‹ L’évolution de la moraleChapitre 64 sur 372 · Moerenliout, Voyage aux lies, etc., t. I, p · texte numérisé non relu

Moerenliout, Voyage aux lies, etc., t. I, p

4. Voyage de l’Astrolabe (Missionanj Register de Marsden), p. 40.

LA MOlîALE BESTIALE.

s’entre-dévorent. Les hommes mangent les chiens cl les chiens mangent les hommes*. — Quel mal y a-t-il à manger des ennemis tués sur le champ de bataille et cpii nous auraient traités de même, s’ils l’avaient pu? — Nous ne mangeons pas nos parents L »

Et puis il y avait aussi la question de gourmandise : « La chair humaine, disait à Earle un chef très doux et très poli, est tendre comme du papier. »

L’anthropophagie primitive, bestiale, régnait donc à la Nouvelle-Zélande, et, circonstance aggravante sur laquelle je reviendrai, elle y était pratiquée par les deux sexes.

Aux îles Marquises, on était déjà entré dans une période de transition. Les Nouka-lliviens étaient encore fort cannibales au temps de Porter, de Krusenstern; mais déjà ils avaient des doutes sur la moralité de l’anthropophagie. Un vieux chef Nouka-llivien, Gatlaneoua, disait avec orgueil à Porter, que personne de sa famille, et cela depuis l’époque lointaine où commençaient ses souvenirs, n’avait jamais ni mangé de la chair humaine, ni goûté à un cochon volé ou mort de maladie^; mais les autres, disait-il, moins scrupuleux, mangeaient parfois rennemi vaincu. Il y a une trentaine d’années, un voyageur français a encore trouvé le cannibalisme aux Marquises, mais il s’y pratiquait assez rarement, seulement durant la guerre, ou à l’occasion de quelques cérémonies religieuses. Seuls, les vieillards, les Kakious, aimaient encore avec passion la chair humaine*. Les Marquisiens n’avouaient déjà plus volontiers ce trait de leurs mœurs aux Européens. Chaque tribu s’en défendait et en accusait sa voisine ^

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