Natural llislorij of Man., t. II, p
3. Lang, Aborigènes of Australia. — Eyre, Discoveries in Central Australia, t. Il, p. 385.
LA MORALE BESTIALE
certain sentiment de réciprocité aient germé dans le cerveau humain, et cela n’est pas l’œuvre d’un jour.
Les Australiens, dit Cunningham, ne font pas plus de cas de la vie d’un homme que de celle d’un papillon ^ ; mais il en est partout de même chez les races primitives. Toujours le plus faible est à la merci du plus fort, et surtout du maître hiérarchique, quand il y en a. A Taïti, dit Cook, un chef, qui avait tué un vilain (une peccadille), entra dans une violente colère, quand on lui dit que, pour un acte à la fois si insignifiant et si légitime, il serait pendu en Angleterre De même, le missionnaire Marsden étonna beaucoup les Néo- Zélandais en leur apprenant que le roi d’Angleterre, bien plus puissant pourtant que les roitelets de la Nouvelle- Zélande, n’avait pas le droit de faire mourir un homme (Voyage de TAslrolabe. Pièces justificatives, p. iOO).
Cette férocité native de l’homme, que l’on peut appeler animale, se montre surtout dans les guerres, dans la manière de traiter les vieillards et les malades, dans le peu de cas que l’on fait de la vie de l’enfant, né ou à naître, enfin dans la brutalité envers les femmes. Je passerai rapidement en revue ces divers genres de brutalité.