Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du 17e siecle en général
Cet ouvrage, qui, nous l'espérons, jusliiiera complètement son titre de Lexique comparé de la langue de Coimeille et de la langue du dix-septième siècle en général^ ne s'adresse pas uniquement aux philologues et aux. érudits , mais à tous les lecteurs de Corneille et à tous les amateurs de nos grands classiques , c'est-à-dire à tous les hommes lettrés et à tous ceux qui veulent le devenir.
11 nous a fallu embrasser et étudier avec un soin minutieux toutes les œuvres connues du grand poëte dont la langue devait former la base de notre travail : d'un écrivain comme Pierre Corneille , les moindres pages , les moindres lignes sont précieuses pour le littérateur, pour le curieux, pour le lexicographe, pour tout le monde. Cependant nous ne nous sommes pas proposé de présenter une Concordance ni un Apparatus de Corneille. Aussi remarqucra-t-nn i\\w nous passons sous silence à peu près tous les termes et tous les sens généralement connus. Que d'autres s'appliquent, s'ils le veulent, à faire des Lexiques complils de tous les mots et de toutes les locutions, des Index verljorum et locutiomnn^ où rien ne soit omis, le commun non plus que le rare, le mauvais non plus
Il PRÉFACE.
que le bon, nous lem- abandonnons cette besogne facile et peu utile.
Notre Lexique^ — véritable oomplément de tous les dictionnaires français existants, — a pour objet :
1" D'expliquer toutes les locutions difficiles, et en particulier les locutions que le temps a frappées de désuétude, qui s'offrent dans la langue du plus grand de nos poëtcs , et dont le nombre est si considérable , qu'à part une faible élite de littérateurs érudits, presque tout le monde aujourd'hui serait arrêté, pour ainsi dire à chaque pas, dans la lecture des célèbres tragédies, si l'on ne se contentait pas du sens vague et obvie, de l'ensemble de l'idée, et surtout du sentiment qui captive et transporte ;
2" D'offrir, pour la première fois, la réfutation à fond des faux jugements, en fait de langue poétique, que Voltaire a portés, et des erreurs qu'il a commises, — surtout au point de vue historique, — dans son fameux Commentaire ;
3° De donner, à l'occasion des locutions de Corneille, la solution de quantité de difficultés délicates de la langue générale du dix-septième siècle, qui n'ont jamais été étudiées nulle part d'une manière solide , dont beaucoup paraissent même avoir à peine été remarquées jusqu'à présent, et que nous avons été amené à approfondir, parce que nous nous sommes dévoué avec passion , depuis bientôt quinze ans , à des études de lexicographie embrassant toute notre langue depuis ses origines jusqu'à notre siècle.
Ces grands travaux, maintenant très-près d'être terminés, au moins pour la partie moderne, nous ont permis d'appliquer la méthode historique à l'élucidation de toutes les questions philologiques que nous avons eu l'occasion de toucher. Pour tous les mots.j pour toutes les formes, pour toutes les locu-