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so commetteiiL couramment dans les guerres entre soidisant civilisés. Bombarder, par exemple, une ville habitée par toute une population, non belligérante, de femmes, d’enfants, de vieillards, de malades, équivaut bien à décapiter une femme que l’on surprend endormie dans un bois. Quant aux guerres entre civilisés et barbares ou sauvages, plus généralement entre les civilisés de race blanche et les représentants des autres races, riiumaiiité n’y intervient guère plus qu’entre le chasseur et le gibier. Pour ne parler que de faits tout récents, personne n’a oublié le laisser aller avec lequel un de nos brillants écrivains, l’auleur du Mariage de Loti, a raconté le massacre des Annamites par les marins français. Mais c’est là un sujet sur lequel nous aurons • à revenir, puisque, depuis les âges préhistoriques jusqu’à 1 nos jours, la guerre n’a pas cessé d’être une des grandes occupations du genre humain.

Ilf. — ABANDON. — MEURTRE DES VIEILLARDS

En pays primitif, on est toujours prêt à tuer et exposé à 1 être tué par l’ennemi. Cette existence de bête fauve est peu fpi'opre au développement des sentiments humanitaires; aussi, même au sein des petits groupes ethniques, les 1 mœurs sont atroces, et l’on est sans pitié pour les bouches 1 inutiles. Presque partout, à ce moment de l’évolution morrale, le sort des vieillards, des malades, des infirmes, est l tragique. Les circonstances atténuantes sont : la fréquente rrareté des subsistances, les difficultés et les dangers de la i lutte pour vivre.

A la Nouvelle-Calédonie, quiconque cesse de manger penidant trois jours est au moins relégué et abandonné dans un Letourneau. — L’évolutiou de la morale. 8

II i L’ÉVOLUTION DE LA MORALE,

lieu écai’lé ; mais souvent il est mis à mort par ses parents ^ Les vieillards sont traités de môme. Parfois on ne se contente pas de les laisser mourir dans l’abandon; on abrège pour eux l’attente de la mort en les enterrant, sans toujours prendre la peine de les tuer auparavant. Dressés de longue main à cette morale, qu’ils ont jadis pratiquée eux-mêmes, les patients se résignent tranquillement à leur sort. Certains demandent spontanément qu’on ait la complaisance de les tuer, et alors on les voit marcher tranquillement vers leur fosse où on les couche après les avoir assommés d’un coup de casse-tête ^

Des mœurs analogues régnaient à Yiti, mais là elles étaient sanctifiées et sanctionnées par la religion. Dans l’opinion des Vitiens, qui croyaient fermement à une existence après la mort, on arrivait dans le Viti d’outre-lombe exactement dans l’état où l’on était en quittant le Yiti terrestre. De quelle importance n’était-il donc pas de ne pas s’oublier sur la terre, de ne pas attendre la caducité? Pour les enfants, c’était un pieux devoir de ne pas laisser les vieux parents traîner une trop longue existence. Ce devoir, ils le remplissaient scrupuleusement, en avertissant au besoin leurs auteurs et en fixant, de concert avec eux, le moment de leur départ pour l’au delà. Au jour dit, l’on convoquait parents et amis à un festin funéraire. Puis on conduisait cérémonieusement le vieillard vers sa tombe, sur le bord de laquelle, après un tendre adieu, les fils l’étranglaient avec sollicitude. Un missionnaire anglais, le révérend Ilunt, assista un jour à une inhumation de ce genre. Il s’agissait d’une vieille femme, qui marcha allègrement jusqu’au lieu de l’exécution : « En arrivant auprès de la fosse, la mère s’assit; [tous alors,

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