‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du 17e siecle en général (volume 2)Chapitre 185 sur 253 · FUITE. — FUNERAILLES · texte numérisé non relu

FUITE. — FUNERAILLES

FUITE. A LA FUITE, comme on dit à la course, se sauver a LA fuite :

N'as-tu point ici vu deux cavaliers aux coups? PYMANTE.Non, monsieur.

hYSAROUE. Ou l'un d'eux se sauver à la fuite? (Ctit., ii, 2.)

Et, d'un autre côté me jetant à la fuite,

Divertir de vos pas leur plus chaude poursuite. [la PI. Roy., iv, 6.)

Car il vaut beaucoup mieux se sauver à la fuiite,

Que d'attendre la mort qu'on peut bien éviter, (D'Urfé, Astrée, i, 4.)

En un moment tout ce grand amas de forces se dissipa, chacun d'eux se sauva

à la fuite. (Mézer., Hisi. de Fr. av. Cloiis, m, 7.) — Ils se sauvèrent à la fuite,

Martin dans la ville de Laon, et Pépin bien avant dans l'Auslrasie. (Id., Abr. de

l'Hist. de Fr., ann. 681.)

FUMANT, fig. FUMANT DE couKROux , bouiUomiant de courroux :

0 liberté de Rome ! ô mânes de mon père I

J'ai fait de mon côté tout ce que j'ai pu faire :

Contre votre tyran j'ai ligué ses amis,

Et plus osé pour vous qu'il ne m'étoit permis.

Si l'effet a manqué, ma gloire n'est pas moindre:

N'ayant pu vous venger, je vous irai rejoindre,

Mais si fumante encor d'un généreux courroux,

Par un trépas si noble et si digne de vous,

Qu'il vous fera sur l'heure aisément reçonnoître

Le sang des grands héros dont vous m'avez fait naître. (Ciu., iv, 4.)

FUMEE, fig. nobles fumées, en parlant de la renommée :

Je voudrois seulement vous faire souvenir

Que j'ai près de trente ans commandé nos armées,

Sans avoir amassé que ces nobles fumées

Qui gardent les noms de finir. (Agés., m, 1.)

FUNÉRAILLES, pour exprimer des morts :

Je l'ai vu tout sanglant, au milieu des batailles,

Se faire un beau rempart de miile funérailles. [Le CAd., i, 6, !'•= éd.)

Avec Scudéry , l'Académie condamnait cette expression hardie :

« Se faire un beau rempart de mille funérailles. »

« L'observateur a bien repris cet endroit, car le mot funérailles ne signifie point des corps morts, a

A quoi Voltaire réplique justement :

« Funérailles alors signifiait /«>/«s, et n'était pas uniquement attaché à l'idée d'enterrement, v

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