‹ L’exclusion du pylore par ligature: Ses résultats éloignésChapitre 15 sur 36 · RÉSULTATS PERSONNELS · texte numérisé non relu

RÉSULTATS PERSONNELS

Nous en arrivons à l'exposé de nos propres résultats, mais auparavant nous croyons nécessaire de décrire en détail la méthode qui a été suivie dans tous les cas.

Méthode: Tous nos malades ont été opérés sous anesthésie générale mixte à la compresse. L’anesthésiste administre goutte à goutte l’éther et le chloroforme en le proportionnant aux réactions de chacun.

Le sujet a été purgé la veille de l'opération. S'il existe une rétention gastrique, l'estomac a été lavé la veille au soir.

L'incision est faite médiane sus-ombilicale. On la prolonge s’il est nécessaire au-dessous de l’ombilic.

Exploration de l'estomac: cardia, fond, antre pylorique et pylore, arrière-cavité, vésicule biliaire, etc. La lésion une fois reconnue, et la décision opératoire prise (ulcère pylorique ou duodénal), on procéde à la ligature du pylore, et ensuite seulement à l’établissement de la gastro-entérostomie, de façon à rejeter le temps septique à la fin de l'intervention. On commence par dégager le pylore sur toutes ses faces dans l’étendue nécessaire au passage de la pince porte-lien. Cela est extrêmement simple si le pylore est libre, si l’ulcère en est suffisamment éloigné, ou n’est entouré d'aucune réaction callo-adhésive. S'il s’agit d’un ulcère

calleux avec paroi gastrique fortement infiltrée et adhérente en arrière, on place le lien immédiatement au-dessus de la zone adhérente. Les rapports postérieurs du pylore doivent être présents à l'esprit de l'opérateur afin de ne pas aller déchirer la veine porte, le cholédoque ou l'artère hépatique.

Avec un peu d'attention, on arrive toujours à un dégagement suffisant et la blessure d’un de ces trois vaisseaux n’a jamais, à notre connaissance, été signalée au cours de cette intervention. Ceci fait, on prélève le lien qui va servir à oblitérer le pylore. Jusqu'en 1922 on utilisait pour ce faire une bandelette aponévrotique de 12 à 15 cm. de long sur 6 à 7 mm. de large environ, prélevée sur l’aponévrose antérieure du muscle droit, suivant la technique première de WILMS ; puis on a adopté la méthode de POLYA chaque fois que le ligament rond était suffisamment résistant pour offrir une bonne garantie. Après avoir posé une ligature au catgut à chacune de ses extrémités, on en résèque une longueur de 12 à 15 cm. Puis, fascia ou ligament rond, on passe le lien ainsi obtenu à l’aide d’une pince courbe spéciale! dans le sillon prépylorique que l’on vient de créer. Avec une deuxième pince on saisit son extrémité libre et l’on enserre le pylore aussi fortement que possible. Lorsque le maximum de striction semble obtenu, on fixe l’une à l’autre les deux extrémités de la ban-

1 Cette pince a été imaginée par le professeur Stolz afin de remédier à l'inconvénient des pinces de modèle courant qui agrippent presque à coup sûr les tissus voisins, ce qui rend difficile cette manœuvre. Sa seule particularité est de posséder des bras très larges qui ne perdent par le contact l'un de l’autre lorsqu'on entr'ouvre le mors}

delette par quelques points à la soie, en ayant soin que les fils en augmentent plutôt la tension. Il ne reste plus qu’à enfouir sous un plan séro-séreux la partie accessible du ligament, ce qui est toujours très facile. On établit enfin une G. E. postérieure transmésocolique, que nous faisons d'ordinaire à anse moyenne, à sus-. pension verticale et aussi près que possible du pylore. Fixation de l’orifice mésocolique à l'estomac, et fermeture de la paroi.

L’anastomose a été faite chaque fois avec l’aide de la pince double modérément serrée. Rien ne nous permet de penser que son emploi puisse être nuisible. Après un premier surjet séro-séreux postérieur à la soie, l'intestin et l’estomac sont ouverts au bistouri, la cavité badigeonnée de teinture d’iode à 5 %, et on commence le surjet total postérieur. Celui-ci est fait à la soie fine. De même le premier surjet antérieur qui prend l'extrême bord de la muqueuse et la séro-musculaire. Enfin, surjet à la LAMBERT.

A partir de 1924, la suture muqueuse a été faiteau catgut. Ce détail technique a son importance, vu le rôle que certains auteurs font jouer au fil de soie de la suture muqueuse dans la genèse des ulcères peptiques.

L'opération est de courte durée. Y compris l’incision et la suture cutanée, elle demande à un opérateur exercé entre 20 minutes et 3/4 d'heure suivant les difficultés du cas. Elle est d’une grande simplicité technique, et nullement plus choquante que la simple G. E.

Au début, c'est-à-dire vers 1913-1914, elle était employée d'une façon à peu près systématique pour tous les cas d’ulcère net de la région pyloro-duodénale chaque fois en somme que la situation de l’ulcère per-

mettait de le mettre au repos en ligaturant soit l’antre soit le pylore lui-même.

Les cas douteux, où l’on pouvait soupçonner derrière l’ulcération un début de néoplasme, ont naturellement tous bénéficié de la résection lorsqu'elle était possible.

Peu à peu, avec les progrès de la technique, et avec la connaissance de plus en plus étendue de résultats défectueux à l'actif de l'exclusion, les indications se sont restreintes et nous en sommes arrivé à la limiter aux cas où la résection se trouve contre-indiquée: diffcultés techniques trop considérables, du fait d’une réaction inflammatoire intense avec adhérences solides aux organes voisins, état général défectueux, anémie prononcée, cachexie, lésions cardio-vasculaires, pulmonaires, ou autres. Comme on le voit, les indications sont ainsi très restreintes. Nous tiendrons compte bien entendu dans l'appréciation des résultats, des différences de gravité, de siège, d’étendue, de caractères des lésions traitées. Il sera possible de cette façon d'établir une comparaison valable avec les résultats fournis par les autres méthodes, en particulier la simple G. E. et l'exclusion de DOYEN-EISELSBERG.

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