‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du 17e siecle en général (volume 2)Chapitre 187 sur 253 · GAGNER. — GAILLARD · texte numérisé non relu

GAGNER. — GAILLARD

GAGNER, fig. GAGNER DES COMBATS, coiiime l'on dit gagner des

batailles :

Gafjnerail des combats, e!c. [Le Cid, i, 4, v. 54, V^ éd.)

L'Académie avait fait cette observation à propos de la critique de Scudéry qu'elle confirmait :

« L'observaieur a repris cette façon de parler avec quelque fondement, parce qu'on ne saurait dire qu'improprement : gagner des combats. »

Voltaire, avec raison, s'inscrit en faux contre cette décision :

« Si on gagne des batailles, pounjuoi ne gagnerail-on pas des combats? »

Cependant Corneille , dans les éditions postérieures à la première, a sacrifié l'expression gagner des combats, et a mis :

Le prince à mes côtés feroit dans les combats L'essai de son courage à l'ombre de mon bras !

— GAGNER, obtenir à force de peine :

Et soudain sa colère a trahi son amour,

Avec tant de transport et tant d'impatience,

Que je n'ai pu fjatjner un moment d'audience. (Le CuL v, 6.)

— GAGNER SUR.... QUE, suivi d'un futur :

Il vient de me quitter assez triste et confus;

JLiis j'ai (jafjné sur lui qu'il ne me verra plus. [Pol., ii, 4.)

— GAGNER, avec un nom de chose pour sujet, et un nom de personne pour régime indirect, faire obtenir:

Il faut envoyer par avance

Tes bonnes œuvres devant toi,

Qui de ton juge et de ton roi

Puissent te yuyner la clémence. {Iniii., i, 23, éd. 1652.)

— LE GAGNER CONTRE QUELQU'UN, avoir l'avautage sur quelqu'un :

Ne pouvant le {i(i<jner contre loi de paroles,

.l'opposerai l'etfet à les raisons frivoles. [Clit., v,3, l'"éd.jusq. 1644 incl.)

GAILLARD, avoir l'esprit gaillard, avoir l'esprit vif et gai :

Cette fille est jolie, elle « l'esprit (jaillard. (Suite du Ment., i, 3.)

r.AÎLLARDISIv — CAIlDIv 331

GAILLARDISE, avec h- plurifl, pour sij^iiilicr traits d'esprit, licences (riniayiiKiti(jii, au\(iuels on s'al)aii(lt)iiiu; en se jouant :

Pour réparer des offenses si sensibles, vous croyez faire assez de m'exiiorler a vous répondre sans outrages, pour nous repentir après tous deux de nos folies, et de me mander impérieusement que, malgré nos tjaillaidisi.s passées, jo sois encore votre ami, atin que vous soyez encore le mien. [fMl. apolog.)

riorneille, dans cette lettre, emploie deux fois gaillardise dans la même signification; elle se trouve avant notre auteur, ainsi, <lans cette phrase de Montaigne :

C'est la fjaillnrdise de l'imagination qui élève et enfle paroles. [Ess., m, 5.)

/m gaillardise de Vimagination , c'est-à-dire les excès auxquels l'imagination se fait un jeu de s'abandonner.

GALANTERIE, .woir de la g.vl.\.\'terie, en parlant d'une chose, être gentil, coquet :

Que ce bout de ruban a de galanterie !

Je le veux dérober. [Suite du Ment., ii, 6.)

(lALANTISER, act., flatter d'une manière galante, dire des -galanteries à quehiu'un :

Ne me contez point tant que mon visage est beau,

Ces discours n'ont pour moi rien du tout de nouveau

Je le sais bien sans vous; et j'ai cet avantage,

Quelques perfections qui soient sur mon visage,

Que je suis la première à m'en apercevoir.

Piiur me ijalantiier il ne faut qu'un miroir,

l'y vois en un moment loiit ce ijne vous me dites.

[La Gai. du l'ai., n, 1, 1"' édit. jusqu'à Itj.'jl inclus.

Dans les t'ditions postérieures, Corneille changea de celte

-i»rte :

Pour me les bien apprendre il ne f.iui qii un miroir, J'y vois en un moment tout ce que vous me dites.

(lAR.WT. n'èiih: i-i.i s i.mixm i>i ihi.n , n'avnjr plus à w- |>(tiidre de rien, n'être respon>ahU' dt; rien ;

Madame, vous voyez, je ne puis davantage.

Kt qui fait ce qu'il peut n'est plut ijuiant de rien. {Aijéz., IV, 3.;

(^lARDE. dans le sens de sentinelle, i mue hmiim;, faire sentinelle :

Est-re pour moi, seigneur, qu'on lait ijardc à vos portes? Sur., iv, 3.) — METTHE (i.MUM. , poser des gardes :

Cependant par mon ordre on a mis garde aux portes. {Sur., v, 1.)

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