Wake, Evolution of Moralitij, t. I", p
cliamp, étaient simplement tenus en réserve pour de futursfestins. Pour cela on les engraissait; puis on les tuait et mangeait, au fur et à mesure des besoins. A Yiti la chair humaine était fort estimée. Certains gourmets la laissaient faisander. Dans la langue du pays, elle s’appelait viande de « long porc », et il était de règle qu’un plat de viande humaine figurât dans tous les festins de gala. C’était l’aliment idéal, et, pour vanter l’exellence d’un mets, on disait : « 11 est tendre comme de l’homme mort. »
Mœurs analogues, un peu moins raffinées, car la race est moins intelligente, à la Nouvelle-Calédonie. Le désir de manger de la chair humaine était le motif le plus ordinaire des guerres de tribu à tribu. « Il y a longtemps) disaient parfois les chefs, que nous n’avons mangé de la viande : allons en chercher*. » Parfois, nous dit M. de Rochas, avant de se mettre en campagne, on chantait une sorte de poésie anthropophagique, un dialogue alterné entre le chef et les guerriers : « Attaquons-nous les ennemis? — Oui. — Sontils forts? — Non. — Sont-ils braves? — Non. — Nous les tuerons? — Oui. — Nous les mangerons? — Oui. » Le combat cessait dès qu’on avait tué quelques hommes. Le dépècement des cadavres était une joyeuse et glorieuse cérémonie. On y préludait par une danse, pendant laquelle un des danseurs tenait une pique d’une main, et, de l’autre, un instrument spécial, servant à débiter les corps-. Les chefs s’adjugeaient après la victoire la part du lion et prélevaient même certains morceaux, destinés à être envoyés, à titre de présents, à des alliés douteux L
Le cannibalisme guerider ne régnait pas seul à la Nouvelle-Calédonie. On y pratiquait aussi le cannibalisme do-