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Morale universelle, l. l*q p

L’ORIGINE DES PENCHANTS MORAUX

j en guerre contre les groupes voisins. Dans nos énormes sociétés modernes, où en temps ordinaire, on a peu cà redouter pour sa vie ou sa bourse, l’individualisme dégénère de plus en plus en égoïsme, et cet égoïsme éclate avec férocité dans les crises politicjues et sociales, durant lesquelles on voit de fort honnêtes gens, bons pères et bons époux dans la vie privée, absoudre et parfois commettre les actes les plus féroces avec une parfaite sérénité de conscience.

L’éducation, le genre de vie fabriquent la morale. C’est li une vérité que proclame quantité de faits ; en Espagne, dans le pays de Galles, dans les Iligblands, l’infanticide est à ; peu près inconnu; c’est que, dans ces contrées, l’opinion publique est très indulgente pour la fragilité féminine *.

Une très longue culture morale, fortifiée par une sévère pénalité, a fini par éteindre chez la plupart des civilisés le penchant à l’homicide si commun et si puissant, comme nous i le verrons, dans les sociétés primitives; mais où est l’homme i bien élevé qui oserait refuser un duel?

Certes, dans nos sociétés modernes, l’amour de l’argent est bien fort. Tout y pousse. C’est le grand ressort moral ou I immoral. Pourtant l’horreur du vol a été prêcliée si long- [t temps et à tant de générations, le larcin a été si sévèrement il réprimé par les lois, c|ue l’on voit de pauvres diables restifj tuer, sans y être aucunement contraints, des objets de i grande valeur à des gens beaucoup plus riches qu’eux et parfois sans vouloir accepter de récompense : le contentement intime résultant de l’accomplissement d’un acte de désintéressement leur suffit. Et cela est ordinaire ; l’hé- , roïsme méprise naturellement les récompenses; il les trouve en lui-même.

Je terminerai ici mes considérations préliminaires. Elles

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