ANIM
soudées en une masse impaire cordiforme. Au ganglion sous-œsophagien fait suite une chaîne ganglionnaire ventrale composée de vingt-trois ganglions ; mais un examen plus attentif fait reconnaître bien vite que cette chaîne qui paraît au premier abord unique se compose en réalité de deux moitiés soudées sur la ligne médiane. Le cerveau est plus spécialement sensitif; le ganglion sous-œsophagien est surtont moteur comme le montre la distribution de ses nerfs aux muscles des mâchoires et de la ventouse buccale : quant aux ganglions de la chaîne ventrale, ils ont un caractère mixte. Les faisceaux longitudinaux ou connecHfs qui relient entre eux les ganglions successifs de la chaîne nerveuse sont composés de deux moitiés et forment par conséquent tout le long de cette chaîne deux bandes longitudinales fcv.fig, 52); mais entre les deux se trouve sur la ligne médiane un filament plus petit, nerf intermédiaire de Faivre. Chaque ganglion donne naissance de chaque côté à deux nerfs latéraux, l'un antérieur, l'autre postérieur; sur le trajet du nerf latéral antérieur se trouve un petit ganglion qui rappelle le ganglion des racines sensitives des vertébrés; mais on n'a pu encore déterminer son rôle physiologique. La chaîne nerveuse du lombric offre la même disposition générale (fig. 53).
Le nombre de ganglions dont se compose la chaîne ventrale dépend du nombre de segments ou métamères qui constituent le corps de l'animal. Mais ce nombre peut varier par la soudure de plusieurs ganglions successifs. C'est ce qu'on remarque par exemple pour premier ganglion antérieur (ganglion sous-œsophagi de la sangsue) et pour le dernier ganglion qui résu
de la soudure de sept ganglions primitifs (fig. 54). Dans ces cas, les ganglions composés résultant de la fusion de plusieurs ganglions sont plus volumineux que les ganglions simples. 11 y a donc tendance à la fusion non seulement dans le sens transversal mais encore dans le sens longitudinal.
— Cerveau de la sangsue *
Fio. 53. — Partie antérieure de la chaîne nerveuse du lombric (Perrier).
Fig. 54. — Ganglion anal de la sangsue **
Le système nerveux viscéral se perfectionne aussi en montant dans Tembranchement des vers. Réduit chez les groupes inférieurs à des filets nerveux allant des cordons latéraux ou ventraux au canal alimentaire, il acquiert chez les annélides une véritable indépendance confirmée par la présence de ganglions propres ; bientôt même on
'' g^> ganglions cérébraux; noc^ nerfs allant aux yeux oc; gsoy ganglion sous-
.ophagien; c», connectifs réunissant ce ganglion aux ganglions cérébraux \gv^ gan*
ons de la chaîne ventrale avec leurs connectifs, co. (Girod, Manipulations de
jlogiej.
** ga^ ganglion anal ; gv, ganglions postérieurs de la chaîne ventrale ; cv^ connec-
( (Girod, Manipulations de ^oologie).
ou d'autrefois quelque auditives existent en g
■ mais elles peuvent au suivants, li faut remai existent chez des genn
, couche plgnuni^ (GHcf).
;er une sorte de suppléance que nous avons déjà constaté
peut être niée chez les vers; la localiser dans des organes ndant regarder comme des settes cupuliformes décrites ;es, et les organes analogues ues autres genres.
vive chez les vers, a pour ! du tégument, soit des ors, antennes, cirres, trompes, ;lle se localise spécialement ;ts nerveux distincts, venant glions de la chaîne ventrale, es vers que l'on peut parler lux à système nerveux radié, veau ; il est pour ainsi dire disséminé et représenté par les cellules nerveuses éparses dans l'anneau d'où partent les nerfs ambulacraires. Dans les vers, au contraire, chez lesquels une extrémité céphalique se dessine et s'accuse nettement, le cerveau apparaît et le centre constitué par les ganglions antérieurs du corps mérite réellement ce nom.
Mais que faut-il entendre par cerveau? C'est ce que va nous apprendre un rapide coup d'œil jeté sur l'embranchement qui nous occupe, en allant des formes '•"i plus simples aux formes les plus compliquées. Dans 3 formes simples, comme la Malacobdella, par exemple, n'y a pour ainsi dire pas de différence entre les ganions antérieurs et les ganglions qui suivent. Les deux
masticateurs ; les premiers seraient comparables aux hémisphères cérébraux des animaux supérieurs et aux ganglions de la base du cerveau, les seconds à la moelle allongée (bulbe et protubérance).
A mesure que se fait le rapprochement des deux ganglions sus-œsophagiens, la commissure d'union se rétrécit de plus en plus, et le cerveau finit par représenter un renflement bilobé. Sa concentration peut même être portée plus loin, comme dans les vers ronds, les géphyriens, les rotifères, chez lesquels le cerveau est représenté par un organe impair chez lequel il n'existe plus trace de séparation en deux lobes. Mais il est à remarquer que cette concentration, au lieu de représenter un progrès, constitue au contraire un caractère d'infériorité ; elle ne se présente, en effet, que dans les types placés le plus bas darts Téchelle, ou dans des formes aberrantes et dégradées, tandis que dans les genreis les plus élevés, chez lesquels le cerveau est le plus volumineux et le plus développé, la séparation en deux parties est toujours plus ou moins nettement accentuée. Cette dualité que nous retrouverons partout, à mesure que nous monterons des degrés inférieurs aux degrés les plus élevés de l'échelle des êtres, est une loi de l'évolution du cerveau.
Pendant que se fait ce travail de concentration, qui réunit en une seule masse bilobée les deux ganglions cérébraux, il se fait en apparence un travail inverse dans acun de ces ganglions ; on les voit, en effet, chez les ")èces supérieures, se diviser en plusieurs lobes secondes, comme dans les sabelles et les néréides errantes ; lis il n'y a là, en réalité, que des poussées nouvelles
lî
avec lesquelles elles construisent le tube qu'elles habitent. La vivacité et -l'agilité des mouvements ne paraissent avoir aussi qu'un rapport lointain avec le volume du cerveau. Si les néréides errantes ont en général un cerveau plus gros et plus compliqué que les néréides sédentaires qui habitent des tubes enfouis dans la vase, il y a cependant des exceptions ; les polyophthalmes, les nériniens, malgré leur petit cerveau, ont des mouvements excessivement vifs et s'enfoncent dans la vase avec une rapidité qui rend leur capture très difficile.
La forme même du cerveau peut encore moins se rattachera des conditions déterminées. On peut assigner le rôle de ganglions sensoriels aux parties d'où se détachent les nerfs optiques ou les nerfs acoustiques, de masses motrices à celles d'où partent les filets qui se rendent aux muscles ou à des pièces mobiles, mais jusqu'à présent il est impossible d'aller au delà.
Pour les phénomènes psychiques, la difficulté est encore plus grande. La forme rudimentaire du cerveau des espèces parasitaires, comme le ténia, la malacobdella et tant d'autres, correspond bien au genre de vie de ces animaux. Le ténia, par exemple, vit là où il se trouve fixé et le lieu de fixation n'est probablement pas déterminé par un choix de l'animal, mais par une série d'excitations tactiles transmises à l'appareil musculaire fixateur. Il en est de même probablement de la plupart de leurs migrations dans le corps de l'animal qui leur s-^*** d'hôte. Mais dans certains cas, il y a migration 2 /e; ainsi les cercaires, ou larves de distomes, se meu- N t librement dans l'eau, et quand elles y rencontrent i "noUusque ou un poisson, pénètrent activement dans
VERS yy
et qui trouve sa plus haute expression chez les annélides, c*est rindépendance relative des divers segments du corps. Des fragments de lombric, d'eunice, continuent à vivre pendant quelque temps et leurs mouvements présentent une certaine coordination. Dans certaines espèces, les morphyses,le Lombriculus variegatus et quelques autres, la segmentation est spontanée ; l'animal, à des moments déterminés de son*existence, se partage, sans cause appréciable, en un certain nombre de segments. Parmi ces segments, il en est qui appartiennent à la partie intermédiaire du corps, et qui ne possèdent par conséquent ni tête ni queue ; ces morceaux, composés quelquefois de trois anneaux seulement, n'en continuent pas moins à vivre, et au bout de peu de temps régénèrent un animal complet, avec son cerveau et sa chaîne ganglionnaire.
Cette indépendance des segments trouve une confirmation anatomique bien frappante dans quelques espèces, telles que le polyophthalme, petit ver très commun sur le littoral de Sicile, chez lequel chaque anneau porte une paire de taches oculaires rouge foncé. Cette indépendance relative a sa plus haute expression dans les ampbicorines. Chez cet annélide, c'est la queue qui marche en avant et semble explorer la route avec beaucoup de vivacité ; elle est pourvue aussi de deux taches oculaires absolument comme la tête. Dans un genre voisin, les myxicoles, quoiqu'on n'ait pu encore y ^'^montrer la présence d'yeux, c'est le même genre de irche, de sorte qu'il est difficile de dire si c'est letou- IV seul ou le toucher et la vue qui interviennent dans mode de progression. Quoi qu'il en soit, les ganglions
laie jouent évidemment le rôle de io'it probable que, dans ce mode de ■eau antérieur agisse aussi et coorivec celle des ganglions caudaux. Il ; faire quelques expériences sur ce le voir si après sa séparation en deux >ntinue à se faire de la même façon ; des expériences de ce genre aient été lu reste constater, dans des recherî faites au laboratoire maritime du (icoles (Myxicola infundibulum) un ails intéressants au point de vue du ces animaux', rement la couronne branchiale de ce ette couronne se ferme et se rétracte, contact un peu rude en n'importe détermine une rétraction subite et imal, qui donne une secousse brusque lt^ Si la piqûre est légère, les phé- ■ents. Si elle porte sur les anneaux a un gonflement qui se localise au
elt j'ai Tait ces recherches provenaient des c6te>
letéristique. ElU est trii marquée sur une espèce, ■Junte tslbitica) qu'on trouve en assez grande quanrcourent la ville de Cette. Ce sont des vers longs fcnt dans un tube gUireun. Ils se réunissent par ent des masses volumineuses qui sont appliquées ers, etc. Qiind on prend une de ces masses dans la composent se contractent instantanément, et
hier). Des phénomènes du mime ordre s'obsero eures qui forment des colonies. Cette transr . d'un animal à une autre suppose une sensibi
point touché et qui disparaît très vite; si c'est le pre- ' mier anneau, celui qui esta la base de la couronne, on a un mouvement très vif de tout le corps qui se rétracte ■ subitement, et Tefifet de l'excitation va en décroissant de i ce premier anneau vers les anneaux médians ; en continuant, en allant des anneaux intermédiaires du corps vers les derniers anneaux, le phénomène inverse se produit et l'excitation de ces anneaux caudaux détermine une rétraction subite de l'animal comme celle des anneaux céphaliques. En résumé, l'excitation légère des anneaux intermédiaires détermine une contraction localisée, celle des anneaux extrêmes une contraction généralisée. Les ganglions des anneaux extrêmes représentent donc des centres nerveux supérieurs qui commandent l'ensemble de l'organisme, tandis que les ganglions des segments médians représentent des centres inférieurs, n'ayant d'action que sur leur segment correspondant ou tout au plus sur leurs segments voisins. Après la section de l'extrémité céphalique, les deux fragments se comportaient absolument de la même façon vis-à-vis des excitations.
Ne retrou ve-t-on pas quelque chose de semblable chez les vertébrés ? Ainsi, chez les mammifères, l'extrémité de la queue, chez la grenouille, la peau du pourtour de l'anus ont une sensibilité supérieure à celle des autres régions et leur excitation détermine des réflexes plus énergiques que ceux de la plupart des autres récrions du corps ; il semble que les centres médullaires xquels ces régions correspondent jouissent d'une :itabilité particulière.
Mais chez les vers, ce ne sont pas seulement ces gan-