DEDANS
Et sans cesser dedans mon cucur augmente.
(F.' heur et gnain d'une chambrière qui a miv à la blaiique pour soy marier.)
Crassus. farousche beste, Noie dedans le sang son impiteusc teste. (D'AïuKiNÉ, Trarjiq., m.)
Ce beau feu si subtil qui, pour nous faire aimer, Vient dedans nostre sang afin de l'animer, S'il est trop violent et s'il a trop de flame, 11 alToiblil le corps, il esblouyt nostre ame.
(TiiKOPii., Elégie, Ne me fais pas aymer avecques tant de peiue.)
Puisque le ciel t'a mis dedans la fantaisie
Le bon bcur de gouster un peu ma poésie,
Tu verras mon génie, à tes yeux complaisant,
T'en faire tous les jours quelque nouveau présent. [Id., ibid.)
Dedans l'obscurité
Il peut vous venir voir avec facilité. (Richel., Mirame, i, 5.)
Vous en verrez l'effect, et dedans peu d'espace. (Racan, liery., ii, 1.)
11 a donné des niaisons dedans Paris par le contrat de mariage. [Caquets de
l'accouchée, '!« jouin.) — Je trouvai, en entrant dedans mon cabinet ma cassette
rompue. iMarq. de Courcelle, Mém.) — Je pense que dedans ce livre on pourra
trouver la langue françoise tout entière. (Sobel, Francion, x.)
Et vous Goniés, et vous Civart,
Qu'on montre au doigt dedans le Louvre.
{La Fourberie découverie, ou le renard attrapé, 1650, in-4'', p. 7.)
Elle parloit beaucoup? faut-il s'en étonner? C'est dedans une femme une chose ordinaire, Et je n'en ai jamais connu qui sût se taire.
(MoNTFL., La femme jufje et partie, iv, 3.)
Ce fripon de prévôt dedans cette journée
M'a donné de la peur. ^Id., ibid.,\, 11.)
Les exécutants sont tenus de faire vendre les biens dedans deux mois après les oppositions jugées ou cessées. [C.ousiumes de l'aris, l(jti8, art. clxxii.)
— AU DED.VNS, dans le tond du ca'ur :
La jalousie la rongeait au dedans, et excitait i^n .son âme autant de véritables mouvements de baine pour sa compagne qu'elle lui rendait de feints témoignages d'amitié. (.4rj/. de C/i/.)
— hKD.VNS, sllI»^l. 1.1. in.DWS, l' i II ti'rifii r ( Ir ITmii' !
Et si mon àme cède a mes feux trop ardents, Sauve tout le dehors ilu honteux esclavage
Qui l'enlé\e tout le dedans. (La Tais, d'or, i\, -2.)
Le dedans n'est que trouble, et que sédition. [PoL, il, 1.)
Corneille se scil lllll^it■ll|•s loi.s dt- cette Inctilion (Ttinc iiKinière semblable dans Y linitatinn. Elle est eiii|iliiyt'c di' inOine dans !'/;/teiiu'lle Consolaciun .
— DEDANS, subst., et avec un adj. denionblr. :
Vois ton dedans, et considère
Le fond de ton intention. ./""'.. n.'i, éd. de l.''j-2 et de 1656.)
MÈ DEDIRE. — DEFAUT.
DÉDIRE, désavouer, dédire sa passion :
Oui, mais quand de son maître on lui fait un rival,
Qu'il aime le premier, qu'en dépit de sa flamme
Il cède, aimé qu'il est, ce qu'adore son àme,
Qu'il renonce à l'espoir, dédit sa passion,
Est-il digne de grâce, ou de compassion? {Sur., iv, 4.)
— DÉDIRE, avec un nom de chose pour régime, contredire, s'opposer à :
Pison n'en voudra pas dédire ma promesse. {Oih., m, 4.)
— DÉDIRE, avec un nom de cliose pour sujet, démenti i- :
Un sommeil inquiet sur de confus nuages
Ëlév.e incessamment de flatteuses images,
Et sur leur vain rapport fait naître des souhaits,
Que le réveil admire, et ne dédit jamais. [Pulcb., ii, 1.)
— SE DÉDIRE DE, suivi d'uu subst., sc rétracter de, désavouer :
Souvent on se dédit de tant de complaisance. (Tite ei Bér., v, 5.)
Mais s'il se dédisait d'un outrage forcé.
S'il chassait Emilie, et me rendait ma place,
J'aurais peine, seigneur, à lui refuser grâce. (Sert., i, 3.)
DEDUIRE , dans le sens de développer, opposé à réduire :
Il ne faut pas moins d'adresse à réduire un grand sujet qu'à en déduire un petit. [Mél , préf.)
DEFAILLIR, avec un nom de chose et un rég. indir. de pti-s., comme manquer :
Aidez mes faibles pas, les forces ine déjaillenl,
Et je vais succomber aux douleurs qui m'assaillent. [Met., iv,i.)
Il me semble que tout me deffaui, ne les ayant plus auprès de moy. [Leit. miss, de Henri IV, t. iv, p. 519.)
Tout mon peuple en murmure et ne peut sans envie Voir qu'un si long bonheur accompagne leur vie,
Que jamais rien ne leur défaut. (Racan, Psaum., lxxu.)
DÉFAIRE , neut. , comme se défaire , dans le sens de se détacher :
Mais de peur qu'il n'en fasse autant que l'autre a fait,
Attache-le d'un nœud qui jamais ne défuit. [Mél., v, 6, jusq. 1651 inclus.)
DÉFAUT. LE DÉFAUT, le coté faible, comme on dit, le défaut
de la cuirasse :
Fuyez un ennemi qui sait voire défaut;
Qui le trouve aisément, qui blesse par la vue,
Et dont le trait mortel vous plaît quand il vous tue. J'ol., i, 1.)
DEFEHENCK. — DEFERER. 173
On a (lit «l'mie manière analogue :
Mais je saurai bien m'affermir, et profiler tle l'exemple des autres, j'étudierai le défaut de leur poliliijiie cl le faible do leur conduite , et c'est là que j'apporterai le remède. (Boss., 2'^ serm. pour /e 4' dim. de car., u.) — L'amour trouve le secret d'apprivoiser la sagesse la plus austère, et de quelques maximes dont un cœur se fortifie, il a toujours des endroits mal défendus, dont cette passion sait trouver le défaut. (M""' de Vii-led., Amours des grands hommes, Solon.) — Bertet, qui était vif, pénétrant et insolent, s'étant aperou du faible, en prit le défaut liabilement. (Retz, Mém., iv, 1651.)
— SK TROUVER EN DEFAUT, uG pouvoii" pas saisii', en parlant (le (|uel(|ue chose d'obscur, de difficile :
J'en lus bier la moitié ; mais son vol est si haut.
(Juc presque à tous moments je me trouve en défaut. (La Gui. du Pal., i,7.)
— A CE DÉi^vuT, faute (le cela :
C'est de quoi le sénat pourra délibérer;
Mais cependant pour lui j'ose vous assurer,
Prince, qu'à ce défaut vous aurez son estime.
Telle que doit l'attendre un cœur si magnanime. [Nicom., v, 9.j
DÉFÉRENCE, action de déférer, iaire ENTiiiRi: déférence a :
Mais ce qui me surprend, C'est de voir que Pompée ait pris le nom de grand, Pour faire encor au vôtre entière déférence. (Sertor,. i, 2.)
DEFERER, v. act., accorder par déférence :
Soigneur, voyez César, forcez-vous à lui plaire ;
En lui déférant tout, veuillez vous souvenir
Ouc les événements régleront l'avenir. {Pomp., u, 4.)
Le grand Sertorius fut son i)arfail ami ;
Apprenez-le, seigneur, (car je me persuade
Que nous devons ce titre à votre nouveau grade) ;
Et, pour le peu de temps qu'il pourra vous durer.
Il vous coûtera peu de vous le défénr. [Sertor.. v. 1.)
Apres tant de bontés, et de marques deslime,
A vous moins déférer je croirais faire un crime. (Aijés., v, 3.)
On Irouvr dans la même sii^iiilicalioii :
D'fiiez quelque chose au seiitiriieiil commun. (RoTROi, A ntifjoue.)
A la fin voyant que cela tiroit de longue et que les viandes se gastoient. je fis signe à l!litiplion qu'il se laissasl vaincre , il defféra cela à mon impatience. (Théuph., Fru(jm. dune hist. com., v. — Comme frères, nos Lorrains lui avaient déféré bien des choses, mais cette distinction du fauteuil les blessa extrêmement. (St.-Simon, iVt'»n., t. ii,c. IG.) — Celte confusion ôtail l'ég.ililé maïquée avec lui, sans laquelle aucun duc n'eût pu le voir. Je dis égalité, parce qu'il était raisonnable que ceux de sa maison lui déjérassent la main et ce qu'il voulait, ce qui ne pouvait pas régler les autres. ;ld.. il>id. — Sans cesse soigneux d'admirer, de tout faire valoir, de tout déjéro- Id.. iùid.. I. vu. c. 31.)
174 DEGAGER. — DEGLACER.
— DÉFÉUER A QUELQij'u.N, avoii" de la déférence pour lui :
Puisqu'elle me préfère, Ce que j'ai l'ail pour lui vaut bien qu'il we défère. {Suite du Menl., m, -2,)
— DÉFÉRER A SA PASSION , A SON IMPATIENCE, s'y abandonner :
(JuanJ l'homme avec ardeur souhaite quelque chose,
Quand son peu de vertu n'oppose
Ni régie à ses désirs, ni modération,
Il tombe dans le trouble et dans l'inquiétude
Avec la même promptitude
Qu'il défère à sa passioti. [Imii., i, G.)
Avez-vous reconnu par votre expérience Qu'il faille déférer à son impaiience? [Penh., i, i.)
DÉGAGER. DÉGAGER LA VIE DE QUELQU'UN , l'aiTaclier an
danger :
Leur chef nous a paru le démon des combats. Et trois fois sa valeur, d'un noble effet suivie, Au péril de son sang a déçiagé ma vie. [Lu Tois. d'or, i, -2.)
— DÉGAGER d'un CHAGRIN :
De ce petit chaijrin le ciel m'a dégagée. [Agés., ii, 7.)
— DÉGAGER LA FOI, avcc le pronoiD personnel, dans le sens passif :
Si (a foi sans rougir pouvait se dégager. 'Agés., i, 4.)
— DÉGAGER LA FOI DES RÉVÉLATIONS, accomplir ildèlement ce que les révélations avaient })roinis :
Son divin salutaire a paru dans le monde.
Et dégagé lafoi des révélations. [Trad. du l's. xcmi.)
— DÉGAGER SA PROMESSE, avcc uu noui de chose pour sujet:
Tout ce qu'il leur jura paraît en ce moment.
Et ce miracle enfin dégage sa promesse- [Trad. du Ccnii. de la Vierge.)
— DÉGAGÉ DE, débarrassé de. style dégagé de pointes :
Le sii/le en est plus fort et plus dégagé des pointes dont j'ai parlé, qui .s'y trouveront assez rares. [Exam. de la Suiv.)
— SE dégager de quelqu'un, rompre l'engagement (ju'on a avec lui :
Tu l'aimes, elle t'aime, il me suffit. Adieu.
Je vais me dégager du père de Clarice. (Lr Ment., n, ô.)
DÉGLACER (se), %., cesser d'être glacé:
Tout de bon, je les vois, c'est fait, il faut mourir, J'ai le corps si glacé que je ne puis courir.
DEORADKR. 17.)
Destin, qu'à ma vakiir lu le montres coniraire!
C'est ma reine cllc-mèmu a\e(; mon seciétaire!
Tout mon corps .se £/^<//(ice, écoutons leurs discours,
Et voyous son adresse à traiter mes amours. [L'illus. com., m, 7.)
Oii trouve tle même activement:
Darde sur eux, tyrantz de liberté,
Pour déglacer la IJérc cruauté
Qui dans leur cœur traistement se recelé.
(LoYs LE Cahon, Poés., fol. il, r".)
DÉGRADER dl tituk dk, ou simplement, dégrader de :
Et si Romesavoit de quels feux vous brûlez.
Bien loin de vous prêter l'appui dont vous parlez,
Elle s'indij;ueroit de voir .sa créature,
A l'éclat de son nom faire une telle injure,
Et vous déijradcruit peut-être dés demain
Du titre glorieux du citoyen romain. (Piicom., i,2.)
11 n'est plus de ma race, après son alteiilat. Ce crime l'en dégrade, et ce coup téméraire Efface de mon san;: l'illustre caruclère. Androm.. \, (i.)
tiii a (lit, «'videmmenl à l'iiuilalioii (le Corneille ;
Ce ne sont pas les vices criants qui nous dégradent la plupail du titra auguste t/e dispensateurs fidèles. (Mass., Disc, synod., xiv.) — Que prélendons-nous, que vous rappeler à ce moment fatal et peut-être proche, où, dégradés devant Dieu, de votre rang et de vos titres, ce que vous aurez fait pour le salut, fera seul notre consolation et votre éloge? (Id., Oraison fun. de Madame, ducli.d'Orl.) — C'est Dieu seul qui fait tout, Dieu seul qui fait régner les rois, qui les place sur le trône ou qui les en dégrade- (Id., Serm. du jeudi après les Cendr., i.)— Ozias fui a l'inslanlcouvert de lèpre, dégradé de sa royauté. (Id., Senn. du mardi de la prem. sem. de car., \.] — Ne serait-ce pas une grande peine et une espèce d'ignominie pour vous, si nous défendions datis ce diocèse ces assemblées publiques de prêtres et de iiasleurs... , et si nous vous dégradions d'un droit et d'un honneur qui fait toute la gloire et toute la consolation du collège sacerdotal. ^ Id., Dise. synod. ,\\.) — Ils doivent retrouver en nous leurs jteres et leurs pasteurs; l'humeur, la liauleui, la rudesse que nous ins|)irenl sou\cnt la grossièreté de leur éducation et la bassesse de leur étal nous dégradent de la .subliniilé de cesliires. Jd., tbid.) — La foi de ces mystères a trouvé tout l'univers docile : les Césars, qu'elle dégradait du rang des dieux; les philosophes, ipi'elle convainquait d'ignorance et de vanité... (Id., .Serm. pour le jeudi après les Cend., il.) — L'envie le dégradera de sa naissance divine. (Id., Serm. pour ilncurn., i. — En dégradant Ihomnie de bien de l'honneurqui lui est dû. (Id., Serm. pour le mercr. de lu 4' sem. decar., i.) — Un le voit résolu de ne point monter à une des premières dignités de l'Etat, plulùl que de dàjradcr son Eglise c/uranget de la dignilr de première Eglise de Fiance. (Id., Oraison Jun. de Yiller., ii.) Je ne voudrais point d'autre raison pour dgrudtr les comètes de la qualité de signes de la colère de Dieu. (Bavle, Leti. »«r Us romèi., av. au Iccl. Pour ./-V/rndtr les comètes du rang que. (Id., ib , p. 187.)
(•n liduvf (le iiirin;' avec If i)rouoiu pei'soniifl :
Je ne voulus pas me dégiadtr moi-même du titre Je cardinal français en ni'excluanl des fonctions qui étaient pariiculietcs à Li nation. (Uktz, 5lém., v, lliâô.)