A. d’Orbigny, L’homme américain, l. II, p. 2il
cate. Car, croyaient-ils, être mangé dans ce monde-ci par des chiens était un sûr moyen d’être traîné, une fois qu’on serait arrivé dans l’autre, par des chiens excellents ^ D’autres Esquimaux d’Asie pensent, comme les Vitiens, qu’il est très désirable de faire bonne figure dans l’autre monde et, pour cela, les vieillards koriaks et tchoutchis se font parfois tuer par leurs enfants pour éviter la vieillesse ^
Les lakoutes abandonnent aussi leur parents âgés, leurs malades gravement atteints, dans des cabanes qu’ils leur construisent sur le bord d’une rivière. Ils leur laissent quelques provisions et d’ordinaire ne s’en occupent plus ensuite.
Par cet eflroyable côté de ses mœurs, l’homme primitif contemporain reproduit trait pour trait celui d’autrefois. Les écrivains de l’antiquité ont en effet recueilli un certain nombre de faits analogues à ceux que je viens d’énumérer. J’en citerai quelf|ues-uns, car les concordances entre la préhistoire morte et la préhistoire vivante sont, pour nous, particulièrement intéressantes.
Au dire de Platon, ^on avait, dans une certaine tribu sarde, la coutume d’assommer les vieillards cà coups de bâton L En Bactriane, dit Strabon, on entretenait des chiens dits « enterreurs » dont la fonction était de dévorer les vieillards et les malades ‘. Le même auteur nous assure que « la mort la plus enviable pour les Massagètes, c’était d’être, au terme de la vieillesse, haché menu avec d’autres viandes et mangé parles siens. Au contraire, quiconque mourait de maladie était regardé comme un impie, bon seulement à servir de pâture aux bêtes fauves “ ». Dans un autre passage, Strabon