‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du 17e siecle en général (volume 2)Chapitre 191 sur 253 · GENS. — GENSDARMES · texte numérisé non relu

GENS. — GENSDARMES

dti Catit., II. ) — Puis, arrivés qu'ils sont au logis du Sage, et sacrifié qu'ils ont au Soleil, ils entrent dans la chambre où le génf'reux les attend sur un lit de parade. (Cyrano, Voyage dans la Lune.)

Ce mot s'employait de la même manière au fémiiiin. Saint- Amant a composé une idylle héroïque intitulée la Généreuse.

Généreux n'est plus usité substantiv. et fam. que dans cette locution : faire le généreux ^ se montrer magnanime ou libéral, plutôt par ostentation que pour obéir à un mouvement naturel de générosité.

Des écrivains de talent devraient savoir, au besoin, reprendre de pareilles expressions. Le dernier éditeur de Corneille, M. J. Taschereau, a très-bien relevé le mérite de celle-ci. Après avoir remarqué, dans une note sur Clitandre, l'affection qu'avait Corneille à allier deux adjectifs dont l'un sert d'épithète, et parfois forme une antithèse très-prononcée, il ajoute :

« On trouvera dans Horace, (a. i, s. 2,) : Cruels généreux, et dans Héraclim ia. IV, s. 8) : Perfide généreux. Voltaire a dit à ce sujet : « Une nuée de critiques « s'est élevée contre Lamotte pour avoir affecté de joindre ainsi des épilhétes qui 0 semblent incompatibles. On ne s'avise pas de reprendre le perfide généreux de « Corneille... J'avoue que je ne sais si perfide généreux est un défaut ou non ; « mais je ne voudrais pas employer cette expression. » Si c'est pour l'alliance des deux épithètes, Voltaire oubliait qu'il avait dit lui-même dans la Henriade :

L'amitié que les rois, ces illuscres ingrats, Ont souvent le malheur de ne connaître pas.

Si c'est pour l'incohérence apparente des deux idées que l'on attache aux mots perfide et généreux, nous préférons de beaucoup à l'opinion de Voltaire celle de Boileau qui, lui, n'a pas craint de dire : Uâiez-vous lentement. »

GENS. DEUX GENS, comme on dit deux persoimes :

M'étant proposé d'y peindre un amour réciproque, qui parût dans les entretiens de deux personnes qui ne parlent point d'amour ensemble , et de mettre des compliments d'amour suivis entre deux gens qui n'en ont point l'un pour l'autre, et qui sont toutefois obligés par des considérations particulières de s'en rendre des témoignages mutuels. (Exani. de ta Veuve.)

GENSDARMES, cavaliers armés, soldats :

De Médée en courroux dissipez donc les charmes.

Combattez ce dragon, ces taureaux, ces gensdarmes. (La Tais, d'or, i, -2.)

Je l'ai seule assoupi, seule j'ai par mes charmes

Mis au joug les taureaux, et défait les gensdarmes. [Méd., ii, 2.)

Et que les Cretois gendarmes

S'enlrechoquans de leurs armes,

En dansant fissent un son

Parmy l'antre solitaire,

Pour engarder que le père

N'entr'ouist son enfançon. (Rons., Odes, m, 2.)

GENTILLKSSi:. — (iLACE. :{:J7

(lENÏILLESSE. la GENTiLi,i:.ssr. d'un présent, la iiiaiiitit; afi:i"éal»lo et (i(''licate avec la(|iiclli' on h; lait ;

L'amour csl libéral, mais c'usl avec adresse,

Le prit de ses présents est en leur getuillesse. (Suite du Meni., ii, :i.)

riERMAIN , fii're, proche parent :

Les gens de Cornolie, entre qui vos Romains

Ont déjà reconnu des frères, des ye»m«mv. [l'omp., iv, 1.)

£t puis, qu'après cela je flatte l'inhumain

Qui ne vient que d'ôter la vie ix mon germain'. (TnisT., Marimmie, ii, 1.)

On disait de même germaine pour sœur :

Je conceu lors, despito, une humeur envieuse Qui me rendoit desja ma (jennai)ie odieuse.

(SciiEL., Tyr et Sid , ■>■ journ., i, 1.) Corneille, que ta verve a des charmes puissans! Ses yeux remplis d'amour, ses discours innocens. Joints à sa majesté plus divine (ju'luimaine, Paroissent au théâtre avec tant de splendeur Que Mélite, admirant cette belle germaine. Confesse qu'elle doit hommage à sa grandeur.

(GuKiiENTE, à M. Curn. \iir v(j Clarice.)

(iEKMER, faire germer :

Ton sang, en quelques lieux que sa fougue t'empuile, Laisse empreinte à longs traits la gloire de ton nom ; Et c'est une semence illustre, vive et forte. Qui de nouveaux martyrs germe une ample moisson.

[Vers, des Hijinn. de S. Vietor.)

Emploi excellent, ancien, et continu»! jus(|u'à nus jours, mal^rt' l'umission des dictionnaires. C'est une imitation du i/rmiiiinrr latiti.

Le mois de mai germe les fruits, les noue et les grossit. (Cyiia.no, Ltti. div , pour l'été.)

L'homme, enfanl et fruit de la leire.

Ouvre les flancs de celte mère

Qui germe les fruits et les fleurs. Lamaut., Juctl-, W ep.^

Que l'argile fertilisée

Germe des hommes et des fleurs. (Id., ibid.)

il interdira aux coteaux du .Midi de germir l'olive et la vigne pour les hommes du Nord. (Id.. Disc. prou, à Muneille, 11 aui'it lS-11.)

La tombe germe l'espérance. (L. Veuill., l'a et Là, l'»od., iv, xvii.

(.1L.\CE, ti|^'., pour signilicr indilVérencc j^dacée, insensibilitt' à l'amour d'un lioinmt-, air glacial :

Quand tu ne pourras plus le priver de la voir, C'est alors que je veux t'en ôter le pou\oir,

[La Suiv., 1,

{Ibid., IV,

La PI. Roy., ni.

{Sert., m,

[Hor., I,

[Allés., 1,

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