‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du 17e siecle en général (volume 2)Chapitre 158 sur 253 · EVADER · texte numérisé non relu

EVADER

AMUSER, comme s'amuser :

Vous amusez tousjours à la pasture. [Farce de niurcliumlise.)

APPAUVRIR, comme s' appauvrir :

La difficulté n'est pas en cela ; elle est au moyen de remboursement , que je no cognoy point si asseuré et prompt que je le désirerois, eslans mes affaires en tel estât que je ne fay que appauvrir en acquérant. (LeU. miss, de Henri IV, 25 janvier 1590, t. iii, p. 125.)

ASSEMBLER, commc s'assembler :

Quant vint le mardy, environ cinq heures da vespre, commencèrent venir et assembler femmes, tant vielles comme jones, de toutes parts. [Les Évang. des Quen., éd. Jann., p. 31.)

ATTENDRIR , comme s'attendrir :

(Juand le roy de France vit leur grand humilité, le cueur luy aitendrii. ( Le Rom. de Jeh. de Paris.)

BAISSER , comme se baisser :

La porte du Plessis ne s'ouvroit qu'il ne fust huict heures du matin, ny ne baissoit le pont jusques à la dicte heure. (Commines, Cliron. du roy Loys XI.)

BRISER , comme se briser :

Tant va li poz au puis qu'il brise. (Gautier de Coinsi , de Monacho injlumine periclilalo, etc., cap. xx.iiiii.)

CONSUMER , comme se consumer :

Mais les méchants, dans la flamme éternelle, Où rien ne les peut secourir.

Brûlent sans co/wi<mer. (Racan, Ps., xxxiii.)

COURROUCER , commc se cowToucer :

Il se mW, k courroucer contre Duno. (Montluc, Comment., ii.) DÉPLACER , comme se déplacer :

Debout, que de ce lieu on ne desplace. [Farce nouv., ires-bonne et fort joyeuse, de Guillerme qui mangea les figues du curé.) Mais si ce vient que je passe aulcuns jours Sans rien apprendre en quelque lieu ou place, Incontinent il fauit que je desplace.

(E. DoLET, Second Enfer, Epist. i, à Franc. I''^.)

Ce verbe s'emploie encore neutral. dans la locution connue : sans déplacer.

DÉSACCOUTUMER DE, commc se désaccoutumer de:

Raison ne veult que je désaccoutume

De vous servir. (Villon, Grant Testam.. cxxix.)

EVADER. i85

KBATTUii , comme s'éfjatdx' :

Il alloil tousjours au nuUin vsbatrc au bois qui joincl à la foitresse. (Jeh. u'Aiilus, Mclusinc, éd. Jaim., p. 88.)

KCiiAiîi ricH , comme s'('rhon/ffr :

Tous les chevaux commencèrent à eschauffer et à demourer derrière. (Jeh. i)'AiiH.\s, Métusitie, p. 30.)

Éci.ii'Siiii, comii)e s'éclipse)' :

Cest une chose fort estrange que Je veoyr ie soleil esclip^ei a niydy. iFalsgr., Lesclatrc. de la luiig. Jriniç., p. 521.)

É.MOLvoiu , comme s'émouvoir :

Quant les anetles sentent la tempesie csmonvoir en l'air, el qu'elles voilent et crient sur l'eau, bien socvenlque pleuve aront sans tempeste. [f'v.de-i Qutn.,p.lÎ3.)

E.NDOii.Miu, comme. s'e/(f/o/'/////', se trouve dans le Vocabulaire latinfrançais du xiv siècle, publié par Escallier, au mot co.nsopiri. ÉvANOUiH, comme s'mmo^/;V .•

La chaleur fut si grande qu'il en esvanouil. {D'Aïu., Fœmsle, ni, 7.) C'est assez faict pour esvanomjr

Qu'estre tousjoursen ces aboys. [Farce de Colin qui louettdtupiie Dieu.) Ce sot mari, qui de prime face avoit pensé esvanoitir, (H. Estien.ne, Apol. pour llérod., c. 15.) — Elle estoit en grand danger d'eivanouir. (D'Urfk. Asirée. i,4.)

KACHKK, comme se fâcher :

Elle plaindra, elle/«sc/ie»u, Ue rechiner ne cessera. [Les Ténèbres de mariauc. quarte Leç.)

I \Mii.i \UISKU , comme se faniiliariser :

Gardant une humble et douce gravité, sans familiariser avec ceux qui Imir parleront. (S. Fka.nç. de Sal., Constit. pour tes Retig. de la Visii., xxiii.) — Qu'elle (la supérieure) ne familiarise pas en telle sorte avec It-s unes; que cela puisse servit de tentation d'envie aux autres. ^Id., ibid., xxix.)

rEKMKii, couimc se fermer, être fermé :

La porte alloit fermer. (D'Alii., Iliit. unir., iv, I. I" éd.)

iLKi'Hiu, coiiiiiK' se flétrir:

('.este fleur commence ajlaitnr. Palsuhave, Lesrlairr. de lu lanijur ir.. p. (351.) Mais par moi, mon humble lleurelle

Fleurira tousjours >iu)a jlétrir. J. de La Taille, le lilas. ik ta manj.) Cependant ipie la jeunesse Nous répand de sa richesse, Tousjours jrais nous llorissons; Mais soudain nousyJt'(rmo;j.ï, Assaillis de la vieillesse. (Oliv. de .Mai.nv. <>d., m, 1559.)

II s'agissoit, non d'une couronne qui flétrit sur la tt'te du vainqueur, mais de celte couronne immortelle.... (.MAscAtio.\. Or. Juti. de Tur., m.)

Page 1