‹ L’évolution de la moraleChapitre 63 sur 372 · Ibid., p · texte numérisé non relu

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taient solennellement quelques petits morceaux du cadavre du chef, en offraient des parcelles aux dieux et en même temps demandaient à ces dieux quelle serait l’issue définitive de la g uerre h

Le chef du parti vainqueur mangeait d’abord l’œil gauche de son rival. C’était une des prérogatives de son rang et elle était considérable : en effet, dans la croyance des Polynésiens, l’œil gauche d’un chef devait, après sa mort, devenir une étoile. Or, en mangeant l’œil de l’ennemi, le chef augmentait d’autant le futur éclat du sien et, dans cette vie, doublait son êtreL

Mais, pour être le plus général, le cannibalisme guerrier n’était pas le seul en usage à la Nouvelle-Zélande. On mangeait aussi des esclaves, généralement des jeunes gens des deux sexes nourris à cet effet, comme à Viti^. Ces faits de cannibalisme domestique se produisaient d’ordinaire, à l’occasion de quelque fête, pour faire une politesse à des proches, à des amis. Parfois on choisissait une jeune fille, l’esclave préférée, celle à qui l’on avait coutume de donner un petit nom d’amitié. C’était une attention délicate à l’adresse de l’hôte {Pérak, etc., par Beau de Saint-Pol Lias, p. 226). Parfois aussi le maître mangeait son esclave simplement pour le punir d’un vol ou de quelque autre délit*.

Dans la conscience des Néo-Zélandais, ces actes ne soulevaient ni répugnance ni remords; ils leur semblaient absolument simples. « Pourquoi ne pas manger des hommes? disaient-ils à Marsden. Les grands poissons mangent les petits, quelquefois ceux de leur propre espèce. A leur tour, les petits poissons mangent des animalcules. Les oiseaux

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