‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du 17e siecle en général (volume 2)Chapitre 28 sur 253 · ALLER · texte numérisé non relu

ALLER

Alliance romarquahlo : allf.r n'r.\ ktiiaiNGE capuice :

Votre amour va toujours f/'i»; lUraiige caprice. [Suite du Meut., i, 3.)

— l,AISSi:U ALLEI! DES SOUPIRS :

Mois que je lainse aller d'nmhilirux soupirs,

Un ridicule cs[)i)ir, de criminels désirs! [Sa)iclie, ii, 2.)

Ah ! si vous ne pouviez lui donner des larmes, ah ! laissez du moins aller un soupir qui témoigne du désir de vous reconnoîlre ! (Boss., Fraijrn. sur lu tiécess. de ta péiiil.)

— LAISSER ALLE» SA PLAINTE, cloiiner libre cours à sa j)!;iiiite :

Je suis ce que je dois : mais dans celte contrainte,

Si je reliens mon bras, je laisse aller via plainte. [Itod., ii, 4.)

— n'aller point sans, en parlant de choses morales, être toujours accompagné de :

Surtout, dans les narrations ornées et pathétiques, il faut Irés-soigneusemenl prendre garde en quelle assiette est l'âme de celui qui parle et de celui qui écoute, et se passer de cet ornement qui >ie va guère sans quelque étalage ambitieux, {l'^xam. de Méd.)

Nos plaisirs les plus dou.\ ne vont point sans tristesse. {Ho., v, 1.)

« Expression familière, doiil il no faut jamais se servir dans le style noble. En etfet, des plaisirs ne vo7it point, » dit Voltaire. Critifpie peu sérieuse, produite^ par une théorie étroite sur les métaphores.

On a dil ('(ituiiif le grand pot'tc :

La perte d'un époux ne va point sans soupirs. (La Fo.nt., Fnb. vi, 2.)

La .sottise ne va point .sans l'entêtement. (M"" de Puisieux, les Caraci.) Mais

l'imour ne va jamais sans quelque trouble. (MoNcniF, Awes rivales, i.)

— s'en ALLEU, suivi (l'un infinitif, être sur le point de :

Le jour s'en vu paroître, alTronteur, hâte-toi. iClii., i, 1.)

LE nni{.^iRK,ewpaiiuet(inl ses livres. Ah! i[ue vous venez taid!

Eiicor un peu, ma for, je m'en allais les vendre;

Trois jours sans revenir! je m'ennuyois d'attendre. [Gai. du l'ut,, iv, 13.) Et mon ambition a beau s'en indigner.

Cette vertu triomphe, et tu t'en vai régner. l'nth., v, h.)

Dans tous ces cas, on dirait anjoiird'lmi (tlln-; mais des exemples analogues se trouvent clie/. les prosateurs cimiuie chez les poètes du tlix-septième siècle :

Le siège avoit déjà duré un mois, et toutes choses nécessaires %cn atioitni manquer aux assiégés. (MÉz., Hisl. de France.)

— s'en aller, suivi d'un parficijie pass(''. L'.Veadt'uiie indi<jiie.

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