DONNER
DONNER, act. do.n.ner lin exemple a, le proposer :
Et la postérité dans toutes les provinces
bouncra votre exemple aux plus généreux princes. (Cin., v, '■].)
— DONNER SES INTERETS A Qi ELQi'uN, lui Cil abandonner le stjin :
Mais après une offense si publique, il y faut un peu plus de cérémonie, je ne vous la rendrai pas malaisée, et donnerai tous mes intéiêis à qui vous voudrez de vos amis. {Lctl. apoloy.)
— DONNER A , sacrifier à :
C'est générosité quand, pour venger un père.
Notre devoir attaque une tête si ohére ;
Mais c'en est une encor d'un plus illustre rang.
Quand on donne au public les intérêts du sang. [Le Cid, iv, 2.}
Mais donnons quelque cbose à Rome qui se plaint. [Nicom., iv, 3.)
De même absolument :
Et si, voyant sa mort due à sa trahison,
Je donne à la nature ainsi qu'à la raison. [Powp., \, b.)
Donner, pour signifier sacrifier , immoler quelque sentiment, en faveur de quelque personne, ou pour quelque considération, s'est dit très-longtemps et jusque dans le dix-huitième siècle :
Qu'ils rfo/iKtndeurs passions, leurs querelles, leurs vengeances et leurs ambitions au bien de la France, leur mère,a« seivice de leurroy, à leur repos et au nostre. [Ltii. miss, de Henri /F, t. ii, p. 456, 4 mars 1529.) — Si la fortune, par quelque voie digne de sa bizarrerie, me vouloit donner moyen de vous en rendre quelque preuve (de sa reconnaissance}, ce seroit une gratification à laquelle je donnerois trésvolontiers tout cequej'enai jamais reçu d'injure par lepassé. (Malh., le»., à l'évêque d'Evreux, 9 nov. 1601.) — Hâtons-nous de donner à Dieu nos ressentiments. (Boss., Serm. pour le mardi de la trois, sem. de car., m.) — (Scipion) donna ses ressentiments au public, aimant mieux vivre loin de Rome par l'ingratitude de quelques citoyens, que de s'en rendre le maître par l'injustice dune usurpation. (St.-Évrem., Réflex. sur les div. gén. du peuple rom.)
Sinorix a donné sa vengeance à la reine. (T. Corn., Corn., v, ].)
Je dois à l'heure de ta naissance Sacj'ifier ma haine et donner ma vengeance, (Id., Dar., v, 3,)
Ouaiid même je voudrois me cacher à tout autre.
Je donnerois ici mon intérêt au vôtre,
Et je vous en dirois la pure vérité. (Id., Le Jenil Asirui, iv, 8.)
L'un et l'autre destin vous donne lieu de craindre,
Et dans l'un et dans l'autre il faudra vous contraindre,
A vos tristes soupirs permettre peu d'éclat.
Donner votre chagrin au besoin de l'Etat. (Id.,Le Geôl. desoi-mênie, ii, 1.) Quintius les conjure de donner leurs ressentiments particuliers au bien public, et de vouloir rétablir dans la ville la paix et la concorde. (Yertot, liévoi. rom., III.) — Il n'oublia rien pour apaiser le roi, qui parut donner son ressentiment aux intérêts de la religion. (Id., Hist. de Malle, ii.) — Si j'avais plus de santé, et si j'aimais assez la gloire pour lui donner ma paresse, je la voudrais plus générale et plus avantageuse que celle qu'on attache aux sciences. CVauv. Leii. à Mirabeau.)
I)(,>.\i;( l(. DONT. 217
Un a tlil (111110 iiiailirre a]»itii)cliaiilt', avec un ifj;. de pcrs. :
Oui, Ncrva, je la donne, Sans rien examinor, nu liicn de ma rouionne : Elle mourra! (Cyhano, Mon d'A(jriitpa, li, 1.)
Kl (rime ta(,«)ii analogue, avec ù suivi d'un iiilinilif:
Ils craignent de s'eslre niesconleic en l'opinion qu'ils ont eue de vous, et d'avoir donné de leur réputation à faire valoir la vostre. iTuiioPH., Œuvr., a Mgr. de L.)
— Dd.NNKU A ^un sul)st.), à (un inlin.) , duiinei' à.... le S(jin do :
Aime en tous lieux, perfide, et partage ton âme,
Choisis qui lu voudras pour maîtresse ou pour femme,
bonne à les intérêts ri ménager les vœux ;
Mais ne crois plus tromper aucune de nous deux. [L'illus., m, 6.)
— i»(»>.m:ii, iiL'ul. Do.N.Miu JL'.sgi'A, aller, pousser jus(|irà :
Donnons jinques au lieu, c'est trop d'amusement. (*''"•, n, 2.)
Si d'adventure vous estes à Boulogne, donnés jusque^ à Paris pour cet ellecl. (l.eii. tnim. de Henri IV, t. iv, p. 71',), 23 avr. 1507.)
— E.N DONNER, pour sigiiilicr mentir:
DOUANTE. Et bien, l'occasion?
cLiTo.N. Elle fait le menteur, ainsi que le larron.
Mais si j'e/i ai donné, c'est pour votre service. ^Sutie du Meni., iv, 8.)
— 11. .NOUSE.N A TROP DONNÉ, il uous a trop abusés :
Dorante avec chaleur fait le passionné :
Mais le fourbe qu'il est nous en a trop donné;
El je ne suis pas tille à croire ses paroles. Le )hni., iv, 8.)
D'ordinaire ou dil en donnera quelqu'un; la variante de ilurneille est des plus naturelles et des plus heureuses.
— DONNER DES l'LEiRs, einjilitye (l'une niauii're assez sin^julière pour siguilier faire verser des pleins :
El SCS trois frères morts par la main d'un époux
Lui donneronl des pleurs bien plu.^ ju.-.les (|ua vous. {Ilor., iv, 3.)
DONNEUR DE HoiRDEs, eeliii (pii est accoutume à donner des bourdes, (pii aime à duper:
Appelez-moi grand fourbe et grand donneur de bourdes. (Le ileni., m. 5.; DONT, pour de qui, se rapportant à un nom de personne :
C'est elle dont io liens celle liaulc espérance
(jui flatte mes désirs d'une illustre apparence. [l'onij)., iv, 3.)
Fau(-il que je vous obéisse, Moi, dont Galba prétend faire une impératrice? (Oili., ii, 5.)
Je serois le premier dont on seroil jaloux. {Sert., iv, 3.)