‹ L’évolution de la moraleChapitre 93 sur 372 · Do Rochas, A’oitJJ€//c-Crt/ef/o?iie, p- 28.t · texte numérisé non relu

Do Rochas, A’oitJJ€//c-Crt/ef/o?iie, p- 28.t

LA MORALL RLSÏIALE.

On les renconlré aussi en Polynésie, où avec quelques j allénuations le sort des femmes était analogue. Aux îles Marquises, l’entrée des pirogues était interdite aux femmes qui, croyait-on, faisaient fuir le poisson i.

Pourtant, et par une exception rare, à la Nouvelle-Zélande, les femmes avaient l’honneur de manger avec les hommes-, tandis qu’à Taïti, par exemple, elles ne devaient même pas cuire leurs aliments sur le feu qui servait à la cuisine masculine. Comme les Mélanésiens, du reste, les Polynésiens tenaient pour déshonorant de poi’ter un fardeau^. Tous les travaux pénibles étaient donc le lot de leurs femmes *. Môme celles des chefs, les reines, travaillaient la terre et plantaient des patates ^ Cette utilisation de la femme était aux yeux des indigènes la principale raison de la polygamie ®.

A la Nouvelle-Zélande, pays cannibale par excellence, les femmes étaient encore traitées avec une grande cruauté. Ainsi, quand un père ou iin frère donnaient leur fdle ou leur sœur pour femme à un compatriote, ils lui disaient; « Si vous en êtes mécontent, vendez-la, tuez-la, mangez-la. Vous en êtes le maître absolu \ » Dans les autres archipels polynésiens, où la vie était plus facile, les mœurs s’étaient quelque peu adoucies. La femme était toujours tenue pour ^ un être inférieur, une sorte d’animal domestique, mais elle I était moins exposée aux violences, aux brutalités. Pourtant ! son sort était fort dur encore. Souvent elle devait, comme l’Australienne, passer des journées entières dans l’eau, les I pieds nus sur le corail, pour recueillir des coquillages, du

I 1. lUuliguct, Derniers sauvages, p. 162.

2. Dumont cl’Urville, Ilist. univ. des voyages, t. XVI II, p. 267.

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