DIVORCE
séparé de quoique chose, mais non pas divisé de quelque chose, » dit Voltaire.
Diviser de, divise)' d'avec, pour séparer de, séparer d'avec , dans les divers sens matériels et moraux, est de la langue la meilleure et la plus générale du seizième et du dix-septième siècle :
Que pareillement vous rlemeuriés de plus en plus unis et liez ensemble, contre les praticques et menées de vos ennemis, qui ne lascheront qu'à vous diviser les uns des auUres, pour avoir meilleur marché, comme desjà avés veu , d'un chascun à part. [Lelt. miss, de Henri IV, t. ii, p. 61.) — Les Mazarins vouloient (//i-mr le peuple du parlement. (Retz, Mém., m, 1649.) — Rien ne nous diy/.ve tant d'avec les hérétiques que la profession que nous faisons d'expliquer l'Ëcriture sainte selon le sens des Pères. (Arn., Hem. sur les princip. erreurs, etc., i.) — Vous tâchez de diviser l'Église (relle-même. (Id., Fréq. comm., n, 117.) — Qui le dit? quelques docteurs de la Faculté divisés sur cela d'avec leurs frères. (Nie, Leit au P. Annal, etc. ) — Tous diriez qu'il ne sauroit se passer d'eux, et que son royaume ne lui plairoît pas s'il ne le possédoit en leur compagnie, et s'il ne leur en faisoit part. Tl ne veut pas même que son père les divise de lui dans son alTection. (Boss. , y.« serm. pour ta Touss., m.) — Ces mers qui divisent la (>rèce d'avec l'Italie. (FÉN., Télém., xii.) — Je suis pour vous contre moi, ô mon Dieu! Il n'y a que vous qui ayez pu me diviser ainsi d'avec moi-même. (Id., Avis et instr., xviii.)
Et encore de nos jours :
Rien de plus matériel que la théogonie antique. Loin qu'elle ait songé, comme le christianisme, à diviser l'esprit du corps, elle donne forme et visage à tout, même aux essences, même aux intelligences. (V. Hugo, Cromit'e//, préf.)
De même avec le pronom personnel :
Par ceste extrémité de doute qui se secoué soy-mesme , ils se séparent et se divisent de plusieurs opinions, de celles mesmes qui ont maintenu en plusieurs façons le doute et l'ignorance. (Montaigne, Ess., ii, 12.)
Quand du sejn de l'Église une fois se divise. (Du Verdier, Les Omonymes.)
Si donc Dieu tire un si grand bien de l'hérésie même, il le tire d'une manière encore plus douce et plus avantageuse des troubles qui s'excitent parmi les enfants de l'Église, sans qu'aucun d'eux, pour cela, se divise de son unité. (Aiixauld, Apol. pour les Sainls-Pères, préf.)
— SE DIVISER, se partager en factions :
Seigneur, pour sauver Rome, il faut qu'elle s'unisse 'En la main d'un bon chef à qui tout obéisse. Si vous aimez encor à la favoriser, Otez-lui les moyens de se plus diviser. Cm., ii, I.)
— DIVISER, interrompre :
Mais, hélas, mes pensers, qui vous vient diviser? [Clti., v, 3.)
DIVORCE. FAIRE DIVORCE AVEC, au sens propre, divorcer avec:
Tite fit, sitôt après, De Bérénice à Rome admirer les attraits. Pour elle avec Martie il avait fait divorce. {Tile et Bér., i, 1.
OlVlJl.dlK. — DOMliSTlnlK. 215
— lUvoucK, fig. :
Il tlemcure à ces mois sans narolo, sans fotco.
Tous SCS sens d'avec lui font un sauijlntit divorce. {.!//., v, (î.)
— fiivi^iu'.H:, au plur. , pour (li'si-iici' l.s (iiirrcllos do dciiv |)tii|i|('s :
Ils onl assez longtemps joui de nos divorces. (Hor., i, 4.)
« Ce mot do divorces, s'il ne signifiait que (1rs quorellos, sorait iiniir(>|)i(\ dit justement Voltaire ; mais ici il dt'iioto les ({uercilcs de deux [icuplcs unis; ot par là il est juste, uouv(%ui et excellent. »
I)lVi:L(iri':, iV'i.audu, pui)li.- :
Mes faits par la gazette en Imis lieux diriil(iucs. [Le Meut., i, M.)
DOMESTIQUK, qui est de la maison de, (pii est attaché à un graml :
Dioilolus, domesiiiiue des rois piér(.-(lents, s'empara Aii trône lie Syrie, l'réj. de Rodoij.)
« Dojna^fiqiie était le titre (jue prenaient alors tous ceux qui étaient attachés à des gens puissants. Pellisson nous parle de plusieurs acadé-miciens domestiques du chancelier Séguier. [Hist. de l'Acad., p. 155.) La Rochepot, cousin germain et ami intime de cet abbé de Gondi, (|ui avait à sa suite ([uatre chevaliers de Malle, était domestique du duc d'Orléans. Mém. de Hetz, t. i, p. i\ . » [ F. (îLizoT, Corneille et son trui/is, ii.)
On a dit encore dans le même sens :
Comme j'avais toujours vécu avec mes domcsti'iHes comme avec mes frères, je no m'dtais pas seulcmenl imaginé (|ue je pusse trouver parmi eux que de la com plaisance et de la douceur. (I{i:t/ , Mtim., v, 1655. — Hoisguérin seul me coûta, en moins de quinze mois qu'il fut auprès moi, cinq mille luiit cents livres d'argent déboursé et mis entre s(\s mains. Il n'en eût peut-être pas tant tiré, s'il eùl été domestique de M. le cardinal Mazarin. (Id., ibid. ) — Arnoul avnit ('té doineslique, c'est-à-dire intendant des maisons myales du roi Thierry. (Mi:zi;u., .it>r. de l'Hisi. (le France, ann. i'>2'-i.] — (ieiiendant Valentinien, après avoir couru plusieurs dangers sur la mer, arriva sur les côtes d'Orient : do là il envoya un de ses aomesiiques à Tliéodose, pour lui donner avis de sa fuite et de l'irruption de Maxime. (Fléch., Ilisi. de TMod., n" ;j7i!.) — L'on assura, vers le commencement de juillet lO.'M, qu'on alloit délivrer incessamment de l'argent aux olliciers qui dévoient faire des levées pour l'armée du duc d'Orléans, de sorte que sesdowfsliques et ses créatures à qui il avoit promis de l'emploi alloient secrètement en France pour s'assurer du plus grand nombre de monde qu'il seroit possible. (Caupion, Mim., ann. 1031.) — (Sous Louis XIVJ toutes les maisons des grands sont absorbi-es par la maison du roi, qui a toute la haute noblesse pour domes- «iquc, dans l'ancienne acception du mot. (H. Martin, Hist. de France, lxxxi, 1.)