DÉ(.I1AR(;EU. — DECROITRE. I
Cuinini; lu fais écouler promplcment,
En l'écoulant, ma joie fugitive I (J. Valouklin dkla Fiies.n., Sonnet.) Jacob, en cet estât, d'une f;içon accortc, Pieiul le mets dccvpiij, au piand vieillaid le porte.
(St-Amant, Moyic sauvé, ii.)
Oii liouve (le même, avec un nom de personne:
Mesmes la terre Fut divisée eu bornes et partis Par mesureurs fins, cauts et déceplifi. (Cl. Marot, Met. d'Ovide, i.)
DÉCHARGER, fig. :
J'aime à te voir ainsi décharycr ton courroux. {La Gai. du Put., i, 9.)
La locution consacrée est décharger sa colère.
DÉCIIARNER, v. acl., au sens propre, rendre décharné :
Regardez-le marcber; ce visage si grave,
Dont le rare savoir tient la nature esclave,
Na sauve toutefois des ravages du temps
Qu'un peu d'os et de nerfs qu'ont décliurnés cent ans. J.'Ulus. com., i, 1.)
DECISION. uoNivER QUKLOLE DKCisjo.N SI, pour signifier décider si :
Le temps pourra donner qucliiuc décision
.S'i la pensée est belle, ou si c'est vision. (iV/cow., ii, 3.)
DECONFIT, défait, en parlant du cœur:
Ah! si lu m'enlrepiends deux jours de cette sorte,
Mon cœur est déconfit, el je me tiens pour morte. [Suite du Ment., i,2.)
DECOUPER, tendre en divers sens :
(juaire nains emplumés le soutiennent sur l'eau un inme),
El découpant les airs par un baltemenl d'ailes,
Lui servent de rameurs el de guides fidèles. {La Tois. d'or., ii, 3.)
Hôtes vagues des airs (pii découpez leur vide,
E.xallez sa grandeur. {Traduct. du tlant. des trois enj. dans la Journ.]
Cette pittoresijue rxpicssidu avait v\r fiui>lo\ff avant Corneille :
Les cliauvesouris, les fiesayes,
Dont les cris sont autant de playes
A l'oreille qui les entend,
Uecoupans l'air humide et sombre,
Perceiil jusqu'où mon corps s'esiend,
Et le muguellent comme une ombre. (St-Amant, Le Mauvati logem.)
DÉCROÎTRE, diminuer, t^i |tarlaiit d'un senfimenl. d'une passion :
Je sens à tes regards di croître ma colère ;
De moment en moment ma fureur se modère. ^.Méd., ii, 1.)
170 DEDALE. — DEDA^S.
DÉDALE, fig., embarras inextricable :
Voilà de quoi tomber en un nouveau dédale.
0 ciel! qui vit jamais confusion égale? [La Suiv., v, 4.j
DEDANS, avec un régime, pour dans :
Rentre, pauvre abusée, et dedans {es malheurs,
Si tu ne les retiens, cache du moins tes pleurs. (La Gai. du Pal., iv, 3.)
Si vous prenez plaisir dedans mon entretien.
Pour le faire durer ne vous plaignez de rien. [Ibid., v, 5.)
Voulez-vous demeurer dedans la rêverie"? [Le Gid, i, 2.)
Dedans mon ennemi je trouve mon amant. [Ibid., m, 3.)
Si je vous reconnais? Quittez ces railleries.
Vous que j'entretins hier dedans les Tuileries,
Que je fis aussitôt maîtresse de mon sort. (Le Meni., v, 6.)
Tu nous vas à tous deux donner dedans la vue. [Suite du Ment., i, 2.)
Pour lui donner secours dedans cette prison. 'Ibid., ii, 1.)
Il faut le recevoir, ou bâter son supplice,
Le suivre, ou le pousser dedansle précipice. [Pomp., i, 1.)
Je les vis s'en cacher de honte et de dépit,
J'en vis dedans leurs yeux les vives étincelles. [Androm., i, 1.)
Vouloir que la raison régne sur un amant,
C'est être plus que lui dedans l'aveuglement. [Ibid., i, 4.)
Ce même roi me vit dedans l'Andalousie
Dégager sa personne, en pi'odiguant ma vie. (D. Sanclte, i, 3.)
Va dedans les enfers plaindre ton Curiace. [Hor., iv, 5.)
« On ne se sert plus du mot de dedans , dit Voltaire , et il fut toujours un solécisme quand on lui donne un régime; on ne peut l'employer que dans un sens absolu : « Êtes-vous hors du cabinet? Non, je suis dedans. » 3Iais il est toujours mal de dire : « Dedans ma chambre, dehors de ma chambre. » Corneille, au cinquième acte, dit :
Dans les murs, hors des murs, tout parle de sa gloire.
Il n'aurait pas parlé français, s'il eût dit : « Dedans les murs, dehors des murs. »
Encore une décision trop précipitée. Tous les exemples suivants prouveront que pendant longtemps il n'a pas été incorrect de faire une préposition de dedans, avec les diverses significations propres à dans :
Dedans un antre un lion d'aventure Trouve un renard navré moTtellemenl.
(Jea.n de La Taille, Epujr. d'un lion ei d'un renard.) Las! je suis langoureuse Du mal d'amour, qui toujours me tourmente,