DUEL. - ECARTER
Henri IV. 17 mai 1589, t. ii, p. 485.; — Comme le deub de voslre cliarge vous obligeoit. {Iiiid.,8 mars 1596, t. iv, p. 522.)
DUEL. l'AiHE UN DiEL A oi K' <Ji 'ln, le Ibi'cer à un duel :
Tu (laius que pour elle ou te jux.se un duel. [La Siiiv., v, 1.)
DUPE, comme trompé, avec un nom do chose, attente di pée :
S'il lie faut que courir, leur mienie est dupée :
J'ai le pied pour le moins aussi bon que l'épée. [L'illus., m, 7.)
DURER, avec un nom de personne :
Mille de nos remparts comme moi l'onl pu \oij-,
11 s'est fait admirer tant i\\\'uni duré ses frères. H or., m, (3.
— DUREU A, durer chez :
C'est le dernier remède, et s'il y faut venir,
El que de mes malheurs cette pitié vous dure.
Vous serez libre alors de venger mon injure. [Le C»/, m, 3.)
Et ta beauté, belle parfaitement,
Ne pourra pas te durer longuement. (Baik. Ainnar ranijeur, vu.)
EBAUCHER, liy., essayer de peiiulrc, de retracer :
Mais de quel front osai-je ébaucher tant de gloire,
Moi, dont le style foible et le vers mal suivi
Ne sauroienl même atteindre à ceux qui t'ont servi?
(Les Yict. du [ioi en 1(')77.)
— ÉBALCiiER EN, Commencer sur la personne de :
Et l'amour qui m'apprend le foible des amants,
Unit mes plus doux vœux à mes ressentiments,
Pour me faire cbauclier ma vengeance en Piautine,
Et l'achever bientôt par sa propre ruine. [Oth., iv, 5.)
EBRANLER, par une ligure hardie , pour signilier mettre en péril :
Le tyran après moi vous craint plus qu'aucun autre,
Et ma tète abattue ébrunltraii la vôtre. [Senor.. iv, 3.)
ECARTER, avec un nom de chose pour régime, placer dans uii lieu écarté, reculé; reléguer :
C'est un trésor si grand, que ces mines fécondes
Que la nature écuue au bout des nouveaux mondes. Inm., n, 11.)
ECIIAN'Ill.lJi.N. — ECHAPPER. 223
— KCAHTii. iiisToiuE KCAUTKK, udjccliv., poui' (lésiguer une liistuiit' d'un t('in|is vi d'un i>ays éloiyiu-s :
Si biuii qiio quand nous liaitons quelque Itiaioire tcmtée doiU ils ne trouxenl lien dans leur souvenir, ils ralliibuenl lout entière à l'elTort de noire iniajj'inali(jn, el la prennent pour une a\enlure de nmian. fut.. Abr. du Mari, de S. Pol.)
ECHANTILLON, a cet ikiiA>TiLi.n>, à en jui^cr par là :
Tout se prépare mal à cci éclianlHlon. (Suiie du Moil., iv. 4 )
ECHAPPER, V. 11., l'ii i)ailaiil (Wuic action laite avec imprudence, avec témérité, ou seuleineiit en courant certains risques; conjugué avec f'-tre :
Je n'ai point soupiré pour celte indépendance Où \eul monter l'or^rueil i)ar des droits usurpés; Vers elle aucuns regards ne me sont ccliuiJi)és,
Non pas même par imprudence. {Trait, du l's. cx\x.)
Lie six comédies qui me soiu cchappies, s; celle-ci n'esl la meilleure, c'est la plus beureuse. [La Oaltiic, à M""' de Liaucourl.J
— Dans un sens analogue, conjugué avec avoir :
Pour vous nommer t^ian, il falloit cent efforts, • f.e mol ne m'a jamais écltuijyé sans lemords. [Œ.d , v, 5.)
L'auxiliaire ctre est aujourd'hui de ligueur.
— Dans le même sens, impersonnel :
. S'il iit'fchuppc un baiser, ne t'en offiiisc pas.
(La Gai. du l'ai.. III. I, 1"' édit. jusqua l<i54.)
— s'kciiai'I'KU .11 SOI 'a , s'élever li'iin-iairtineiit iiis(|ti'."i , avec un nom de chose pour sujet :
Et, si jamais ses vœux à'ccluipi>uuui juiiiu'u moi.
Je sais ce que je suis, el ce que je me doi. U. Sautlic, i. 1.)
— s'ÉciiAri'Eii, abs., se laisser emporter à ipielipie iiiouvement désordonné de l'âme :
C'est à moi de souffrir, et plaise a la clémence
Que ce soil sans chagrin, sans bruit, sans vi't'chappi:r.
Jusqu'à ce que l'orage ait nioin» de veiiemence,
Jusqu'à ce que le calme ail pu le di.s>ip.r. /mil., m. ".'n.]
— s'f.cmai'I'I.u \ IN i)i:ssi;i\, ><■ lai^^«•r aller inili.>(.ii'ltiiniil à le (uiieevoir :
Mue dire/.-\ous, madame.
Du desmu téméraire où i'ixluippc mon ;\nie".' [Sert,, ii, 2.,
— KCiivt'i'i:, part, rviui; i.i. i iii.\ \i, i'ciiai-I'I . pour (It>i,:-iit'r
Toi-même qui fais tant le cheval échappé,
Nous te verrons un jour songer au mariage. [Mél., i, 1.
22 i ECLAIRCIR. — ECLAT.
un lioiiimo qui aHecto d'i'trc roinplélement affranchi du joug des femmes et d(^ ne jamais s'y soumettre .
Toi-même qui fais tant le cheval échap Nous te verrons un jour songer au ma
ÉCLAlRCIR, éclairer, instruire, kclaircir sur :
Néarque l'ayant éclahci sur l'illusion du scrupule où il étoit par l'exemple Mu bon larron, qui en un moment mérita le ciel, bien qu'il n'eût pas re(;u le baptême, aussitôt notre martyr.... [Pol., Abr. du Marl.de S. Pol.)
— KCLAIliCm TOrCHAN'l' :
Et vous éclair cira louchant une a\enlure,
Dont je n'ai pu tirer qu'une lumière obscure. [(M-^d., iv, 5.)
Vous fûtes exposé jadis par un Thébain,
Dont la compassion vous remit en ma main,
Et qui, sans m'éclaircir louclianl votre naissance,
Me cliargea seulement d'éloigner votre enfance. Ihid., v, ii.)
ÉCLAIRKR, V. act., surveiller, observer :
Tout beau, gausseur.
Ne l'imagine point de contraindre une sœur; N'importe qui l'éclairé en ces chastes caresses. (Mél., i, 5, 1" éd.)
ÉCLAT, retentissement, [/f.c.i.at n't n faux, bruit : •
C'est trop vous assurer sur Véctat d'un faux bruit. Œd., iv, 5.)
Nous l'avons déjà vu souvent, lorsque Corneille emploie une expression dans une signification ordinaire, il sait même alors lui imprimer son cachet : c'est ainsi. qu'il se sert très-heureusement d'éclat dans le sens de scandale, ou plutôt de soulèvement éclatant :
Dût se rompre la trêve, et dût la jalousie
Jusqu'au dernier éclat pousser sa frénésie. [Strt., iv, -2.)
— l'Éclat nu 'I(jnm;riii:. Cttiiieille dit d'une manière assez singulière :
Qu'il régne dans le ciel, qu'il régne sur la terre.
Qu'il (jouveme à son gré l'éclat de son tonnerre. [Androm-, m, 5.)
— UN VISAGE d'Éclat, un visage ('clatant de beauté, un visage d'une beauté brillante :
U.L'S v'uayes d'éclat sont bons à cajoler,
C'est la ({u'un apprenti doit s'instruire a jtarler. , W<f/-, '. 1-)
— l'Éclat de, suivi d'un inlinitif, comme on dit la gloire de :
Et l'orgueil des Romains se promettait l'éclat
D'asservir par leur pris(-, et vous, et tout l'État. 'Snphon., i, 1)
ECLATAM. — KroKCK. ii-i
— .MKïrar. i;n tel éclat, li^;., lairc Icllcment éclater, briller :
La guerre en tel éclat a mis voire valeur
Que je tremble pour Albe, et prévois son inailieur. Ilor., i, ;}.)
— METTRE EN ÉCLAT, nipttrc (iaiis uiie position hrillaiilf :
Je lui ilis qu'en éclat j'avais mis votre vie,
Et lui cachai toujours mon nom et ma patrie. fH^d., v. u.)
L'expression paraît singulièrt'.
Corneille dit d'une manière plus particulière encore, mettke EN ÉCLAT LNE c.UAM»!: .loi um'.i:, polir sii^iiilior la célébrer avec ponipe :
Allons vieille en éclat celte ijraitde journée,
Et montrer à ce peuple heureusement surpris
Que des hautes venus la gloire est le seul prix. ferili., v, ô.)
— Avec le pliir. 1 AiiiK DE TKi.s ÉCLATS. biiiU'r avec tant d'éclat ;
Et partout votre gloire a fait de tels éclats.
Que les filles de roi ne vous manqueront pas. [Sur., i, :i)
Le poëte emploie aussi ('dut avec le j)luriel, pour sigiiilier action éclatante :
C'étoienl de \aius celais de généiosilé,
Pour rehausser la gloire avec impuniti-. l'trili., v, .3 )
Kacine a dit au singulier dans le sell^ de siyne é'cialaiil :
U'un amour cpii s'éteinl c'est le dernier éclat. {.ifidram.. ii, 5.)
— Corneille dit aussi au singulier, i aiiii: ih: i. 'éclat. |iiiiir si^iiilier éclater, se montrer avec force :
Ces paniques terreurs pour ta ginire flétrie
Nous déguisent en vain l'honneur de t.a patrie.
L'impatiente ardeur d'en voir le dou\ climat
Sous ces fausses couleurs ne fait ijuc troii d'éclat. La Ton. dur. m, i,)
ÉCLATANT, adj., retentissant :
Nous nous levons alors, et lous en munie temps
Faussons jusques au ciel mille cri^ éclatants. [l.c dd, iv. .{.)
KCl.ATF.H. lig.. comme hrillir. mais me, l'idi-e d'un plii.s vif lesplendi.s.sement :
Quoi ' pour vuir sur sa lèle éi l.tier ma couronne"' {l'owp., ii, .1.)
KC.nKt.i^, li^.. exlerieiir. ap|»areiice. \oin rm i i'\n i.écomci:.
Le peuple qui voit tout seulement par l'écorce
S'attache à son effet pour juger de sa force. (Hor.. v, >.)
226 ECOULEMENT. — EFFACER.
ÉCOULEMENT, lit;., en i)arlaiit de choses morales (]ui \\v\irient, (jiii semblent découler d'une autre, émanation :
Il mérite aussitôt Je recevoir dos cieux
Les i)leins écoulements du torrent de mes grâces. [lmii.,\\, 15.)
Toute sagesse qui reluit dans ses créatures caKwiï écoulaiteni de la sienne (Fén., Lett. spir., xxxii, éd. Sl-Sulp.) — Oii! combien le Père céleste est-il plus père, plus compatissant, plus aimant que moi! Toute mon amitié pour vous n'est qu'un faible écoulement de la sienne. (Id.. ibid.. au marq. de Fén., -27 mars 171-3.) — Cet être est tout, et je ne suis rien, du moins je ne suis qu'un faible écoulement de sa plénitude sans bornes. {\'\.,Leti.sur la relitj., i, 4.'' — Tout ce qui a de l'intelligence ne l'a que par un ccoulcmcnt de sa raison souveraine. (Id., Av. et imtr., etc., xviii.) — Cette complaisance n'est autre cbose que l'amour qu'il a pour sa jierfection infinie, et pour tout ce qui en est quelque écoulement. (Id., liéfut. du IKMa- Icbr., c. 10.) — L'Être suprême nous a donné une petite portion de sa liberté, comme il nous a donné un faible écoulement de sa puissance de penser. (Volt., Mél. lut.) — Ils loueront parce qu'ils aimeront; et ils aimeront parce qu'ils verront. C'est ce que dit saint Augustin, et c'est la source de cet éternel alkluiu qui retentit du ciel jusqu'à la terre, par V écoulement qui se fait en nous de la joie du ciel. (Boss., Le«., à M°"= de Luynes, 18 avril 1691.)
ÉCOULER (L.\issEit], connue /aisscu' (''cJiopper. l.msseu écouler UNE OCCASION.
On a dit de même avant Corneille :
J'uy estimé à pro])os de \uus faire ccste lellro, alliii que \ous ad\anciés vostrc venue en ceste armée et vous basliés auprès de voslre compaignie, m'asseurant que, puisque j'y suis en personne, exposant ma ^ie à toutes sortes de basards, vous auriés du regret de demeurer en \ostre maison et voir écouler tant de belles occusions qui s'oH'rent d'acquérir de l'bonneur et de la réputation, sans faire paroislre vostre valeur et mérite. {I.eii.miys. de Henri I\ , 2juill. 1507, t.iv,p.795.
EFFACER, au liyuré :
Jour, qui fais la couleur, et lui, uuil, (jui Vejfacei,
Exaltez sa grandeur. (l'rad. du Cuut. (/ca trois enfants.,
Ils passent tous ainsi qu'une ombre
Uiieffuce et marque le soleil. {Imii., i. J.j.)
Corneille paraît avoir imité ce vers d un poêle (jui l'a précédé :
Soit ijue la nuicl du monde e/Jacc les couleurs.
J.-B. CuAssiGNET, Trad. du l's. xci.;
lu uulri' [)t)ete de la inénie époque a dit d'une manière analogue :
Ainsi le verd émail d'une liante préc
Kst soudain ej'jacé. (HouKirr GAUNiiiii. Eli'tj.sur lu mon de liuniurd.
On petit aussi ra[)proclier des vers si po('ti(jues de Corneille
les suivants du plus célèbre élève de Mallnu'be :
Si-tost que l'astre des cieux Commence à paroistre à nos yeux Et qu'il a les ombres chassées,
Kl'l-KT. 227
Nous voyons que de lous costez
Grandes et petites rl;irlez
Sont également ejjactxs. (Hacan, Ode à Balzac.)
Kt que le jour paroisse, ou que la riuil l'efface, Je n'ay point de clarté que celle que sa grâce
Inspire en mon esprit. (Id., Ps., liv.)
KFFET, exéculion. mktthe en effet, comme mettre à effet :
J'ui mis, grâces aux dieux, ma promesse en effet. (La Veuve, m, 7.)
(»ii a (lit de même uVaiit Corneille et après lui :
fjue la parolle que j'auray ouye, ou que le bien que je sçauray, se je ne le faiz et accompliz et meciz en effeCt, soyt ma condempnaeion. [Iniern. consol., ii, 2.) — S'il se trouve quelques-uns des gouverneurs ou principaux oiriciers qui soyenl reconnus adhérans à ces messieurs, il les faut changei-, sans leur donner temps il'' incitre leur mauvaise volonté en effet. (Kicuel., Lett., à M. llemery.) Et mettant en effet tes injustes desseins, Achevé de le perdre en servant les Komains.
(MONTIL.. Lu Mortd'Asdruùul, ii, 3.)
Oii (lirait lit! même, mettre en exécution, \)0\1Y mettre à exécution:
i;'est très-peu de voir et pénétrer les secrets de la vie spirituelle, si on ne met point en exécution les moyens qui sont nécessaires pour parvenir à sa lin, qui est l'union réelle et véritable a\ec Dieu. (Fé.nel., te/t. */;/)•(/., clxi, édil. Sl-.Sulpice.) — Pour commencer a nuttie son piujet en exécution. (Vicrt., Iliu. de Malte, \.)
— l'AH l'effet, par les actions :
Pour marque aux souverains qu'ils dévoient par l'effet
Képondre dignement au grand choix qu'il en fait. /''''., m, M.
— DES EFFETS, (les actcs, (les a( rKins :
Je vous les ai sauvés, je vous les ceilc tous;
Je n'en veux qu'un pour moi, n'en soyez point jaloux
Pour de $i bons effets laissez-moi l'inlidele. Met., ii, l.)
.Mais il fut tout a soi quand il fut en province,
El sa haute vertu par d'illustres effets
Y dissipa soudain ces vices contrefaits. ()(//., m. .') )
FAIIîK SON KFII.r, prnillliif l'rllrt \(illln fil |»ailaill d'illM»
(licce (le tlu'àtre :
On u avuit jamais vu jus<pu'-là que la comédie fit rire sans personnages ridicules, tels (jue les valets bonlTons, le- para.-)iles, les «apilans, les docteurs, etc. i:elle-ci Juisoit son ejjtt par l'humeur enjouée des gens d'une coiulilion au-dessus de ceux qu'un voit dans les comédies de Plauie et de Térence, qui u'étoienl que des niarcliaiids. JCxam. de Ui'l.)
— I AiiiE EFFET, aliiiiilir :
De ces deux desseins il n'y eu a ([u un ijui lasse ej^ii. l'autre se détruisant disoi-même. [Exam. detaSuir.)
228 EFFORCER (S'). — FFFORT.
— Ki'i'ET, dans un stMis aclif, avec an rryinie, réalisation :
L'honneur que nous feroit votre illustre hyménée, Des deux que j'ai nommés tient l'âme si gênée, Que jusqu'ici Galba, qu'ils obsèdent tous deux,
A refusé son ordre à l'effet de nos vœux. [Oilton, i. i.)
C'est un jour choisi par deux souverains, pour Yeffei d'un traité de paix entre leurs couronnes ennemies. {Hodoij., préf.)
EFFORCER (s") a, comme ><' efforcer de :
Vous en êtes jaloux (de la moit) comme d'un bien suprême;
L'un et l'autre de moi s'efforce a l'obtenir. [Tliéod., v, (5.)
Son feu de la raison est l'effet et l'élude;
Il s'en fait un plaisir bien moins qu'un embarras.
Et n'efforce à m'aimer, mais il ne m'aime pas. [Tite et lier., i, 1,)
Et quand Rome s'efforce à m'arracher son cœur,
Elle sert le courroux d'un Dieu juste et vengeur. ilùid.. iv, 1.)
Voir A \)(mv de, ci TACHER a.
EFFORT. lAiiti-, i;i toii'i si i\ in si:ntiment, s'ctïoiccf de le vainci'e :
Je ne vous blâme point d'avoir eu mes fûiblesses; Mais/a;7e.« même effort sur ces lâches tendresses. {Attila, m, 4.)
Vous pouvez juger qu'à l'âge où j'élois, il falloit que ma raison jii beaucoup déport sur mes ressentiments pour agir avec tant de l'etenue. [Œuv. de Louis Hiy.)
On tfouvc, dans un sens analogue, faire effort contre :
Il fait effort contre ses peines secrètes , et contre le sentiment des déplaisirs dont la vie des princes n'est pas exempte , pour n'être attentif qu'à consoler et à remplir de joie ceux qui viennent à lui. (Duguet, Iiistit. d'un prince, 1" p., c. 21, art. 4.)
— FAIRE UIN EllOUT A, FAIRE SON EFFORT A ( Ull illlillitif) :
L'espoir qu'elle conserve aura peu de durée,
Puisque Jason en veut à la toison dorée,
Et qu'à la conquérir faire le moindre effort,
C'est se livrer soi-même et courir à la mort. (La Toi',, d'or, m, 1.)
Celui qui doit \ous perdre ainsi malgré Sun sort,
A s'approcher de vous /«i( encor son effort. I). Sunclie, m, 4.)
— coif im:ffort, coup d'audace, entreprise iiardie :
Mes vaisseaux à la rade, assez proches du port,
N'ont que trop de soldats pour faire un coup d'effort. [Méd., n, 5.)
Sans moi ton insolence alloit être punie,
A ma seule prière on ne t'a que bannie :
C'est rendre la pareille à tes grands coups d'effort.
Tu m'as sauvé la vie, et j'empêche ta mort. . ylbid., m, 3.)
KKIOKT. iiO
— Ki'i'oiir, cil parlaiil i\v> itiodiiclioiis dt- Ifspiit. ki'iout u'i.n-
\ KNTION :
Cette tragéilie a encore plus d'iJJ'ori d'inveniiun que celle de llodognnc , cl je puis dire que c'est un heureux original, dont il s'i'sl fait beaucoup de b'Mles copies, sitôt qu'il a paru. {Exu:n. d'Uéracl.)
— CET HEUREUX EiTOitT DE MA l'iA ME, |)oar clt'sij;iH'r uiu' production à laquelle on consacre avec succ»;s toutes ses forces et tout son talent :
Si je souhaite quelque durée pour cti Itcwcux effuii de >ua iilume. ce n'est point pour ap[)rt'ndre mon nom à la posiérilé, mais seulement pour laisser dos marques éternelles de ce que je vous dois. [Le Cid, a M"" de Comhalet.j
— EFFOKT, énergique emploi au figuré :
J'aime, n'abusez pas, prince, de mon secret.
Au milieu de ma liaine il m'échappe à regret,
Mais enfln il m'échappe, et cette retenue
Ne peut plus soutenir Vtffoit de voire vue. iHoiloy., iv, 4.)
— EFFORT, en parlant de sentiments .sutcxcittjs, de (|ualités morales portées à un très-haut degré :
Je le désavouerois, s'il n'étoit magnanime,
S'il manquoit a remplir V effort de mon estime. Mco)n., v. 'J.)
Je verrai par Veffort de votre obnssanee
Où doit aller celui de ma reconnoissance. l'enlt., ii, 1.)
Grimoald inconstant n'a plus pour vous de charmes,
Mais Grimoald puni vous coùteroil des larmes.
A cet objet sanglant Veffoii de lu pitii-
Reprendroil tous les droits d une vieille amilie. JùiU.)
Quoi donc! madame, Othon vous coùteroit l'empire.'
Il sait mieux ce qu'il vaut et n'est pas d un t<'l prix
Ou'il le faille acheter par ce noble mépris.
Il se doit opposer a cet effort d'estime
Où s'abaisse pour lui ce cnHir trop magnanime,
Et par un même effort de inaijnunimitt-,
Hendre une âme si haute au Iiône niérit':. {thU , ni, .'>.)
I.cs bons aiilcur.s oll'rcnt en grand nund)rc des cni|di>is analogues, excellents à imiter, conunc iclui de Corneille :
Vous avez \eu ijue la loiigui'ur d'une iraistreuse prison ii'aNoitde rien allérô en moi ny Veffort de mou c<'ur,iiji- vnwi s Dieu, ny il<- ma religion callioli(|ue. (PASy., Hech., vi, 15.)
Tout craint Veffort de leur vertu. (H.\i;an, /'v., Ode au Koy.)
Ouoi dom? un caur si lier, si plein de fermeté,
Par Veffort de l'umour peut être surmonté! l'jiJ'N., Asirasie. ii, J.<
El dans ce qu'a mes yeux le crime oiïic d'horreur,
Tout Vejjori de mes soins se doit .i l'empereur, (T. fion.N., Maxim., m. 1.) De ce grand caractère il a rempli Veffort. ild., l'ijrrii., i, G.)
230 EFFRONTK. — EdAI..
An premier bruit de ce funeste accident, toiilcs les \illes do Judée furent énnies, des ruisseaux de larmes coulèrent des yeux de tous leurs habitants. Ils furent quelque temps saisis, muets, immobiles. Un effort de douleur, rompant enfin ce long et morne silence, d'une voix entrecoupée de sanglots que formoient dans leurs cœurs la tristesse, la pitié, la crainte, ils s'écrièrent :.., (Fléch., Or. fuii. de Turenne.) — C'est un effort de démence dans un gouvernement d'avilir la plus grande partie de la nation. (Volt., Ess. sur les mœurs, c. 98.)
Pour minux comi)roti(lro ces dinV'i'Oiits emplois, il esl bon dtî savoir ([ue e/fot^t a sigiiifif- i)riiuitiveiiient l'orce :
N'asemblereit jamais Caries si grant esjorz.
(Thér., La Clians. de Roi., \, 598, édit, Génin.)
C'est-à-dire : Il n'assemblerait plus jamais de telles forces.
Dist Oliver : « Paien uni grant esjorz.
De nos François ni'i semble avoir mult poi! ■>
(Thér., La Clians. Je Ko t., ii, 589.) Et puis m'aconta vint-trois, Qu'emperéors, que rices rois, Vos cresliens, qui ça venront
Atot ïesjors que il auront. {Partonop. de Tilois, v,7167, éd. Crap.) La nuvele vint a Tou, le rei de Ematb, ke David out descunfit lut le esjorz Adadezer. {Le TJvre des Rois, p. 147.)
Il y a en latin : « Omne robur Adadeze?'. »
EFFRONTÉ, lig. un zèle ei frontk :
Et, d'un zèle effronté couvrant son attentat.
S'oppose, pour me perdre, au bonbeur de l'État? [Cin., iv, 2.)
EGAL. A l'égal, locution adv., également :
.le suis craint à l'égal sur la terre et sur l'onde. [L'Illus., ni, 4.)
— A l'Égal de, autant que, aussi bien que .
Et l'hymen de soi-même est un si lourd fardeau,
Qu'il faut l'appréhender rt /'(''(ya/ (/« tombeau. {Mél., i, 1.)
Allons donner votre ordre à des pompes funèbres,
A l'éfjat de son nom illustres et célèbres. [Sert., v, 8.)
Je pense le connoître à l'égal de moi-même. {Fuleli., i, 3)
Ne me parlez jamais en faveur d'un infâme;
Qu'il me fuye à l'égal des frères de sa femme. (//oc, iv, 1.)
La seule vérité donne aux afflictions
Des consolations Durables à l'égal de sa sainte parole. {Imit., m, 16.)
Et ce que fuit le monde à l'égal des supplices, C'étoit ce qu'avec joie ils couroient embrasser. [Ibid., c. 22.)
— A l'Égal de, au prix de :
La seule mort d'Horace est à craindre pour vous.
Des frères ne sont rien « l'égal rf'un époux. [Hor., m, 4.)
KHARKU — ELAHllISSK.MK.NT. 231
Poiii' <|iif cctlt' j)lira.s{' [)n''sniilt' un sens rais(»iiiial»le , il laiit atUu'Iier à rien le sens ([ii'il avait (|iiil'|m'tois de nulinneitt. (Voir notre article RTEN.)
— A l'koal de, suivi d'iiii iiiliiiilil ;
Et lo trépas en soi n'a rien de rigoureux
A l'égal de vous rendre un rival plus heureux. Penh., ii, 1.)
— TUAITER QUELQu'iN 1)'k<;ai., coiuiiu' oii dit, traiter d'égal à égal avec ([uel(|u'iiii, le traiter sur un |(ied d'égalité :
Je ne dois qu'à moi seul loule ma renommée,
El pense toutefois n'avoir point de rival
A qui je fasse loit en le irailnnl d'ihjat. (Exe, à Arisie.)
Vous vous plaignez d'une lettre à Ariste. où je ne vous ai point fait de tort de vous traiter d'i'ijal , puisqu'en vous montrant moins einieux, vous vous confessiez «iioindre. I eu. apoloij.)
Il n'en prend pas le titre (de maître), et les traite d'('(jal.
Mais, Tlianiire, aptes tout, il est leur général. [Sert., ii, 1.)
El je suis las de voir que du bandeau rojal
Ils i)rcnnent droit tous deux de me traiter d'éijal. , l»j'ii, t, l.)
l'^i'iAKI-^ll, li^. l'jiAUKU i.A c.itAci:, l'écarter de soi :
Il est toujours tout juste et tout bon, mais .«<( (jrdce
Ne descend pas toujours avec même eflicace;
Après certains moments rpie perdent nos longueuis,
Elle quitte ces traits qui pénétrent les coeurs;
Le nôtre s'endurcit, la repousse, Vi'ijnre :
Le bras qui la versoit en devient plus a\are,
Et cette sainte ardeur qui doit porter au bien
Tombe plus rarement, ou n'o|tére plus rien. [l'ol , !, l.)
ÉLANCEMENT, en parlant du saii^^ qui s'elaixe, i|iii jaillit avec impétuosité :
Son i7((Hrcmt'»if perce ou rompt toutes les \eines. 'Attila. v.G.)
ÉLAIKilU, li^. i:i.A!iiiiiî i.ks itija.Ks, les reiulre innins étroites, moins rigoureuscb :
Il est facile aux spéculatifs d'être sévères ; mais, s'ils vouloienl donner dix ou douze poèmes de celte naluie au public, ils itanjiroieni j)eul-èlre lenri-iiles encore plus que je ne fais, sitôt qu'ils auroient reconini par l'exiierieuce quelle contrainte apporte leur exactitude. (Trois. />mc.)
ELAUCilSSE.MENT, au lij^'uré-, dans le sens d'e\t<:nsion plus large :
Je souliaiterois. pour ne poiiU gêner du tout le spectateur, que ce que l'on fait représenter devant lui en deux heures se pût passer en elTct en deux heures, ol que ce qu'on lui fait \oir sur un tlieàlre qui ne cliuti^^'e point pùl s'arrèltr dans une chambre ou dans une salle, suivant le choix (pi'on en auroitfait; mais souvent cela est si malaisé, pour ne pas dire impo>silile, (pi'il faut de nécessité trouver quelque elanjissonent pour le lieu comme pour le temps. [Trois. Disc)
232 KI.KCTION.
ÉLECTION, choix, clioix clo cœur :
L'artirui (jiialliirue en nous une flamme si pure
Vicnl sacrifier à votre f/ec/ion
Toute notre espérance et notn; ambition. [liodog., Jii, 4.,
<• l'JlectiQH ne peut «'tre empluvé ])oui' clioij:, dit Voltaire. Électioji d'un empereur, d'un pape, suppose plusieurs sull'rages. »
Corneille a employé plusieui's t'ois élection dans le sens criticpié par son connnentateur :
Je viens vous faire voir que votre afi'ection
N'a pas été fort juste en son élection. (Mél., iv, 2.)
Vous la forcez vous-même à cette élection.
Je suis de ses amours le témoin oculaire. Lu Veuve, m, 7.)
Telle est l'humeur du sexe, il aime à contredire,
liejette obstinément le joug de notre empire,
Ne suit que son caprice en ses affections,
El n'est jamais d'accord de nos élections. L' lllu.s. com., m, 2.)
— ÉLECTION, choix, cu général :
Dérober Andromède à cette élection.
C'est dérober sa mère à sa punition. {indrom., i, 2.)
Plusieurs excellents auteurs, avant et après Corneille, se sont de même servis (X élection dans le sens de choix en général, et sans aucune idée de plusieurs sutirages :
Mais pour ce qu'en toutes langues y en a de bons et de mauvais, je ne veux pas (lecteur) que, sans élection et jugement, tu te prennes au premier venu. (Du Bell., Iltusir. de la lany. Jr., ii, 5.)
Nous avons de vous trois fait une élection,
Suivant le mouvement de notre affection. (L.-C. Discret, A/is., iv, 2.) Et ceux-cy, faisant leur élection pour la gloire, dressent leurs pièges et tendent leurs toiles en des lieux spécieux, relevés, rares et illustres. (S. Fr. de Sales, hiirod. à la vie dévote.) — Les preuves que le public a déjà reçues de la sagesse et de la probité de M. le chancelier, ne me permettent pas de craindre que sa conduite ne réponde à l'éclat de ses ancêtres, à la splendeur de sa charge, et à l'élection de son prince. (Le Maist., Plaid., xxxiii.) — Soit qu'il voulût tenir sa parole en luiiiant ses affaires, soit qu'il les remît en la violant, il était toujouis réduit à une déplorable élection, ou de hasarder son Etat pour être fidèle, ou de manquer à son honneur pour demeurer roi. (Balz., Le Prince, c. xv.) — Ce lieu, embelli d'une eau extrêmement claire, et fortifié de la même eau, raisonnablement profonde, me parut digne de l'élection d'un homme qui ne veut point de commerce avec le monde. (Id., Entret., vi.j — Tant de captifs volontaires, qui renoncent à la liberté, et qui s'enferment par élection et par conseil (délibération). (Id., ibid., xxii.)
Mon cœur n'étant pas libre en celte élection. (Hacan, Ber<j., iv, 1.)
Pour le seul Alcidor je \ eux mourir et vivre,
C'est celui dont mon cœur a fait élection. (id., ibid., v, 2.)
KLEVKR. 233
ÉLEVKR, l'\{i., n'ievei', exalter, vaiitei- :
J'ai beau devant Ips yeux lui remellre Hippolylc,
Parler de ses attraits, élever son mérite,
Sa grâce, son esprit, sa naissance, son Lion,
Je n'avance non plus qu'à ne lui dire rien. [Lu Gai. du l'ai., i, 1.)
D'ailleurs, lorsque ïélève un si rare service.
Tu me le fais soudain soupçonner d artifice, (T. Cohn., Siilic, m, .'J.) S'ils méprisaient Aristote, ce n'était pas qu'ils ne pussent le bien entendre, et mieux sans doute que ceux qui Vo)H ilevé depuis. {¥levr\, Clioix des éi.,\, 3.) — Lorsqu'il crut être au comble de ses désirs, et que, dans l'excès de sa passion, il la pressa de lui donner des marques sensibles de celle dont elle le llattoit, elle prit union d'orgueil, lui rtevu toutes les vertus d'Olliun, lui exjjliqua les manières tendres et délicates dont il l'aimoil. (St.-Héal, lipUlturis.) — Klle en dit mille biens, elle loua sa douceur, sa complaisance et son honnêteté pour tout le monde, • mais elle (>7et;a surtout sa bonne mine et sa beauté. (La (Chapelle, Les Amours de Catulle, 1.)
De même avec un nom de ])ers()iine pour i'é{j;iiiie :
J'ai bazardé souvent et ma fortune et ma \ ie, en vlivant par mes discours Vostre Majesté au-dessus de tous les princes de l'Europe et de ces rois d'Orient, mémo en leur présence. (Taveun., Xoy. de Perse, epistre.)
Et encore en plein dix-liifitième siècle :
J'avoue ([u'il n'avait pas besoin de mes éloges; ses actions W-l'cveni mieux que cet écrit. (Malléon, Dejemc du C de l'on.)
— ÉLEVKK A, en parlant de seiitiineul, cU-ver à la hauteur de :
C'est à toi d'élever tes sentiments aux miens,
Non à moi de descendre à la honte des tiens. (llor., iv, 7.)
— KLKVER, avec tni pour à; emploi (pii a de criticiut' dans V Kxauwn dit (Jid :
« Vous iltvc en un rang...
eela n'est pas l'ranvais, il laiit dire clt-ver à un raii;^. ■' \!S(;nt. de l'Acad. sur le Cid, U\ .]
Hn trouve, dans cette siynilicalion, ipn'lipu'> (•\i'iiiple> de (.7erer dans, pour élever à, connuf clcn-r dmis les clutryes :
11 y a dans ce pays-ci une espèce de gens ipii, \o\anl qu'on ne leur fait pas 1 honneur de les élever dans les cliarijes et dans les emplois de distinction, trouvent le moyen, par leur pro]ire industrie, de se faire \aloir eux-mêmes. ;Uhikys, l'imporumt, I, '!.)
— s'ÉLEVKR, en parlant du .^tyle, prendre plu> de tniie, de grandeur, de beauté :
Certainement on peut dire que mes autres pièces ont peu da\ai)lages qui no se rencontrent en celle-ci. Elle a tout ensemble la beauté du sujet , la nouveauté des fictions, la force des vers, la facilite de l'expression, la solidité du raisonne-
234 ELlTIv — ELOIGNER.
ment, la clialeur des passions, les tendresses de l'amour et de l'amitié, et col heureux assemblage est ménage de sorte qu'elle s élevé d'acte en acte. Le second passe le premier, le troisième est au-dessus du second, et le dernier l'emporlo sur tous les autres. [Exam. de Rvlog.)
ÉLITE, choix, connue ou eiuplovait aussi élection :
C'est donc la vérité, que la belle Mélite
Fait ilu brave Pliilandre une louable ('tue,
El qu'il obtient ainsi de sa seule vertu
Ce qu'Éraste el Tircis ont en vain débattu. [^It'l-, n, 7.)
ELLIPSE. Entre les ellii)ses si tré([ueutes daus le style de Corneille, les suivantes sont très-remar(iuables :
Pensez plutôt à ceux dont le service offert, Accepté vous conserve, el refusé vous perd. DOUisE. Crois-tu donc, assassin, m'acquérir y.w ton crime,
Qu'innocent méprisé, coupable je l'estime? [Cl.i-, iv, 1.)
Ou peut y voir le modèle de l'ellipse si célèbre de YAndroiliaque de Racine :
Je t'aimais inconstant, qu'aurais-je fait iidele?
ÉLOIGNEMENÏ, action de s'éloigner de quelqu'un, avec le pluriel :
Le sang royal n'a point ces bas attachements
Qui font les déplaisirs de ces éloitjnemenis. {Œd., i, 1.)
ÉLOIGNER DK, suivi d'un infinitif, éloigner de uéoneu, écarter du trône :
L'argent put inspirer la voix qui les prononce.
Cet organe des dieux put se laisser gagner
A ceux que ma naissance éloignait de réijner. [OEd., m, 5.)
— ÉLOIGNER quelqu'un, ^owv s' éloigner de quelqu'un ; élokiner QUELQUE CHOSE, pour s'éloigne?' de quelque cfwse :
Bien que vous éloigner ce me soit un martyre,
Puisque vous le voulez, je n'y puis contredire. [La Suiv., ni, 9.)
Ses vaisseaux en bon ordre ont éloigné la ville,
El pour joindre Cé'sar n'ont avancé qu'un mille. {Pomp., \u. 1.)
« Ont éloigné la ville » est un solécisme. Il fallait, « se sont éloignés de, » ou plutôt une autre expression, un autre tour, » dit Voltaire.
Le blâme est injuste. Éloigner, actif, dans le sens de s'éloigner de, fuir, éviter, était de la langue la plus correcte au dix-septième siècle, comme elle l'avait été au seizième et auparavant. « Il n'y a rien de plus commun dans nos poètes, tant anciens que mo-
Ki.">l(.M:i{. 235
(Icnics, (|iic ccllo façon de |t;irl<'r,'Hlit, [)()Lir say'/.sV///rY///o?iparliciilicre, Mi'-iKific, (|ue l'on avait repris d'avoir dit dans son Oisr-leur:
' Si liicnlôl t'iiiseii.sihle l'ioifinoil ces beaux lieux. ;.
(Obscrv. sur la tamj. franc., l" p., c. 14H.)
Les oxoniples pourraient iMre niultiplif's h l'inlini; ((uolquesuns de diverses dates suHiront :
Quant li dui Ijaroii se fiirt'nl deslié,
Li uns eslomje laulre un arpent mesuré. [Gui de liuunj., v. iTiA.)
Trouva sa dame, qui monta sur son cheval et picqua fort, tant qu'ilz eurent
csloiwjué la place. [Les Cent îVouv. <ln roi Louis XI. xcvrii.) — Incontinent il vous
esloiujeru et querra autre part son axenlure. [Les Évmuj. des Quen. , édit. .lann.,
Car qui d'amours ne veut prendre le ply.
Et a désir de fiiyr le danger
De son ardeur, pour tel mal eslrauger,
Besoin luy est d'eslomjtier la personne,
A qui son cœui' énamouré se donne. (Cl. Mahût, Le Temple de Cup.)
Le texte est eeltii de la ri'vision que Marut fit de ses (Euvres en 1o38. Dans raneieinie édition i,M)tl)i<|ue de l'ilo, on lisait :
Car, comme dit le bon poète ennobli, Se désir as de fuir le danger D'ardeni amour, et du tout l'eslranger, Esluiiijiie-ioi de la dame ou personne. A qui du tout ton loyal cieur se donne.
Eloigner t^urltjK^ini, |)otir sij;iiilier le t'nir, «Hait donc [)lns élé- ;,^nit (jue s'/Jluiijner de tjuelt/x'ttn, [)Liis(iue Marot a cru devoir oorri|^'er : Élnigui'-toi de la jjrrsonne, en rloiyncr la jier.^onnc :
Clenient Marot a dit encore :
Mon devoir veut qu'esloiujnt \olre face.
Désir me veut prés de vous retenir. {^-t'"'.!-, xx.)
Le peuple ne vouloit pas que Pompéius e^lonijnusi de gui-res loin la \ille do itonie. (Amyot, Vies, Crassus.)
Le roy, comme un Tiris, alfolé d une Héleae,
Du feu cliaud de l'amour pnrlaiit sun ;\mo pleine,
Estimoit presque moins perdre sa royauté.
Que de sa dame amie rloujuer la beauté. Haik, Pofin , ii, Du .Uéuil.'
Je n'ay vu qu'à regret la beauté du soleil,
Depuis (ju'en soupirant j'r7oiV7»<(jj/ ce bel œil. Beutalo, Sianr.
Éloiijinmi vos beautés, je vous laisse en ma place.
Mon cu-ur....
Mais (juand je suis forcé d'éloigner votre vue
[DtspoHT., .Im. de Dmue, i, Sniinel x\ii. Mais il me faut hasier, qu'il nei loïKjne le bois.
(Lasphrise. La Nouv. iruni-com]
236 EMBAROUER. — E.MHAR MASSER.
Non, quelque chose que je face,
Je ne peux esloigner sa face,
Sa face, dis-je, et ses beaux yeux,
Qui font honte au soleil des cieux. (Godard, Les Desguisez, iv, 1.)
J'estois desjà sur la frontière, en la méditation de quitter ma patrie et dans l'incertitude d'y plus revenir, et cette contrainte â'esloigner vostre cour tenoit mon esprit dans des troubles qui me rendoienl indifférentes et la capture et l'évasion. (Théoph., Apol. au lioy.) — A peine «i;o«6-nous t-toiym- la côte, que nous avons été pris par une galère turque. (Cyrano, Le Péd. joué, ii, 4.)
Et me cachay dans des roseaux
D'où, jusqu'à tant que vos vaisseaux
Eussent éloigne le rivage.
Je ne bougeoy comme homme sage. iScaru., Virg. truv., ii.)
Puis, poussés par des vents prospères,
Éloignasmes bien ébahis,
Cet abominable pays. (Id., ibid., m.)
S'ils ne sont assez diligents De se tirer loin de l'orage, Et plier vîtemenl bagage,
Pour éloigner ce trou maudit. (Id., ibid.)
Du camp du Rululois noignani les quartiers. (Segk., Enéide, 1. ix.)
Un trouve de même, au sens moral, clans des auteurs du dixseptième siècle, éloigner^ pour signifier éloigner de soi, fuir, éviter :
On ne se doit jamais jouer avec la laNcur, on ne la peut trop embrasser quand elle est véritable; on ne la peut trop éloigner quand elle est fausse. (Retz, Mém., I. m, 1651.) — Le recevoir comme il faut, c'est le recevoir en délestant ses péchés, en éloignani les occasions de le commettre. (Boss. , Méilii. sur les Évang., Cène, J, xLvii.)
Eloigner pour s'éloigner est encore usité dans le centre de la France. On dit habituellement que des objets s'éloignent à la vue, lorsqu'au contraire c'est le spectateur qui s'éloigne :
Tette voiture a éloigné la feime. (C* Jauueeit, Gloss. du centre de lu Fruwe-)
— ÉLOiGisÉ DE, avec un nom de chose, différent de :
Aussi comme son but est différent du mien,
Je dois prendre un chemin fort cloigné du sien. [Suite du Ment., ii, 3.)
EMBARQUER (s') a, iîg., s'aventurera, employé dans le style
tragique :
Comme en de certains temps il fait bon s'expliquer,
En d'autres il vaut mieux ne s'y point embarquer. [Olh., ii, .'<.)
EMBARRASSER (s'), en termes d'art dramatique, s'unir intimement, se mêler étroitement :
Ces personnages épisodiques ilo\\tn\. s embarrasser s\ bien avec les premiers, qu'une seule intrigue brouille les uns et les autres. [Prem. Disc.)
EMimASE. — KMRHOriLLF.R 237
— i'iî;cK i;MiîAUHAssi;i., [nviv. iiitiiyucc, pii-ce <[ui a l'intriguft pour j)riii(i[»al inoyoïi :
C'est l'incommodité des pièces embarrasiees, qu'en termes de l'art on nomme imptexes, par un mot emprunté du latin, telles que sont Rodogune et Héraclius. {Exam. de Cin.)
KMHUASÉ, \\'^. vs cftELH rif.n i:\iimASi':. un co-ur hn'ilaiil d'iui aiiioui" sincère :
Dites, dites, soigneur, qu'il ol liieu mal aise
De céder ce qu'adore un cœur bien emb)as'\ {Tiic cl lierm., ii, 'i.)
— AMic KMBRASKK, Comme âme embrasée d'amour :
J'ai perdu temps, seigneur, et cette âme embrasée
Met trop de dilTérence entre ^Emon et Thésée. (Œd., i, 4.)
KMBRASSKB, tiy. f.mbhasskk lk timon, le pieiidre en main :
Du litnon qu'il embrasse il se fait le seul guide. {Oilt., m, 4.1
EMBROUILLER, ilg. embrouiller la ceuvkllk, IftmbU'i- la cervelle :
L'un disoit, il est jeune, il veut voir le pays.
L'autre, il s'est allé battre, il a quelque querelle.
L'autre, d'une autre idée cmbrouilloil sa cervelle. {Suiie du Ment., i, 1.)
Des marauds dont le vin embrouilloii la cervelle
Vidoient à coups de poing une vieille querelle. {Ibid., iv.().)
— EMIîROt ILLF.R s'^ l'eSPUIT hK, OU siin pirinctit .s'kmRROI ILLER
i>K, se Iroultlcr l'esprit de, jeter de la coid'usion dans son esprit par ;
Choisis une heure propre a rentrer en toi-mt?me, A penser aux bienfaits de la bonti- suprême
Sans l'embrouiller l'esprit de Tivu de curieux. (Imit-, i. 20.)
Répoiidras-lu pour lui de son peu de vertu? Ou si c'est pour toi seul que tu dois rendre compte.
Quels que soient ses défauts, de (pioi i embrouilles -lu ^ (Ibid., ni, -24.) J'ai délibén- de prendre le temps ainsi ([uil \ienl sans plus m'embroitilUr le cervcitu de ces amoureuses passions. Toib-nkiiu, I.cs C.onuns, v, 4.)
'•n truuvi' (if uit'me. ;i(i , fiiif>niti/l/''r l'es/j/il. jeter la ('(inliision (iaii^ i'i'Npril
Ecoutez bien ce que \ous dit votre niinisiie. et comme il mêle le vrai et le faux pour vous trjjAroMi//tr t cspni. (Boss-, i' histr. jHist.. t'roni. de l'Egl.
— i-.MitiUM 11 i.cn ni ci.nl 1 N i>i., lui rudiniuiller l'cspril pai-
Voici mon vieux rêveur, fuyons de sa présence.
Qu'il ne m'embrouille encor de quelque contidencc. (f.a Suiv.. v. 4.)
238 EMUlJVunr — KMPKCllHR.
Un a (lil (le inèinc avec le prou. [x'i'S., s'embrouiller de, s'embarrasser de :
Je suis assez emj)esclié de mes allaires, sans ui' embrouiller des tiennes. (Lauiv.. La Veuve, i, ;J.]
ÉMOUVOIR, exciter, ne rien ÉiMuuvoiu, n'exciter aucun trouble, aucun soulèvement :
Si tu n'élois qu'un lâche, on auroil (jiielijue espoir
(Jn'enlin tu pomruis \iM-e, et )ic rkn nnoinoir. [Pertli., v, 5.)
EMPEClIEll, V. a., suivi de à, rég. indir. :
Cet orgueilleux esprit, enflé de ses succès,
Pense bien de son cœur nous empêcher l'accès. {Mcom.. ii, -1.)
Voltaire t'ait cette reniar(|ue :
« On ne dit point empêcher à, cela n'est pas français. « Il nous empêche l'accès de celte maison : » nous est là au datif; c'est un solécisme, il faut dire : v: On nous défend l'accès de cette maison; on nous interdit l'accès; on nous défend, on nous empêche d'entrer. »
Les exemples suivants prouvent que la forme critiquée par le trop vétilleux commentateur était d'un usage correct au dixstsptième siècle :
L'elTort d'un déplaisir , pour être extrême, doit étonner toute l'âme, et lui empescher la liberté de ses actions. ( Montaiune, Ess., i, i. ) —Un tel curé, par son avarice et envie, nous veut empescher la sépulture et la dernière volonté d'un qui est mort ces jours passés. (H. Estie.nne, Apol. pour Hcrod., c. 7.) — Hz en sont entrez en tel doubte et desfiance, qu il m'a semble que je ne leur debvrois empescher la garde, fortilicalion et seureté des villes qu'ilz habitent. {Leii. miss. de Henri IV, t. ii, p. 46, au roy, 26 avril 15S5.) — Oultre les advis que vous nous en avés donnez et ce que nous en a rapporté le sieur de Vie qui est icy, nous en axons encore d'aullres d'ailleurs, par lesquelles leur mauvaise volonté nous est assez cogneue, laquelle nous ne leur pouvons pas empescher; mais, Dieu aidant, nous leur en empescherons bien les efîects, mieux que nous espérons qu'ils ne leionl ceulx de nos bons et justes desseings. [lOid., t. iv, p. -210, 21 août 1594.] — Et vous prions de croire que sy tost que Dieu nous aura fait la grâce de donner (juelque ordre aux confusions qu'avons trouvées à nostre advenement à ceste couronne, et qui nous empesciieni nos receptes et revenus ordinaires, ne fauldrons de vous rembourser des dicts prêts à vosire contentement. {Ibid., 20 cet. 1589, t. 111, p. 02.) — Féricart voulant entrer, le passage lui est empeschr pur les archers de la garde. (Pasq., Leli., xui, 5.) — Là les capitaines complottèrent pour empesrher « leur chef l'essai de ce logis avec son peu. (D'Aub.. Hist. uuiv., i. 2, P^' éd.) Dtsja leur tyrannie a fait tout son pouvoir
Atin de tn empescher les moyens de la voir. iRaca.n, Benj., i, 1.)
L'excez de la douleur m'empesche la parole. Jld., ibid,, iv, 5.)
Les François tenoient alors la ville de Carcassonne assiégée, et les Bourguignons celle d'Arles ; les premiers quittèrent leur siège et se joignirent aux auties devant Arles, pour lui empêcher le passage du Rhône. (.MÉz., Àbr. de l'Ilitt, de t'r. av. Clovis.) — Gritron fut tué dans la vallée de Morienne, en une rencontre qu'il
KMPoHIKMKNT. 239
cul a\ec IfS gens de l'eiiiii, :jiii \oiiKMont lui cmpêcliev le passage, (kl., ibid. ann. 1753.) — Les Allemands, fâchés qu'on leur en cùi empêclu le pillage, escaladèrent les murailles. (Id., ibid., ann. 1551.) — Les Thraces s'estoienl emparez en grand nombre du sommet de celte montagne pour empescher le passage à Alexandre. (Du Hyeh, Les Supplnn. de J. Freinsliemius, i, 11.) — Elle voulut parler deu.N. ou trois fois, niais ses sanglots et ses larmes lui ein péchèrent la parole. (.M""" DE La Fayette, Zuijdc, ii.)
Nous croyons que cet emploi pourrait être renouvelé dans certains cas, comme il l'est dans la phrase suivante :
Philippe aperçut l'échaffourée, et, toujours poursuivi de l'idée de trahison, il s'écrie : « Tuez, tuez celte ribnuduille qui uous empêche le chemin! -, (Chat. , llisi. de France.)
— i:.MPi-:ciiEH, sans rt'^. iiidir. de pcrsomic, et avec un rcy. dir. de chose, apjxirtci' obstaclt; à ;
Uuoi ! madame, faut-il que mon peu de puissance
Empesclie \(i& devoirs de ma reconnoissauce? [Mi'd., iv, 5.)
— KMi'PxHi':, part, être empêché a, Atre cndiairassé à :
Les mystères de cour souvent sont si cachés
(Jue les plus clairvoyants y !,out Lien empêchés. {Nicom., m, 5.)
Siiivaid V»tltaire<(le mot clairvoi/ants est aujourd'Jiui hamd du six le iiolde. A' On ne dit jias non plus •• ctic empêché à (iuelt|ue tliose; » cela est à {leinc soiiUrrl dans le (■(tmicjue. »
Faut-il voir (Ui >l\h' (■(inu(|u<' dans celte phrase (ht yrave lîo.s-
.siiet :
Je sais bien qu'il est dillicile d'exprimer la douleur d'une mère : on ne Irouxe pas aisément des traits (|ui nous représentent au vif des émotions si violentes; et si la peinture y a de la peine, l'elocjuence ne s'y trouve pas moins empéclue- (UoSS., l'rem, serm. pour te vend, de ta l'u-it., 1.)
Et dans celle-ci du pridond Malebranche :
(lelui-ci ne saura pas si l'âme est immortelle; il siruii peut-être hiea empêché a M)us prouver qu'il y a un l»ieu, et il \ous réduira les égalités de l'algèbre les plus composées avec une facilité surprenante. Maluuii., Entret. méiaph., \.)
Coiiiedlr eiiipioif encore C7«yw/i(.' '/, avec un inliuilil', dans ses Ihsrtmn, écrits d'un sInIc constamment très-soutenu :
Si vous me demandiez ce que fait Cléo|)àtre dans Hudugune, depuis qu'elle a quitté ses deux lils au second acte, jusqu'à ce qu'elle rejoigne Anlioolius au quatrième, je seruis bien empêché a vous le diie, et je ne crois pas être obligé a en rendre compte, /i'roi*. Disc.)
EMPUUTEMKNT, transp(»rt de pas.sion , e.xcès (pielcomiiie causé par une passiiui emportée :
Quittez avec le bal vos malheurs pour me suivre, Ou soudain à vos yeux je vais cesser de vi\re.
Meltrez-vous en ma mort votre contentement? ANGÉLiij.Non : mais que dira-t-on d'un tel empoviemeni ? [Lu l'I. liuy., m, 0.) Ces hauts emporiemenl'i, qu'un beau feu leur inspire, Doivent les élever, et non pas les détruire (lesgrandes actions). iOEd.,i, 1.)
Je voudrois que tous deux Fussent loin de ma vue au comble de leurs vœux, Que les emportements d'une ardeur mutuelle M'eussent débarrassé de son amaiil et d'elle. [Ibid., iv, 4.)
EMP0RTP:R, pour remporter :
Et ne voir point Floiame emporter à mes yeux
Le prix où prétendoit mon cœur ambitieux. (La Saiv., v, 1.)
Vous seule d'un coup d'œil emportâtes la gloire
D'en faire évanouir la plus douce mémoire. yOili-, ii, 2.)
Il combattoit Antoine avec tant de courage,
(Ju'il emportait déjà sur lui quelque avantage. (l'omp., v, 3.)
Que sert de disputer le passage de Loire?
Le sang sur la discorde emporte la victoire. [Iiiscrip. mises sous des estampes, u, La dérouti^ du pont de C.é.) J'appiends plus contre vous par mes désavantages Que les plus beaux succès qu'ailleuis j'aie emportes Ne m'ont encore appris par mes prospérités. [Sert., m, 2.)
<.( On emporte une place, dil le célèbfe coiiimentateui', ou remporte un a\antage, on a un succès, on n'emporte |)oinf un succès. C'est un bar])arisme. »
Il faudrait alors voir des l»ai'l)arisines dans toutes ces phrases du seizième et du di\-se|»tième siècle :
Cliascun y va pour voir qui maintenant
Du jeu de iluste emportera le prix. (Ci,. Mak.. Cliinii]i)ast., ;iu i;ard. deLorr.)
Il y aura bonne assemblée
S'elle n'ernpnrte la victoire. [Farce des cliambrières.)
Je dois seule le pris sur toutes emporter,
Soit pour l'entendement ou la ruse ou finesse. [L' enfer de la mère Curdine.) Quintus Titius s'en vint devers lui. après qu'il eut gagné la bataille de Cliéronée, lui annoncer que Troplionius lui faisoit savoir qu'il auroit dedans peu de temps une bataille au mesme lieu, dont il emporterait la victoire. (Amvot, Vies. Sylla.) — Les poètes, désirant d'emporter le prix destiné à celuy qui auroit le mieux rencontré, s'obligeoient d'escrire à l'appétit et au goust du peuple et des juges. (Fr. Ogikr, Préf. de Tyr et Sidaii de J. de Schelandre.) Quand le monstre infâme d'envie Jette les yeux dessus ta vie, Et te voit emporter le prix
Des grands cœurs et des beaux esprits. (Malh., Odes, a .M. de Belleg.) Arimant pouvoit seul se vaincre et se dompter; Son seul courage a pu cet tionneur emporter. (Iîichel., Miratne, iv, 2.)
Elle mourra... Mais, dieux!
Comment me dérober au peuple furieux?
EiM PORTER. 241
(lar, si de ce combat j'emporte la victoire,
Son sang pour la venger peut jaillir sur ma gloire.
(Cvhano, Mort d'Atjripp., u, I.)
Ils livrent des batailles et emportent de glorieuses \icloires, quelque autre en ramasse les fruits. [Le Polit. Iittht, poit. des ordou., etc., lijbi.) — Si ma défaite avoit esté grande, la victoire que \\mporlaij sur mes enviuuv fut beaucoup plus grande que ma défaite. (Dassoucy, Avauture^ d'Italie, c. m.) — II s'imaginoit qu'il emporterait facilement la gloire des armes contre un novice non encore bien étably. (Mkzeu.w, llist. de Fr., vi, Franc. I", 1515.) — Il faut que la force, la magnanimité, la prudence, et cent autres verlus soient le principe de ces victoires qu'on veut emporter sur les bommes. [Mascaiio.n, Or. fun. d'Anne d'Autr., ii.) — Il n'est pas possible à la lin que de telles extravagances, où l'impiété et l'absurdité combattent ensemble à qui emportera le dessus, n'ouvrent les yeux à nos frères. (Bo>s., llist. des variât., xiii,-21.) — Ne soyez donc pas surprise si, bien que votre àme soit la plus sensible, la mienne sait le mieux aimer ; et si, vous cédant en tant de choses, l'emporte au moins le prix de l'amour. (J.-J. Rouss., La i\ouv. Ucloïse, i, -'!.)
— KMI'OKTKU LK CHOIX DE »,>lF,l.nH'l N, It^ (li'Oidep |)ar llllf SOl'Ie
<le cuiilraiiile iiioralt' :
Et l'offre pour Olbon de lui donner ma voix
Soudain en ma faveur em/jorkra son choix. {Otii.. n, 1.)
Que votre seul mérite em/yoi<e te ^coh^ choix.
Sans que votre présence ail mendié de \oix. {l'ulch , i, .").)
— Cornoillt^ dit encore dans le même sens, empohtkk i.i: i'Hi:- MiKit iiam;, EMi'OFnr.ii i/appiiobation, rohlenif, avec une ('nergie i\t' sij^iiilicaliitn (\nn/it(.'nif n'a pas :
Ces grands lois qu'en tous lieux a suivi la victoire.
Lui voyant emporter, sur eux le premier ranij.
En de\iendroient jaloux, s'il nétoit pas leur sang. [indrovi., prol,)
Kn vérité, monsieur, ifuelque approbation nu ait emporiic notre nouvelle Jocasle, 'lie n'a point fait faire lanl de u/i.' ah! dans rinjlel de bourgogne que \olrc lettre dans mon cabinet, [ieil. (i rabbé de Pure, 12 mars lfî,')9.)
— Dans ce sens de décider, rnlraluor, ('.otiieillc a t'nidrc dil, • •Il parlant itn tft's-li(iii iVani'ais, nialiiii'' l'axis ('(iiiliaiii' di- \'<iltaifc :
Les favuurs du lyran enijoitint les promesses. [> inna, m, 1.)
Hn tmiivf fiicnrc i|nch|nrs rniplms pai-ticillit'f> de riiij)i,r(rr (laii> It' sens de icnipott» i, nldcnif :
IMiilippe. pour la grandeur de ses nn-rites, emporta, par la voix des doctes, le .-urnom d Auguste. (Paso.. Rech.. m, v9 '
— KMPoiit i;i(, laii-e ri'dfr. ati M-ns nialcficl :
J'en ai su de lui-même ogvrir la fausse porte :
Étant seule, et de nuit, le moindre effort remporte. ;La l'eiitr. m, 1.)
ir,
— EMPOKTEU, eiiiraîiier, au sens iiiora'. se laisseh emi'ohteh