‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du 17e siecle en général (volume 2)Chapitre 138 sur 253 · LAISSER UNE CHOSE EN DOUTE · texte numérisé non relu

LAISSER UNE CHOSE EN DOUTE

Laissez la chose en doute, et du moins liésitez,

Tant qu'on ail par leur bouche appris leurs volontés. [OEd., m, 2.)

DOUTER SI c'est, douter que ce soit :

DORANTE. El quel est ce portrait?

USE. Le faut-il demander,

Et doutez-vous si c'est ma maîtresse elle-même? [Suite du Ment., n, 6.)

DOUTEUX EN son choix, qui hésite à taire son choix :

Dieu ne veut point d'un cueur où le monde domine,

Qui regarde en arrière, et, douteux en son choix.

Lorsque sa voix l'appelle, écoute une aulre voix. (''o'-, '■, 1-)

— DOUTEUX, avec un nom de chose , comme incertaiii :

Nous allons en des lieux sut qui vingt ans d'absence

Nous laissent une foible cl douteuse puissance. {0. Sanche, i, 1.)

DROIT. — l)[r. 221

— l'KlUI. DOITEI'X :

Quand ce péril douteux épar;:i»o un mal certain. [OEd., i, 1.)

DROIT, subst. .vvoin droit \)V. , avec un nom de chose pour sujet, être cai>ahle de, être sullisant pour, savoir :

Enfin mon désespoir, parmi ces longs obstacles,

M'a fait avoir recours à la voix des oracles ;

Écoutez si celui qui me fut hier rendu

Eut droit de rassurer mon e.sprit éperdu. [Hor., i, -i.)

Ce sont des déplaisirs qu'il fait bien d'épargner,

Et sa douleur secrète n droit de l'éloigner. {Rodog., v, S.)

La victoire aura droit de le faire renaître. (Sert., ni, 2.)

Quand on a commencé de se voir malheureuse.

Rien ne s'offre à nos yeux qui ne fasse trembler,

La plus fausse apparence a droit de nous troubler. Sur., i, 1.)

Thomas Corneille a dit connue sou frère :

Oui, Barsine, et le prince a beau se déguiser,

L'amour seul à ce trouble a droit de l'exposer. (T. Corn., Antioch., u, I.)

— .vvoiu PLEIN DiioiT DE (uu infinitif) :

Avez-vous oublié celte grande maxime.

Que la guerre civile est le régne du crime,

Et qu'aux lieux où le crime a plein droit de régner.

L'innocence timide est seule à dédaigner? (Sert., i. 1.)

— l'iiKNDUK DROIT DE ( UU infinitif , avec un nom de chose |iour sujet :

Flatteuse illusion, erreur douce et grossière,

Vain effort de mon àme, impuissante lumière,

De qui le faux bi illant prend droit de m'ebloiiir.

Que tu sais peu durer et tôt l'évancuirl (lier., m, 1.,

— .\ DROIT DE, à titre de :

Supplante ton rival par une illuslie audace.

Viens ù </roi7 </f conquête en occuper la place. {AnJrom,, m, -i.)

Je liais ces compliments à droit de parenté.

(T. ConN.. La Comt. d'Orgueil, m. S.) Il est certains intpertinenls, A droit de fort esprit, hardis, enlrei>renants, Qui, sans savoir pi'Urqnoi, traitent de ridicules Les plus justes motifs des plus sai;es .scrupules. Id., Fest. dePier., i,2

DU, subst., devoir :

Vous avez fait le dû de soUc ofTico. (Suite du Ment., i, 4.)

On a (.lit exaelt'iiH'iit df iiiriui' a\aiit Corneille :

Continués donc, messieurs, je vous prie, la fidélité que vous avés jusqu'ici Icsmoignée à Sa Majesté, en ce qui est du dmb de vos charges. {Leti. miss, de

Page 1