Mocrcnliout, Voyage aux îles, l. II, p
poisson, que dévoraient ensuite gloutonnement son mari et ses fils, en ne lui laissant ou jetant que les morceaux de rebut*. Certains aliments étaient interdits aux femmes, les meilleurs, naturellement ; le cochon, la volaille, les noix de coco, le plantain. Pour elles, la tête de leur mari, celle de leur père étaient sacrées, tabouées; il leur était interdit de toucher tout ce qui avait été en contact avec ces têtes sanctifiées, dépasser au-dessus d’elles, quand les hommes étaient couchés etc.
Les mœurs pourtant variaient notablement d’archipel à archipel. Ainsi à Noukahiva les hommes travaillaient la terre^ A Tonga*, aux îles Gambier, la situation des femmes était relativement douce. La fabrication des étoffes en écorce de mûrier, celle des nattes, la préparation de la purée de fruits à pain étaient leurs principales occupations. Le reste de leur vie se passait à chanter, à se baigner, à tresser des couronnes de Heurs.
Par toute la terre et chez tous les hommes primitifs, le sort de la femme est à peu près le même : on n’exagère nullement en disant que la femme a été le premier animal domestique de l’homme.
A la Terre de Feu, la Fuégienne entre dans l’eau en toute saison pour recueillir des coquillages. Elle est chargée du soin des barques et au besoin va à la nage les vider; souvent c’est elle qui rame. A terre, elle construit la hutte, se procure le bois nécessaire, même pendant qu’elle allaite
Plus au nord, l’Indien de l’Amérique méridionale ou se