‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du 17e siecle en général (volume 2)Chapitre 242 sur 253 · INTERET · texte numérisé non relu

INTERET

Penser eu vous jamais ne cesseray Jusques au jour que vous verray en face.

(R. DE Coller., Épist., ix, à cert. dames.)

Lors commença à penser en la beaulté de la dame. (J. D'Arras, Mélus., p. 18.) — Ah, ma tréschieie dame, je ne pense en nul cas deshoneste. (Id., ibid., p. 19.)

Au moins un jour pense en ma loyauté;

Ingrate alors (peut-estre) te diras. (Cl. Marot, Clians., xxix.)

Qui la nuit sans dormir sera,

Mais en ses amours pensera. (Id., Adieux aux dames de la cour, 1537.)

Car il n'est jour qu'cK vous autres ne pense.

(Id., lîpislre pour un (jenlilhom. de la cour.)

Tousjours il me ramentevoit

Qu'il pensoit en moy jours et nuitz. {Le Débat de deux demois.)

Dieu ne me soit jamais aydant, si je pensaij de ma vie en ce, de quoy vous me blasmez et accusez. (Herberay des Essarts, Amadis des Gaules, u, 17, st. 67, r".) — La royne, qui venoit k considérer les belles manières de faire et la bonne grâce de Constantin , en devint si fort amoureuse , que jour et nuict elle ne pensait jamais qu'en luy. (Lariv., Focét. nuicis de Strap., iv, 1. ) — [Je pense en la peine où lors estoit Charles. (Lariv., Le Morfondu, i, 2.)

Je n'ay point d'yeux que pour voir ma rebelle,

Ny de désirs que pour la désirer.

Ny de soupirs que pour la soupirer,

Ny de pensers que i^out penser en elle. (Guy de Tours, Sonn.)

Dis-lui toujours que je pense en elle, En sa douceur, en sa beauté plus belle Que ce printemps, ces roses et ces lys.

(J. DE La Taille, Sonn., Dou\ Rossignol, etc.)

Je me sens toute possédée de vous et m'oublie moy-niesme pour ne penser qu'en vous. (Fr. d'Amb., Les Neapol., ii, 8.)

Bref, il ne pense en autre chose. (Belleau, La Reconnue, ii, 2.)

Un autre va conter ce qu'il avoit ouy respondre à une fille, qui ne pensait pas en mal, à un escholier qui... (Bouch., Serées, m.) — Moy, respondis-je, vous estes une mocqueuse de dire que je fasse du mal à une personne en qui mesme je ne pense pas, (D'Urfé, Asirée , i, 6.) — Il n'y a rien qui soulage plus celuy qui aime bien que de penser en la personne aimée. (Id., ibid-, i, 11.)

Quelle présomption de croire que les dieux,

Qui là-haut sont ravis en la gloire des cieux,

Daignent penser en nous, qui ne sommes que terre ! (Racan, Ber(j., v, 2.)

Je vivray trop content au cachot le plus sombre,

Si parfois seulement je vois passer votre ombre.

Si je suis par un mot certain de votre foi.

Et si je puis penser que vous pcHiez en moi. (Richelieu, Mir., m, .5.)

ACASTE. Il avoit le cœur grand, mais encor plus d'audace.

M1RAME. Contre ses ennemis ce défaut a sa grâce.

acaste. Et contre ses amis, puisqu'il pensoit en vous.

MiRAME. Ce grand cœur se sentoit, lovsqn'W pensait en nous. (Id., ibid., iv, 2.)

Je l'assuray qu'on penscroit en luy, pour le placer en quelque lieu. (Id., Lelt., au card. de La Valette, 16 oct. 1636.)— Le seul moyen que j'aye pour me garentir de vous, est de ne point penser en vous. (Voit., Leit. amour., xxxiv.)

IMIUnl'E. 39i

soMiKU i:.\ , [)()ni' .>;o/;^('/' // .-

On (lit que les .ivaritioiix et .naiilieiises f.nt aiissj' ceste liumenr de soiitjer fort à leur mort en leurs trésors (l'esciis, les ayant tousjonrsen hibouohe. ;I5iiant. , Dames gai-, 8" liiscj

Et je m'estonn" fort pourquoy

La mort osa songer ù moy,

Oui ne somjemj jamais en elle. (Régnier, Èphaphe.)

C'est, je vous jure, tout ce que l'on peut faire avec eux que de aouijer deux ou trois fois le jour en la meilleure de ses amies. (Voit., t.ell., cxxviii.) — Si je ne somje pas souvent en vous, c'est de si bon cœur quand cela m'arrive, et avec tels sentiments, que je suisasseuré que vous en seriez satisfaite. (Id., ibid.) — Dans cet espace de temps je souijemj, je vous l'avoué, trois ou (jualie fois en mademoiselle *" ; le reste je l'employay à penser tn madame vostre mère et en vous. (Id., iOid., cxxix, Lyon, 16G1.)

I{i('ii M'('lail si tV(M|ii('iU <i'ie de ft'ia|>hi('er à par en. Ainsi l'un disait cticure :

IL NE TIENT qu'en, pour il ne tient qu'à :

Ce soir vous parlerez avec -Marie, ou il ne tiendra qu'en vous. 'L.\niv., Le Laq.. ii,3.) Je suis bien asseuré qu'/7 ne lient pas c»i elle. (VÉRONN.,L'/iH/;ttiiy., m, 1.)

<;()NDam.m:ii en, pour condamner à :

Les Lacédémoniens condumm'rcnl leur roy en une grosse amende, (.\myot, Vies, Périclés.)

SE iiEMETTiiE EN, poiir.ve remettre à :

IJe quoy je wtTfmew neanlnioins tH vous. [Ltlt. miss, de Henri IV. t. iv. p.cxxxii.) EN DESSEIN UE , pour à dessei)i de ' J'ay différé tant que j'ay l)ù, en dessein Je mesnager une lettre. (Vorr., l.eti. l'M.)

EN LiET DE-, pour OU lieu de :

En lieu du service divin,

Fault gétcr ha/ard sur le vin. { (es di.T Comm. île l' Antéchrist , dans le livre liu lioij Modus et de lu Hoijne Rntio.,

EN VOTUE CONTKM'E.MENT. [miir'/ riitrr nmtrnti'inrut :

Tosl ou lard je recognoistroy \os services tv» i'o.«rc roHic-n/cmcHf. [I.eit. miss, de Henri IV, t. iv, p. 34(5, à .M. de lireves. JT avril l.'}!)5.)

INTRInl'K, siilisl. iiiasc, [Kiiir infrii/iir, dans le sens actiiil , OU dans celui d'cinliarras, d'affain* fàcliruso :

Ce .sont deux intriijues qui rompiul l'unité d'action. [Kjcain de l<t Sun.) — Si lu n'es homme à te contenter de la naïveté du siyle et de la .subtilité de l'in/rK/uf, je ne t'invite pointai la lecture de celte pièce. [Lu Veuve, au lerl.; — Cette possession de vous-même, que vous conserve/, si parfaite parmi tant ti'intriques où voas semblez embarrassé. Lu PI. lioy., ;i .M. ***.)

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