‹ Le̓́volution du système nerveuxChapitre 1 sur 29 · TARIS · texte numérisé non relu

TARIS

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L'ÉVOLUTION

L'étude de l'innervation est certainement une des plus difficiles, mais aussi une des plus intéressantes de la physiologie. C'est la partie de cette science qui exige le plus de connaissances anatomiques et histologiques préalables, celle qui soulève le plus de problèmes, celle qui touche au nombre le plus considérable de questions de toute nature, en dehors même de la médecine. La psychologie, l'hygiène, la jurisprudence, la science sociale ne peuvent se passer d'elle. Par ce temps de nervosisme à outrance, nervosisme qui se retrouve partout, dans les mœurs, les arts, la littérature, la politique et jusque dans la science, si bien qu'un cerveau bien équilibré devient une exception, la connaissance du système nerveux est de la plus haute importance pour le physiologiste et pour le médecin. Il faut savoir ;omment fonctionne ce mécanisme délicat pour savoir ce qui trouble son fonctionnement et comment y remédier.

l'a semblé, vu l'état actuel d( é rapide de l'évolution du sy ; animale pouvait présenter ui graphies sur des points isolé tes, se multiplient tous les j( recherches s'amoncellent, gag éthodes nouvelles d'invesliga ctitude ; mais ces travaux, s s, puisqu'ils constituent la b; nents de la science de la vie, ur spécialité, de ne s'adresseï nte de lecteurs. Ils ont en oui terdre de vue, même par les i e genre d'études, les grandes I lées sous l'encombrement des ;t utile, de temps en temps,

■ en quelques pages les résull tes ces recherches fragmenta lies, jalons indicateurs qui pe irienter dans la multiplicité d« ité de faire pour l'évolution d ;ayé, autant que l'état de lascii ; synthèse, d'embrasser d'ui e les formes multiples du sy )mment ces formes dérivent

■ de l'observation et de l'expér

pas mauvais de placer, comme contre-poidsi la iraison des faits et leur généralisation. L'esprit ne • u'y gagner en étendue et en profondeur, r être étudiés avec fruit, les phénomènes de la vie it être étudiés, non pas seulement sur un seul être.

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mais comparativement chez tous. L'homme lui-même, et c'est une vérité bien démontrée aujourd'hui, ne représente qu'un des termes de la série, et malgré sa supériorité, ne peut être isolé du reste des êtres vivants. Quelle que soit Tidée qu'on se fasse de son origine, de sa nature, de sa destinée, il n'en demeure, pas moins acquis que Torganisme humain n'est qu'un degré plus avancé de l'organisme animal. Le système nerveux de l'homme est -calqué sur le système nerveux des animaux situés audessous de lui et on retrouve au bas de l'échelle des êtres les rudiments déjà bien indiqués de la vie nerveuse si développée chez lui. Cette étude de la vie nerveuse à peine ébauchée n'est pas sans utilité, tant s'en faut, pour la compréhension des phénomènes nerveux supérieurs et nous avons plus d'une fois à en tirer des applications directes à la physiologie humaine.

Quand on descend successivement des animaux supérieurs aux animaux qui occupent les degrés inférieurs de l'échelle et qu'on les examine, même en se servant des procédés ordinaires les plus simples de Tanatomie grossière, on voit l'organisation compliquée des êtres supérieurs faire place peu à peu à une* organisation de plus en plus rudimentaire ; les appareils se réduisent, se simplifient et finissent même par disparaître, jusqu'à ce qu'on arrive par une série de transitions insensibles à des organismes dans lesquels tout est confondu, dans lesquels il n'existe plus qu'une seule substance, le protoplasma, dans laquelle viennent pour ainsi dire se condenser tous les appareils et tous les organes. 11 suffit du reste du coup d'œil le plus rapide pour que l'homme le plus étranger aux études scientifiques ait l'intuition de

gradation dans la série animale ; il lui suffit de se les' diverses formes qu'il connaît et qu'il a pu er: un mammifère, un oiseau, un reptile, un un limaçon, un ver de terre, décroissance n'existe pas seulement pour les : : on la retrouve encore pour les plantes; aussi on, en descendant les deux séries, à des orga- :omposés d'une substance presque homogène, ■lasma dont je parlais tout à l'heure, dételle :e les deux séries, animale et végétale, ont ainsi ; de contact dans toute une classe d'êtres simples :st presque impossible de déterminer la nature ^'est qu'en effet tout se tient dans le monde des 'ants et le naturaliste le plus exercé n'oserait : ici commence la vie végétale; là commence la lale. Toutes les deux ont une origine commune proioplasma ; il constitue la substance vivante llence ; c'est la base physique de la vie, comme ixley ; c'est le chaos vital de Claude Bernard, la nforme où la vie va puiser les matériaux de son 1 future. D'abord simple et presque homogène, ërencie peu à peu, se modèle, se transforme et, série de changements dont l'infinie variété se i des lois dont quelques-unes peuvent déjà être ;s, donne naissance aux différents types orga-

lieu de considérer la série animale, nous pre-

animal quelconque et que nous le suivions

transformations depuis l'époque de son appa-

isqu'à ce qu'il ait atteint son développement

, nous retrouverons encore la même évolution

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que tout à l'heure. A Torigine, Tindividu, homme, mammifère, poisson, etc., n'est qu'une masse de substance protoplasmique, aussi homogène qu'un organisme inférieur et dans laquelle apparaissent peu à peu les tissus, les organes, les appareils tels qu'on les rencontre chez rindividu adulte. L'évolution individuelle est calquée en quelque sorte sur l'évolution des êtres et chaque stade intermédiaire de ce développement se retrouve presque intégralement dans un stade de la série animale et, à ce point de vue, on pourrait dire que rhomme, qui en occupe le point culminant, est successivement dans le cours de sa vie embryonnaire, amibe, rhizopode, poisson, amphibie, mammifère.

L'évolution du système nerveux se fait absolument de la même façon que celle de tous les autres appareils organiques, qu'on le considère dans la série animale ou dans le développement de l'individu. 11 n'est qu'un dérivé de la substance protoplasmique primitive.

Pour bien comprendre cette évolution, pour saisir d'une façon nette comment le système nerveux et sa plus haute expression, le cerveau, ne sont en somme qu'une différenciation de ce protoplasma si infime, il n'y qu'à suivre pas à pas les changements qui se produisent, dans cette masse ; on voit ainsi les premiers rudiments du système nerveux apparaître, ces rudiments se perfectionner peu à peu, se diversifier dans leurs éléments, se compliquer dans leur arrangement réciproque et donner naissance à des appareils d'abord simples et à peine ébauchés, puis de plus en plus complexes jusqu'à ce qu'on arrive à l'appareil nerveux perfectionné tel qu'on le trouve chez les vertébrés supérieurs et tel qu'il

:hez l'homme sa plus haute expression, a ceue site croissante d'organisation, correspond aussi nplexité croissante de fonctionnement; à mesure ppareil se dégage et se délimite, la fonction îe se définit et se spécialise : les diverses sensiatteignent leur exquise délicatesse, les mouvese précisent, les aptitudes psychiques se déve- : et l'intelligence, avec toutes ses modalités, t peu à peu toute son énergie, eextrémitédela série, une goutte microscotiique opiasma, à l'autre le cerveau humain et la pensée, înt passer de l'un à l'autre ?

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