‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du 17e siecle en général (volume 2)Chapitre 192 sur 253 · GLAÇON. — GLISSADE · texte numérisé non relu

GLAÇON. — GLISSADE

Et j'attends de pied ferme à reprendre ma place Qu'il ne soit plus en toi de retrouver la, glace. Le hruit vole déjà qu'elle est pour toi sans glace. Ce soir j'ai bien la mine, en dépit de ta glace, D'en trouver là cinquante à qui donner ta place.

Et je verrai toujours votre cœur plein de ylace, Mon tyran impuni, ma rivale en ma place. 11 me parla d'amour sans me donner d'ennui, Je ne m'aperçus pas que je parlois à lui, Je ne lui pus montrer de mépris ni de glace. Elpinice pour moi montre une telle glace, Que je me tiendrois sûr de son consentement.

— De même avec le plur. :

Clarimond cependant, pour /ojidre tant de glaces,

Tâche par tous moyens d'avoir mes bonnes grâces. [La Siiiv., ni, 6.)

— LA GLACE DES ANS, pour Ics glaces de l'âge :

C'est tout ce que des ans me peut souffrir la glace.

(Au roi, sur son retour de Flandre.)

— UN CORPS TOUT DE GLACE, poui" désigner un vieillard dont le sang est glacé par les années :

Et toi, de mes exploits glorieux instrument,

Mais d'uH corps tout de glace inutile ornement.

Fer, jadis tant à craindre, et qui dans cette offense

M'as servi de parade et non pas de défense. [Le Cid, i, 4.)

Corneille dit encore, par la plus poétique image de mots :

Je vous ai vu combattre et commander sous moi,

Quand l'âge dans mes nerfs a fuit couler sa glace [Le (td, i, 3.)

GLAÇON, fig., la glace d'un cœur insensible :

Dissipe mes glaçons par cette lieuieuse flamme

Qu'allume ton amour. [Imit., iv, 16.)

— DES GLAÇONS, dcs cœurs froids comme la glace :

Écoute, j'en ai vu de toutes les façons.

J'en ai vu qui sembloient n'être que des glaçons.

Dont le feu retenu par une adroite feinte

S'allumoit d'autant plus qu'il souffroit de contrainte. {I\lél.. m, 2.)

GLISSADE, fig., faux pas, au sens moral :

Rodrigue suit ici son devoir sans rien relâcher de sa passion. Chiméne fait la même chose à son tour, sans laisser ébranler son dessein par la douleur où elle se voit abîmée ; et si la présence de son amant lui l'ail faire quelque faux pas, c'est une glhsade dont elle se relève à l'heure même. [Exam. du Cul.)

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