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CHAPITRE PREMIER

Si Ton prend un peu d'eau stagnante et qu'on en porte une goutte sur le microscope, on y trouve presque toujours de petits organismes auxquels on a donné le

if,veeMORCKEit se.

FiG. I. — Amibe *.

nom à* amibes (fig. i). Ces amibes se présentent sous l'aspect de petites masses de substance homogène dont

* Af B, C, D, formes diverses prises successivement par l'amibe pendant un quart d'heure. Son protoplasma est rempli de granulations (gross. 400 fois) (Ch. Robin, Anatomie et physiologie cellulaires.)

pr—

12 ANIMAUX SANS SYSTEME NERVEl

la transparence est atténuée par de nombri lations; on dirait un fragment de verre dé hyalins. Qyand on les examine au microscope pendant un certain temps et surtout si on en prend successivement plusieurs dessins ;i la chambre claire, on constate qu'elles présentent des changements de forme qui se produisent avec une assez grande lenteur. Sur un point de leur surface se dessine une sorte de boursouflure transparente qui s'étend peu à peu, et on voit le petit être non seulement changer de forme, mais progresser lentement comme par un mouvement de reptation rudîmentaire ou plutôt de glissement.

Quand on examine une amibe dans une infusion, il est intéressant de constater comment elle se comporte avec les corpuscules qui l'entourent et comment elle se nourrit. Quand elle rencontre un corps étranger qui peut servira sa nutrition, par exemple un granule végétal ou

tout autre corpuscule, on voit les prolongements de Tamibe s'étendre peu à peu autour du grain et finir, en se soudant, par l'entourer complètement, de façon qu'il se trouve engagé tout entier dans la masse même de Tamibe (fig. 2). Puis un temps se passe, pendant lequel la digestion du corps étranger se produit par un mécanisme sur lequel le microscope ne nous révèle rien, et alors ce qui reste du corps étranger, sa partie inutile et non assimilable, est expulsé du corps de Tamibe, par un processus inverse du processus d'introduction.

Fio. 3. — Protamctha primitiva *.

C'est là le degré le plus inférieur de la vie animale ; chez quelques amibes l'existence d'un noyau peut déjà indiquer une structure un peu moins simple (fig. i); chez quelques-unes même on commence à entrevoir une différence entre la substance intérieure granuleuse et la substance superficielle qui forme la couche limitante hyaline de l'organisme (fig. 3 et 4). Enfin dans quelques espèces il semble qu'il y ait déjà une distinction du corps en partie antérieure et partie postérieure, distinction qui

* L'anim:)! est en voie de division. La première figure, à gauche, représente l'animal entier; la substance de son corps est limitée par un bord hyalin, transparent ; la seconde le montre en voie de division par un étranglement médian ; dans la troisième la division en deux organismes est accomplie ; la Protamœba se distingue de l'amibe par l'absence de noyau et de vacuoles contractiles.

;ressior est à es cils chez I' îions ' t l'exp lire pa

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iSsion ; ou de glissement dû ii l'afflux côté du corps. Mais dans la ifflux ou ces courants de protoïS points restreints de la surface

de .l'organisme et donnent naissance à des prolongements de forme et de disposition très variables. Ces prolongements sont tantôt gros et courts (fig. 1 , A, et 3) ; tantôt fins et allongés (fig. i, B), ramifiés et anastomosés entre eux (fig. 5); mais dans tous les cas leur caractère essentiel, c'est leur variabilité; ils s'étendent, s'allongent, se rétractçnt, disparaissent pour reparaître sur un autre point, se soudent aux prolongements voisins et se séparent les uns des autres, de façon que la forme de l'animal se modifie à chaque instant dans le cours de l'observation, ,

Des corpuscules analogues à des amibes se retrouvent jusque chez les animaux supérieurs. Ainsi dans le sang, dans la lymphe, dans certains tissus du corps, on rencontre des globules (globules blancs) (fig. 2, A, B, D), dans lesquels les mêmes mouvements dits amœboides ont été constatés, dans lesquels se remarquent le même mode de préhension des corps étrangers et tous les caractères généraux essentiels des amibes.

Nous venons de voir comment l'amibe se nourrit : une particule alimentaire vient au contact du corps de

OU la non-digestibilité du corps en contact soient les causes du mouvement ou du non-mouvemént.

Ainsi la dureté exagérée d*un corps n'avertira pas l'animal que ce corps est impropre à sa nourriture; mais elle peut, en agissant mécaniquement sur la substance de l'organisme, immobiliser la partie touchée en une sorte de tétanos, tel que celui qui se produit par les actions mécaniques intenses. Il n'y aurait là par conséquent ni conscience ni volonté; il n'y aurait qu'une adaptation des réactions organiques aux modalités diverses qualitatives et quantitatives des actions extérieures. Des causes purement physiques peuvent donc suffire pour expliquer cet ensemble de mouvements digestifs et le choix apparent que l'organisme fait parmi les corps qui l'entourent.

La même interprétation peut valoir pour expliquer les mouvements qu'on observe chez l'amibe, soit que ces mouvements consistent simplement en des changements de forme (expansion et rétraction des pseudopodies), soit qu'ils aboutissent à une progression. Les influences de chaleur, de lumière, d'humidité, etc., qui peuvent agir sur l'amibe sont difficilement accessibles à notre investigation et nous ne pouvons que les soupçonner; mais si l'on remarque que nous pouvons, en les appliquant expérimentalement, produire des mouvements identiques, on en tirera la conclusion que les mouvements naturels que nous apercevons tiennent probablement aux mêmes causes.

11 est cependant certains actes qui sont plus difficilelent explicables. Dans les cas dont j'ai parlé plus haut, amibe se saisit du corps étranger quand celui-ci vient

Beaunis, L'Evolution du système nerveux. 2

tact avec lui ; mais il iirri\ st à une certaine distance i ît celle-ci qui envoie à sa ; qui doivent le saisir et l'ati ;. Il semble y avoir là une nt l'expliquer? Faudrait-il ï« diffuse rudimentaire ? L r, diminuant la quantité i point du corps de l'amib n mouvement et la formati( tte hypothèse est peu acce[ omène me parait susceptibl On sait combien est transpi je les pseudopodies; quat t pas de granulations — ei céments les plus fins — elle milieu ambiant et ce n'est c m qu'on peut les apercevoi rossissements. Ne se peut-i is d'une ténuité telle qu'il, dans toutes les directions, prolongements rencontran' :r détermine l'afflux du prot enveloppement consécutif?

ait, il y a longtemps déjà, I le en faveur de l'opinion qi iminant au microscope, dt i liquide d'un hydrocèle, des globules tout à fait ar En continuant l'observatio ong sur ces globules, en ;

ration dans des conditions convenables de température et d'humidité, je vis, au bout d'un certain temps, des prolongements se produire à la surface de ce globule; ces prolongements, d'abord assez volumineux, s'amincirent peu à peu en s'allongeant et atteignirent bientôt les limites de la préparation ; en même temps ils s'anas- y^

tomosaient les uns avec les autres de sorte que le champ du microscope fut bientôt couvert d'un réseau délicat constitué par des trabécules d'une finesse extrême et qui n'étaient visibles qu'avec la plus grande attention. L'examen était fait dans le liquide même de l'hydrocèle. Evidemment tout objet, quelque petit qu'il fût, situé dans le champ du microscope, aurait été en contact avec un au moins de ces prolongements protoplasmiques *.

Deux points méritent encore de fixer un instant l'attention. Cette amibe constitue un petit organisme distinct, un individu; il est lui et non un autre. Mais cette individualité n'est que relative. En effet, on voit souvent plusieurs de ces organismes s'anastomoser par leurs prolongements et se fusionner. On peut se demander cependant si cette fusion est réelle et s'il n'y a pas là plutôt une coalescence temporaire comparable à une sorte de copulation ou de conjugation comme celles qu'on observe chez beaucoup d'organismes inférieurs.

Le second point, que j'ai déjà mentionné en passant, c'est que la substance de l'amibe est la même partout; 1 n'y a pas chez elle de distinction réelle en partie

1 Cette observation a été faite, il y a longtemps déjà, à l'hôpital militaire < Strasbourg où j'avais un service de chirurgie.

transparente, mais cette substance transparente rentrera, un instant après dans les parties profondes et prendra à son tour l'aspect granuleux. En un mot, c'est la même substance qui digère, qui assimile, qui excrète, qui respire, qui sent et qui se meut.

Les autres espèces de rhizopodes nus ou à coquilles ne diffèrent pas sensiblement des amibes au point de vue de leurs caractères physiologiques généraux et spécialement de leurs mouvements et de leurs prolongements sarcodiques. C'est ce qu'on peut voir par exemple sur les figures 6 et 7 qui représentent deux espèces de rhizopodes à coquille, l'arcelle vulgaire et

'a gromie ovif'orme, dont les prolongements ou pseudopodies correspondent aux deux formes principales

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