‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du 17e siecle en général (volume 2)Chapitre 175 sur 253 · FIGURER · texte numérisé non relu

FIGURER

Serm. aur le jiifjem. dern., il.)— Exoinpt dos mortificalions de l'ohôissance ot des /iirié.1 du commandement par le sentiment de son immortalité, il porte une -Xaii: égale par tout. (Abdadie, Art de se conii., ii, G.)

Car son cœur, qui de jour en jour

Sembloit ne respirer que haine,

En secret soupiroit d'amour.

De lèisesjiertés implacables. (IIamilt., Le Ttélkr. 1.'

No voyant plus de létes couronnées, elle fut obligée d'épouser le duc de Neu-

bourg ; mais elle le traita avec t\es fiertés inconcevables. (REGNAno, Voua ;e d'Allem.

— Je ne reçois de vous que des mépris et des fiertés pour récompense de mon

amour. (M°"= de Villed., Mém. du Sérail, v.)

Do même, chez des tîcrivaiiis contemporains do diverst; valeur :

C'était une des fiertés du peuple romain de détester, de mépriser, d'humilier les rois. (Champagny, Les Césars, Cali^'., §viii, 1.) — 11 cherche a copier quelquesunes des fiertés simples et grandes de M. Guizot, et ce n'est qu'un surcroît d'enflure. (L. Vel'illot, J/d/., 12 janv. 1849.)

Et pour quelques dessins que vantaient mes convives, Je suis peintre, disais-je, en mes fiertés naïves.

(Po.NSABD, L'Honneur et l'argent, iv, 6 )

FIGURER, suivi d'un adjectif, reprôsenter comme :

L'impétueusb ardeur d'un courage sensible

A vos ressentiments ^j/«re tout possible. ; Méd., i, 5.'

On dit d'une manière analogue, figurer quelqu'un, le représenter, le peindre :

La vaniére me parut fort jolie, et avec plus d'embonpoint qu'un ne me Vavoii figurée. (.Maucu., Méni., ch. xx,2» fasc.)— Les iiommcs, lefiijuriua toujours à leur mode, en ont fait tantôt un profond génie, taiilùt un petit charlatan. ,J.-J. Houss , Kousstiiu juije de J.-J-, 2' dial.)

— FiGiUK, participe passt', rcpn'Sfiitô :

Mais pourrois-je vous dire à quelle impatience,

A quels frémissements, à quelle violence,

Ces indignes trépas, quoifjuc n\d\ figurés,

Ont porté les esprits de tous nos lunjurés .' ^Cinnu, i, 3.

— SE FIGLHKR, 011 parlant de nuits, de di>C(»uis. sf pri-scnler

;\ l'osprit do.s autres, se laisser voir sous loi ou tel aspect :

Nous ne pouvons souffrir qu'ils (les héros) meurent en repos

Cependant cet exil, ces retraites paisibles,

Cet unique souhait d'y terminer leurs jours,

Sont des mots bien choisis à remplir leurs discours

Ils ont toujours leur grâce, ils sont toujours plausibles,

Mais ils nu sont pas vrais toujours, Et souvent des périls, ou cachés, ou visibles. Forcent notre prudence h nous mieux assun-r

Ou'ils ne veulent se A;/ '"■''■• (^gàs., m, J.)

Cette phrase est oliscure, et cet emploi singulier.

■S\'-2 FILS. — FliMSSEMENT.

FILS. BKAU FILS, dans le sens déjeune homme élégant, modilié

par un adverbe :

Autrefois en mon temps D'aussi beaux fils que vous étoient assez contents, Et cioyoient de leur peine avoir trop de salaire, Quand je quittois un peu mon dédain ordinaire. {Mcl.^ ^. '?•)

FliN, sul>st. AUX FINS DE, cn termes de droit:

Élisant, aux fins de la présente opposition, son domicile en la maison et personne de maître Charles Ycard, avocat au privé conseil de Sa Majesté. [A M' Ch. Ycurd, avocat au prive conseil de S. M.)

FINANCER, V. act., verser de l'argent :

Il vous supplie de considérer que ledit office fait la moitié du sien qui est d'ancienne création, et, à ces causes, d'être reçu à l'offre du fait de rembourser ledit Hajs (le ce qu'il aura financé en vos cojjres, [Au roi el à nos seij. de son conseil.)

FINIR, mettre fin à, avec un nom de chose pour sujet :

La paix finit la haine. [Uod., i, 6.)

Cette expression a déplu au commentateur de Corneille : « La haine finit, on ne la finit pas, >/ dit-il. L'observation paraît un peu subtile. La paix met fin aux haines, ne présente-t-il pas une idée juste et claire, et le vers de Corneille dit-il autre chose?

On trouve encore chez notre poëte :

Et ce soir destiné pour la cérémonie

Fera voir pleinement si ma haine est finie. [Rod., iv, 1.)

Racine a dit finir sa haine, pour signifier mettre fin à sa propre hahie :

Malgré lui-même enfln je l'ai cru magnanime.

Ah ! s'il l'étoit assez pour nous laisser du moins

Au tombeau qu'à ta cendre ont élevé mes soins,

Et que, fiiiissaîit là sa haine et nos miséies,

Il ne séparât point des dépouilles si chères! [Androm., m, 6.)

Corneille a encore dit /î/uV une crainte, pour signifier mettre fin à une crainte ;

Je vous rends Aristie, el finis cette crainte

Dont votre âme tantôt se monlroil trop atteinte. {Sert., v, 6.)

— AVANT CE JOUR FINI, avant la fin de ce jour :

Et l'on verra peut-être avant ce jour fini

Ma passion vengée et votre orgueil puni. (Mèd., ii, 3.)

FINISSEMENT, extrémité, en parlant de décorations :

Les frises, les festons, les corniches et les chapiteaux sont pareillement d'or,

FLAMBEAU. — KLÉCIIIR. {13

et portent pourynii.ï.veme);( des vases de poirelaine, d'où sortent de gros lMjU(iiiel-( de fleurs au naturel. {La Tois. d'or, décor, du 1" acte.)

FLAMBEAU. Emplois fclataiits au figuré :

Meurs, mais quille du moins la vie avec éclat,

Éieim-eti le ftambean dam h' siing de l'imirtit. [(.imiu, iv. '2.)

De mes jours presque fieiuls rallumez le tlnnibean,

Chassez la moil qui les menace. [l-c i\lv)ii., m, 2.)

Ce mot, qui a été souvent employé au ligure en parlant <riiynien, fournit k Cornoillr une de ses plus originales et de ses [tins ])om]>enses images :

Il faut bien (jue je j)leure.

Mon uisensilde amanl oidoniie que je meure, Kl quand l'hijmen jtuur nous ulliuin- sou lUnubeuu, Il l'étciiii de sa main, pour ni'ouvrir le loniLt-au. (Hor., ji, 5.)

FLAMME, au plur., les feux de l'amour :

Et souvent sans raison les objets du nos Jhitnmes

Frappent nos vœux ensemble et saisissent nos âmes \hd., ii, 5.)

Je suis ravi de voir qu'au milieu de vos jlannues

De si dignes respects régnent dessus vos âmes. Andrum., iv, C.)

Làcbe, tu viens ici braser encor des femmes,

Vanter insolemment les détestables y/omme». {Sert., v, 3.)

Ollion n'a jias pour elle éteint toutes ses flammes.

Il sait comme au\ maris on arrache les femmes. {Otit., ii, 4.)

Dites qu'il nous apprend à renfermer nos flumines. ^-tiiis., iv, 2.)

...L'ardeur de Clarisse est é^ale à \us fliiitiitcs. [Le Mcni., m, 2.)

Ki {'.V. ni(»t an plniiri, dil \'uUaicc, clait alor.s m usage; et en t-IVet potiiwpioi ne pas dire à vtt^ llaininrs, ans>i liifii (pià vus t'ctix. à Vds ainuufs? »

FL.VNC. souTiu d'ln même i i,.\.m., avnif la inrnir ini-ic :

On \uus a \u.s tous deux svriii d'un même flanc ;

Ayez mêmes honneurs ainsi <(ue même sang. [Ttte ei lier., i, 2.)

FLÉCHIR, V. act., an lig. Ki.Kr.iiiu oiEi.gLK ciiosi; ni-: so.n ni Ml i II, l'aire llétiiir en (pn-hjue chose son humeur:

A-i-ellc rien fléchi de son humeur allicre?

.\-l-elle pu descendre a la inoindri )>ricre? (.W«f(/., ii, 3.)

— 11 i.riiiii \ un snl>s(.\ dans le sens de rcmirt' ravdiaMc à, en ddinplant la résistance :

Kt. puisque de ses lois je ne puis m'alTranchir,

Faites qu'à mes désirs je la puisse jlicUir. ICinna ni, 3.)

314 FLEUU. — FONDEMENT.

FLEUR, tig. SURPRENDRE UNE FLEUR, pouv signifier ravir par surprise la virginité :

Ce n'est qu'un faux appât, et, sous cette couleur,

11 ne veut cependant que surprendre une jleiir. [La Suiv., m, 6, l" éd.)

— FLEUR, élite:

Je ne me repens point d'avoir par mon adresse

Sauvé le sang des dieux et \sl fleur de la Grèce. [Mécl., n, 2.)

FLOTTANT, fig. soucis flottants , inquiétudes qui font flotter l'esprit :

Que de soucis floitants ! que de confus nuages

Présentent à mes yeux d'inconstantes images! (Pol., m, 1.)

Page 1