TYPE BILATÉRAL VENTRAL VERS
y Type bilatéral ventral. — Dans les animaux que nous allons étudier maintenant, le type radié disparaît pour faire place au type bilatéral venir aL
Dans ce type, le système nerveux se compose de deux moitiés qui, à Tétat parfait, se réunissent sur la ligne médiane et forment ainsi un cordon nerveux, chaîne ganglionnaire y situé au côté ventral de Tanimal, à l'exception du cerveau qui reste toujours au côté dorsal.
Cette situation ventrale de la chaîne ganglionnaire se voit bien sur la figure 37 qui représente la coupe transversale d'un crustacé, et sur la figure 38 qui représente une coupe transversale du tronc d'un embryon de Peripa-
lus, arthropode de la classe des trachéales. On voit que dans ces deux figures, le cordon nerveux ganglionnaire (n, fig. 57 ; vn, fig. 58) se trouve au-dessous de la cavité intestinale (i, fig. 37; me, fig. 38). Si on compare ces deux figures à des figures représentant
des coupes de vertébrés (fig. 39 et 40), on voit combien la situation de l'axe nerveux est différente. Dans la figure 39 qui représente la section transversale du prototype vertébré idéal, l'axe nerveux ti, ou le tube de la moelle épinlère, est situé au-dessus de l'intestin a, et de la corde dorsale, x, ébauche de la colonne vertébrale. Ce type se trouve presque complètement réalisé dans les vertébrés inférieurs comme le montre la figure 40 qui représente une coupe du tronc d'un poisson élasmo-
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branche. Au contraire si on prend la région cëphalique des animaux à type bilatéral ventral et qu'on la compare
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mctodcime, lommilii màajcrmi^a, itpiâtnti.Rt lu colon MverlébnLc (Kovuleiky).
à la région céphalique des vertébrés, on constate, comme on le voit sur les figures 41 et 42, que l'axe nerveux;) la même situation dans les deux cas, au-dessus du tube digestif, et que la seule différence consiste en ce que chez les invertébrés (embryon de lombric, fig. 41) la partie antérieure de l'axe nerveux ou le ganglion céphalique cq, est plein, tandis que dans l'embryon d'amphioxus{fig. 42) pris comme type de vertébré inférieur ou mieux comme type intermédiaire, l'axe nerveux est creusé d'une cavité centrale et cette disposition se retrouve dans toute la série des vertébrés.
Le premier embranchement que nous rencontrons est celui des vers, embranchement bien remarquable, car il rappelle par certaines formes les cœlentérés, tandis que, comme nous le verrons, les vers touchent aux vertébrés par certains points de leur organisation et de leur développement principalement en ce qui concerne le système nerveux.
C'est dans les classes inférieures des vers, les rotifères, les vers plats, les trématodes, que le système nerveux se trouve sous sa forme la plus simple et la plus rudimentaire. Chez les rotifires, si connus depuis les expériences de Spallanzani sur leur résistance à la dessiccation, on trouve au-dessus du pharynx un ganglion cérébral (fig. 43), simple ou bilobé, d'où partent des nerfs pour les organes sensilifs et les muscles. Les organes sensitifs consistent en points oculaires formés par dts amas de pigment auxquels s'ajoutent quelquefois des corps réfringents, ébauches de cristallin, et en organes tactiles.
Malgré l'état rudimentaire de leur système nerveux, les rotifères présentent des phénomènes d'instinct et
une activité psychique qui ont été mis en lumière par les belles observations d'Ehrenberg.
Dans les cestodes ou vers rubanés, comme le ténia, on trouve dans la tête (scolex) des ganglions cérébraux d'où partent deux nerfs longitudinaux qui parcourent les anneaux du corps de l'animal (strobtle) dans toute
leur longueur. Ces nerfs contiennent sur leur trajet des cellules ganglionnaires mais ne sont pas réunis l'un à l'autre par des anastomoses transversales. Dans les ténias, les quatre ganglions cérébraux sont situés en croix, deux médians, deux latéraux et réunis par des commissures ; les nerfs longitudinaux partent des ganglions médians. Les organes sensitifs paraissent faire tout à fait défaut ; cependant la peau présente un certain
degré de sensibilité tactile, surtout au niveau de la tête et des ventouses.
Une disposition analogue s'observe chez beaucoup de trémaiodes, classe de vers parasites à laquelle appartient un ver qu'on trouve dans le foie, le distome hépatique. Seulement il peut arriver, comme dans le distome isostome, que les nerfs longitudinaux soient réunis par des anastomoses transversales. Pas plus que les vers rubanés, les trématodes ne possèdent d'organes des sens, mais des taches oculaires existent quelquefois dans l'état embryonnaire pour disparaître lorsque Tanimal arrive à l'état parfait.
Le système nerveux des turbellariés, ordre de vers plats qui vivent en liberté, est construit sur le même plan que celui des ordres précédents. Le cerveau est représenté par deux ganglions céphaliques bien développés que réunit une commissure transversale. Ces ganglions fournissent des filets nombreux dans diverses directions et deux troncs longitudinaux qui marchent en arrière et dans certaines espèces présentent même des renflements ganglionnaires. Quelquefois aussi la commissure qui unit les ganglions céphaliques est double et constitue un véritable anneau. Les deux ganglions cérébraux peuvent être aussi très rapprochés comme chez les planaires et représentent alors un cerveau bilobé (fig. 44) remarquable par son développement. Les turbellariés possèdent des organes sensitifs et à ce point de vue occupent un degré supérieur aux animaux précédents. Ils ont des taches oculaires, formées par des amas pigmentaires et des corpuscules réfringents et accolées aux ganglions cérébraux ou ratta-
(Polycdis Itvigalal) •,
»br>nch»jt,it, qui cnlouient le «r' ï lâterau.; «,«,«,«, ditphr.gmï I
6o ANIMAUX A SYSTÈME ^
chées a ces ganglions par un ne moins long. Quelques espèces ont lives contenant des otolithes. Le té( ses appendices (soies, poils, etc.) es sibillté tactile assez développée. L'; ces petits êtres est tout à fait rudi la façon dont ils s'em[)arent de Mesastomum, par exemple, saisit et tacés plus grands que lui, ne manq le naturaliste.
Les nemertines forment un groupe a pan aans les turbellariés par leur taille et leur haut degré d'organisation. Il en est qui, comme la borlasie d'Angleterre, qu'on trouve aussi sur nos côtes, peuvent atteindre jusqu'à 15 pieds de long et même plus, d'après les dires des pêcheurs, Le cerveau (fig. 45), qui a dans la plupart des espèces une coloration rouge, jaune ou orangée, est très développé ; il se compose de deux moitiés ce, subdivisées elles-mêmes en plusieurs lobes (ganglions sensitifs, ganglions moteurs) et réunies par deux commissures entre lesquelles passe la trompe. Les deux troncs nerveux qui en naissent, d, sont volumineux ; ils s'unissent parfois sur la ligne médiane et peuvent présenter des renflements ganglionnaires aux points d'émergence des nerfs. Les organes sensitifs sont constitués par des taches oculaires pigmentaires, plus rarement par des vésicules auditives et par deux fossettes ciliées céphaliques dont la fonction est inconnue (odorat?). On doit rattacher aux nemertines le genre Malacobdslla rangé autrefois parmi les hirudinées; c'est un petit ver qui vit sur certains mollusques et dont le système nerveux
/, commissure pmttrieur» r<iiniiunt lei de
C'«t à cet tndroil que »t Irouve Touverture .
dorui ; i, orifiu buccil (E. Blanchard, Am. J,
* i, a, téle; b, premièrt pain de nageoirei
viir»;/, nillie'dei civltéi lêminales.' — ' a, . 1» ventrile ; g, ganglion venlral du lystf m» jangUon ; », h> branches anlérieurcs ; elles al
(fig. 46) présente un grand intérêt au point de vue de l'évolution du système nerveux. Il est constitué par deux ganglions cérébaux a, réunis par deux commissures, Tune ventrale, l'autre dorsale. Ces ganglions donnent naissance à deux cordons latéraux b qui présentent sur leur trajet sept ganglions d'où émergent les nerfs et un ganglion terminal uni au ganglion correspondant par une anastomose transversale/, véritable commissure postérieure ; mais il n'y a pas d'anastomose transversale entre les ganglions intermédiaires.
Le système nerveux des vers ronds ou némathelminthes n*est guère plus développé que celui des turbellariés inférieurs. Ainsi chez les nématodes, comme \es oxyures, les ascarides, on trouve autour de l'œsophage un anneau nerveux comprenant plusieurs amas cellulaires auxquels on peut à peine donner le nom de ganglions. Outre les nerfs des papilles buccales et de la tête, il s'en détache en arrière deux cordons nerveux, l'un dorsal, l'autre ventral qui vont jusqu'à l'extrémité caudale et se terminent à un petit ganglion caudal situé immédiatement en arrière de l'anus. Dts taches oculaires n'existent que chez les espèces non parasites.
Je ne fais que mentionner des types aberrants, tels que les Sagitta (fig. 47), les géphyriens, dont la place même dans la classification zoologique n'est pas encore bien établie et je passe aux annélides proprements dits qui représentent le groupe supérieur de l'embranchement des vers. C'est chez eux que le système nerveux atteint son maximum de développement. Au cerveai ordinairement assez volumineux vient s'ajouter un( chaîne nerveuse composée de deux moitiés et présen
tant des renflements ganglionnaires, enfin ils possèdent un système nerveux viscéral correspondant au grand sympathique des vertébrés.
FiG. 48. — Système nerveux de la Serpula funicularis *.
FiG. 49. — Système nerveux de la Nereis
regta
La forme typique du système nerveux peut être re-
* a, cerveau ; bb, nerfs branchiaux ; cc^ connectifs p d'd\ nerfs du voile palléal ;
ddj ganglions thoraciques de la chaîne abdominale ; cc^ ganglions abdominaux de la
même chaîne (De Quatrefages).
** a. cerveau portant les quatre yeux; bb, nerfs des petites antennes; ce, nerfs des
grosses antennes; dd, connectif proprement dit; d'd^, connectif accessoire; ee, nerfs
' :s cirres tentaculaires internes ; e'e', nerfs des cirres tentaculaires externes ; jy, 'igine d' s nerfs labiaux inférieurs; gg, origine du système nerveux viscéral;/»^, laîne ganglionnaire abdominale ; mm, troncs nerveux pédieux ; nn, troncs nerveux es cloisons et des muscles; 00, troncs nerveux qui passent d'un anneau dans autre à travers la cloison; kk, ganglion d'où part la branche cutanée du tronc idieux ; m, ganglion pédieux (De Qiiatrefages, j4nn. des se. nat.J.
04 ANIMAUX A SYS
présentée chez eux par une échelle dont les montants figurent les deux moitiés de la chaîne ganglionnaire et les échelons, les commissures transversales. Ces deux moitiés peuvent se rapprocher et on a tous les degrés entre la fusion et la séparation complète; chez les serpules par exemple, les deux moitiés se rapprochent l'une de l'autre dans leur partie postérieure (fig. 48), tandis que chez leshermelles, c'est au contraire à la partie antérieure de la moelle ventrale que se trouvent les commissures transversales les plus courtes; dans les sabelles les comnissures qui unissent les ganglions deviennent plus courtes; la soudure des deux moitiés commence à se montrer chez les térébelles, mais elle est encore incomplète et ne porte que sur les ganglions antérieurs de la chaîne, tandis que les postérieurs ne sont pas encore soudés et donnent à la chaîne ventrale un aspect bifurqué ; enfin les néréides (fig, 49), chez lesquelles la fusion est à peu près complète achèvent la transition pour arriver aux hirudinées et aux lombrics.
Chez les hirudinées que nous pouvons prendre comme un des types principaux des annélides, le système nerveux prend la forme représentée dans les figures 50 et 51, comme on le voit dans la clepsîne et dans la sangsue médicinale, par exemple. Le cerveau (fig. 53) est bilobé et situé au-dessus de l'œsophage; c'est lui qui fournit les filets sensitifs aux organes tactiles des lèvres et aux points oculaires au nombre de dix disposés en demi-cercle sur la face dorsale de l'anneau antérieur. De ce cerveau partent en arrière et en bas deux cordon; qui longent les côtés de l'œsophage et aboutissent s ganglion sous-œsophagien dont les deux moitiés soi