‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du 17e siecle en général (volume 2)Chapitre 174 sur 253 · FEUILLETER. — FIERTE · texte numérisé non relu

FEUILLETER. — FIERTE

FEUILLETER le digeste , faire ses études de droit :

Vous avez feuilleté le Digeste à Poitiers,

Et vu, comme mon fils, les gens de ces quartiers. {Le Ment. , v, 1.)

FIDELE. Emploi remarquable et très-poétique au fig. :

Va, tu me veux en vain rappeler à la vie.

Ma haine est trop fidèle, et m'a trop bien servie. (RoJofj., v, 4.)

— PRÉSAGE FIDÈLE, présage auquel l'événement a fidèlement répondu :

0 d'un trouble inconnu présage trop fidèle! (Oih., v, 6 )

FIEF, fig. :

D'ailleurs, si par les biens on prise les personnes,

Le théâtre est un Jief doni les renies sont bonnes. [L'Ittus. corn., v, 5./

FIER, confier. Remarquable emploi au figuré :

Cher prince, dont je n'ose, en mes plus doux souhaits.

Fier encor le nom aux murs de ce palais. [Rodog., m. .S.)

Ciel, à qui voulez-vous désormais quejey^e

Les secrets de mon âme et le soin de ma vie? [('A)inu , iv 2.)

— SE FIER A SES 0REif,LEs, en ci'oire ses oreilles :

Sa résolution a si peu de pareilles

Qu'à peine je me fie encor à mes oreilles. [Le Cid, iv, 5.)

FIERTÉ. LA FIERTÉ d'un VOEU, pour signifier un vœu ambitieux :

La perte de Sylla n'est pas ce que je veux.

Rome attire encor moins la fierté de mes vœux. (Sert., iv, 2.)

— FIERTÉ, avec le pluriel :

Ah! si non plus que vous je n'ai point le cœur bas,

^os fiertés pour cela ne se ressemblent pas. {.itiila, m, 4.)

.... nos fiertés se ressemblent si bien. Que si la ressemblance est par où l'on s'entr'aime, J'ai lieu de vous aimer comme un autre moi-même. [Ibid.)

D'où naîlroit cet amour, quand je vois en tous lieux De plus Ai'^nes fiertés qui me ressemblent mieux? (Ibid.)

Cet emploi , très-fréquent au dix-septième siècle , se retrouve jusqu'à nos jours :

L'humilité corrigera vos jugements désavantageux et téméraires, vos railleries et vos médisances, vos vaines complaisances et \os fiertés. (Bourd., t'anég. de S. Franc, de Paule, i) — S'étudiant à ménager un mari jaloux ; soustenant chaque jour toutes les fieriez d'une humeur vaine et impérieuse, tous les caprices d'un esprit volage et bizarre, les emportements d'un naturel dur et farouche (Chemin.,

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