujours monté au ton de l’héroïsme et, quand les grands mobiles se taisent, la parole est aux petits.
Bien d’autres traits moraux, tout à fait humains, se peuvent observer chez les singes. Dans nos ménageries, chez les singes de diverses espèces, enfermés dans la même cage, on voit se développer des sentiments inférieurs, trop communs dans l’espèce humaine ; l’arrogance, la prépotence des forts, la servilité des faibles. Une certaine hiérarchie sociale, uniquement basée sur le droit du plus fort, s’établit dans la petite société : « La plèbe des quadrumanes inférieurs, les makis, les ouistitis, constitue une classe opprimée, dont les membres font cause commune pour s’opposer de leur mieux à la domination et aux envahissements des classes privilégiées... L’attitude humble, soumise et résignée de ces ilotes ne les sauve pas toujours des coups, des injures et des mauvais traitements »