HELAS. — HEUR
leur, l'emporter d'une manière haute, ou de haute lutte, à force d'audace et de résolution :
Il emporta l'affaire d'une hauteur extraordinaire : el en quelque état qu'il ait été, il a toujours soutenu un air de grandeur qui faisoit assez comprendre qu'il n'étoit pas né pour des affaires ordinaires. (M"^ de Montp., Mém., ann. 1660.) — Les triljuns tentèrent iVemporter l'affaire de hauteur. (Vehtût, Ui'vol- rom., iv.) — 1! prépara par ses lettres les esprits du palais à voir un ambassadeur fier, brusque, impétueux, voulant tout emporter de hauteur. (Pelliss., Hisi. de Louis XIY, 1662.)
Prenche une affaire de hauteur, la prendre sur un ton haut et lier :
11 avoit eu quelque démêlé avec notre ambassadeur d'Angleterre, et le roi avait pris l'affaire d'une grande hauteur. (M"^ de Montp., lHérn., ann., 1669.)— Ils avoient eu mille démêlés ensemble, et M. de Lauzun prenait toujours les affaires d'une grande hauteur. (Id., ibid., ann. 1674.)
HÉLAS, employé substantiv. de feints hélas, des gémissements feints :
Traîtres, ces Jeinis hélas ne sauroientm'abuser. {La Veuve, iv, y.)
HÉRITER DE, conjugué avec l'auxiliaire è^re. ètue héhitéde, avec un nom de chose pour sujet, être reçu en héritage de :
Mais disposer d'un sang que j'ai reçu sans tache!
Avant que le souiller il faut qu'on me l'arrache :
J'en dois compte aux aïeux dont il est hérité,
A toute leur famille, à la postérité. (D. Sanc, m, -1.)
Amor de feme bien le sai,
N'est pas a tous jors hérité
Tost ont lor corages mués
Et sont plus legieres que jai.
(l'oës.Jr. ms.av. 1:300, t. 4, p. 1482, cité par S'"-Paiaye.)
HEUR, bonheur. Cette signification est trop connue pour (jue nous nous y arrêtions. Nous ne relèverons dans Corneille que les deux emplois qui suivent :
— AVOIR TANT d'heur QUE DE, suivi d'uu infinitif, avtiir tant de bonheur que de, être assez heureux pour :
Peut-être un mauvais pas, une branche, une pierre,
Fit verser leur carrosse, et les jeta par terre,
Et Philippe eut tant d'heur que de les rencontrer
Comme eux et ta maîtresse étoient près d'y rentrer. {La Veuve, iv, 7.)
— MON HEUR, terme de caresse adressé à une femme, pour signifier, toi qui fais tout mon bonheur :
Simple, pour le punir, lu te punis toi-même, Ce dessein mal conçu te venge à tes dépens. Déjà (n'est-il pas vrai, mou heur), tu t'en repens?
[Clit., V, 3, 1"' éd. jusqu'à 1644 inclus.)
IIKIKK — IHiNNKTK. ;^49
... Ali! mou heur, jamais je nobliendrois sur moi
De pardonner ce crime à tout autre qu'à toi. (C//7. , v, :f, dern. éd.)
Ah! mon heur, il est vrai, si les désirs secondent
Cet amour qui paroîl et brille dans tes yeux,
Je n'ai rien désormais à demander aux dieux. {Mél., v, 1.)
IIEL'KK. TOUT A 1,'hf.liu:, sur riicurc iiirint', à l'instant iiK-'iiif, en un instant :
Oui, mais les feux qu'il jette en sortant de prison
Auroient en un moment embrasé la maison,
Dévoré tout à l'heure ardoises et gouttières.
Faîtes, lattes, chevrons, montants, courbes, tilieres. (/.'i7/«4'. torn., iii,4.)
Il (l'hymen) représente ce portrait (de la reine) aux yeux de la Discorde et de
l'Envie, qui trébuchent aussitôt aux Enfers, et ensuite il le présente aux chaînes,
qui tiennent la Paix jjrisonniére, lesquelles tombent, et se brisent tout à l'heure.
{La Tois. d'or, Prol., se n .)
Cette signification s'est consei'vée longtemps après (Jorneillf :
J'approuve ce conseil, s'écria le licencié; c'est le ciel, Gonzalez, qui vient de te l'inspirer, et je le veux suivre tout a l'heure. (Lk Sage, Esiiv. de Gonz., i, 0. )
Tout à l'/teure s'emploie encore dans quelques provinces, particulièrement en Touraine, pour signilier à l'instant môme, maintenant, dans ce moment.
— ol'a hon.ne heuhe! qu'heureusement!
Qu'à bonne heure défait d'un masque et d'une épée
J'ai leur crédulité sous ces habits trompée ! {Clii., ii, 3.)
A la ùotiite /lettre s est dit assez t'ré(|uemment pour /leurciiscnitmt :
Croissez donc, " heureuse enfant, croissez à lu Iwmic heure; que le ciel propice puisse faire tomber sur votre léte innocente les plus douces de ses influences ! (Boss., ;}' senn. pour la Natif., n.)
On a dit dans \r nirnif sens, m hottiip heure :
Il se printà rire, et leur du qu'ilz s'en allassent tu bonne heure sans a\(iir peur. (Amvot, Vies, Sylla.)
— s'il. F.ST UEi iiK i>E, suivi d uii inliintit, ■.il est rijcaro dt-, le nioninit de :
Voyez ce qu'en ces lieux il venoil demander.
S'il est heure si tard de faiie une visite Suite du Meut., iv, 1.)
Ili >NM'.T1!. liunuiMlilf, ul(irirn\. tniinnf lr /iijiir.<tti.< latin, de /iiinor •
Cherchons aux yeux d Ollmn un trépas a leur tête, l'our lui plus odieux, et pour nous plus Iwnnâie. {Oih,, v, i.
La retraite est au-isi pi-n .sûre i\u'honniUe pour les Français. (Fellis., liitt. de Louis M y. I -?.