PREFACE. III
lions de quelque importance, nous avons pu nuiltiplier et choisir les exemples, et en présenter de toutes les dates, depuis l'époque des premiers monuments de notre idiome jusqu'à nos jours, quand il y avait lieu. Nous avons naturellement donné la préférence aux grands écrivains en possession de faire autorité. Nous avons cependant cité quelquefois , comme témoins de l'usage, des auteurs qui furent plus ou moins médiocrement partagés du don poétique ou du talent de prosateur. Ils nous ont servi à montrer comment nos écrivains de génie, tout en parlant la langue de tout le monde , ont su se cré(3r un style d'une si admirable originalité.
Indépendamment d'une quantité de monographies toutes neuves sur des points difliciles de lexicographie, notre livre présentera un assez grand nombre d'études grammaticales qu'on chercherait vainement ailleurs. Quelques-imes , outre l'intérêt qu'elles offrent au point de vue de la grammaire historique, pourront être d'une haute utilité pour tous ceux qui attachent du prix à suivre les meilleures traditions de la langue : tels sont nos longs mémoires sur l'ellipse du pronom personnel (tome n, pag. 183-206 ), sur la pluraUsation des termes abstraits (t. I, p. 331-367), etc., etc.
Une introduction étendue résume l'esprit du livre, constate tout ce qui en ressort, et complète souvent, par rapport à la langue du dix-septième siècle en général, ce que nous n'avons pu développer suffisamment dans le Lexique. Non content de signaler les caractères principaux de la langue de Corneille, nous établissons , sans trop sortir de notre cadre , les caractères généraux de la langue de cette grande époque , relativement i la signilicalion des mots, à l'usage des diverses parties du discours, à la syntaxe et à la construction des phrases.
La seconde partie de cette introduction a pour objet de faire