ACCORT. — ACCORTEMENT
Forment le plus brillanl cl plus noble assemblage,
Oui puisse orner une âme et parer un visage. [Suréna, ii, 1.)
Bref, je n'en sais point dans la ville,
En qui l'esprit avec le corps
Fasse de plus charmants accorda. (Maucr., Poés., éd. L. Paris, 1. v, 2.)
— AFFAIRE d'accord, affaire accordée, accommodée :
Mon affaire est à.' accord. {Menl.,iii, 1.)
« Les hommes sont d'accord, remarque Voltaire, les affaires sont accordées, terminées, accommodées, finies. »
— DEMEURER d' ACCORD DE QUELQUE CHOSE, en convcnir :
Je serois le premier qui condamnerois le Cid s'il péchoit contre ces grandes et souveraines maximes que nous tenons de ce philosophe; mais, bien loin d'en demeurer d'accord, j'ose dire que.... [Le Cid, Avertiss.)
ACCORDER {S') aux souhaits de quelqu'un, y adhérer :
Madame, enfin Galba s'accorde à vos souhaits. [Oih., ii, 3.)
ACCORT, subtil, adroit :
Son éloquence accorie, enchaînant avec grâce
L'excuse du silence à celle de l'audace.
En termes trop choisis accusoit le respect
D'avoir tant retardé cet hommage suspect. {Oili. ii, 1.)
Que son dédain accori rejette avec prudence
Du plus adroit flatteur l'hommage empoisonné. [îmit., m, 27.)
Et veut tirera soi, par un courroux accori,
L'honneur de sa vengeance et le fruit de sa mort. [Pomp-, iv, 1.)
Sur ces derniers vers, le commoiitateLir a fait cette remarque :
« Accori signifie conciliani; il vient d'accorder; il ne signifie pas J'ciul. C'est d'ailleurs un mot qui n'est plus en usage dans le style noble, et on doit regretter qu'il n'y soit plus. »
Voltaire n'a pas bien compris le sens d'accort. Dans les vers à tort critiqués, comme dans ceux qui les précèdent, et dans ceux de divers auteurs qui vont suivre, il signifie subtil, adroit :
Je veux parler d'une subtile et accorie invention des dames, de laquelle on ne parloit point avant que vous partissiez de France. (H. Est., JSouv. Luihi. franc, italiiiiiisé.) — Louis XI étoit un monarque accori, qui savait aussi dextrement choisir ses avantages pour les ménager sur des parchemins, que ses prédécesseurs par les armes. (Pasq., Recli., vi, 11.)
Minos eut bon esprit, prudent, accori et sage. (Regn., Salir., xiv.)
ACCORTEMENT, subtilement, adroitement :
Il me cède à mon gré Doris de bon courage,
Et ce nouveau dessein d'un autre mariage.
Pour être fait sur l'heure et tout nonchalamment.
Est conduit, ce me semble, assez accoriemenl. [La Veuve, iv, 6.
A(:iii:.\u.neaii:m. — acolitti:. 23
Vous me juuez, mon frère, assez accortemeui. ( La Suiie du Mtiit., i\ , 2.)
('.cl advfil)!' coiiipli'liiit iitilriiinil une sérif (!<.' mois fiicurc ('ii usâiii'. On iir voit pus Ke qui (•ni|)L'clu'i'uil de l'citi-i'iidrc des emplois cuiuiiie ceux, de (Corneille , cuiuiiie aussi ceux qui suivent :
Chantant accoriemeni mille chansons d'amour. [L Enfer de ta mère Gard.)
Les ensieux et les médisants cliérclient des prétextes à leurs catornnies, et
sachant bien que leur crime est accompaj;né de bassesse, ils se détruisent uccor-
temenl, et tâchent de tui donner quelque couleur de justice. (Sé.nal'LT, Truite de
l'ttsaije des punnions, "i"= p., 5' Ir., i' dise.)
ACHK.MINKMi-^N'l', en teiiue d'aiL diaiaati(iuc, itom- signifier ce (jui pfepare à :
L'ordre de leur naissance incertain, Rodogune prisonnière, quoiqu'elle ne vint jamais en Syrie, la haine de Cléopàtre pour elle, la proposition sanglante qu'elle fait à ses lits, celle que cette princesse est obligée de leur faire pour se garantir, l'inclination qu'elle a pour Antiochus,et la jalouse fureur de cette mère, qui se résout plutôt à perdre ses lils qu'à se voir sujette de sa rivale, ne sont que des embellissements de l'invention, et des uchcmintmeuts vraisemblables a l'elTet dénaturé que me présenloit l'histoire. (Pref. de Rudog.) — J'ai cru que, pourvu que nous conservassions les etîels do l'histoire, toutes les circonstances, ou, comme je viens de les nommer, les ucltcmiiienteiits étoient en notre pouvoir. [Ihid.) — Il n'y doit avoir qu'une action complète, qui laisse l'esprit de l'auditeur dans le calme, mais elle ne peut le devenir que par plusieurs autres imparfaites, qui lui servent d'uclievniieiiwiiis, et tiennent cet auditeur dans une agréable suspension. [Trois. Disc.)
.\(;IIK\'KI{, enipioyt' d'une manière al)Solue, pour difi' acln-vtT conti'c quel(|u'uii !•' ciiim roninicnc»'' en la personne d'un aidre :
Heureux, si sa fureur qui me prive de toi,
Sf fait bienti'il connoître en tulici tint ^nr moi. l'/îiWo;/.. \. 1 i
(irllr I xpiT.ssion parait niampicr de <lar|i'.
— \(.ni.vi:it oir.i.oi'iN, |tonr siiinilicr acli» ver de le rendre passionnément amoureux :
Kl la faveur du ciel vous a bien conserxec.
Si :'es derniers discours ne vous oui achetée. [La Suite du Ment., Il, 3.)
.\( <tM r, polir /yo/.vo//, en i^'t'in'ral.
l'ne .^e'*onde fois le triple cinen Cerbère
Vomira Vucouii en voyant la lumière. [Mil., iv, 9.)
A(!ijnrTI'. nr, (pii a reiii|ili. .\e.Mi in i: h'im: cHviKii: :
Non, seigneur, ucnuMiés </c la chunje comtnise.
Vos \eneiirs ont cmiduil Pymante, cl moi Dorise,
tl je viens seulement prendre un ordre nouveau. ,(.'/ii., v, 1.)
?î ADMTRFR. — ADHESSE.
ADMIRER, s'rtniinor do :
J'iuliiiiic celle tniliptiiliifi Qui vous l'a fait haïr avaiU quo de lo voir. iA(ji's., i, 1.)
Sijj;niricalioii aiili'olois très-usuollc :
— ADMiiti:ii, eu parlant d'une cliose odieuso :
L'un s'émeut de pillé, l'autre est saisi dliorreur,
L'autre d'un si grand zùlo admire la fureur. [lior., ni, 2.)
Tandis qu'Aciiillas même, épouvanté d'iiorrenr,
De ces quatre enragés admire lu fureur. [Pomp.. ii, 2.)
ADORER, fig. et ]»ai' extension, dans le sens de vi-iuM-er, révérer :
Aujourd'liui quelques-uns adorent celte règle, beaucoup la nnprisent. {('lit-, préface.)
.l'en estime l'humeur, j'en aime le visage,
Mais, plus que tous les deux, j'adore son message. [La Suite du Ment., i, 3.)
Soupirer à ses pieds, pleurer à ses genoux.
Trembler devant sa haine, adorer son courroux. [Androm., v, 1.)
J'adore cet orgueil, il est égal au mien,
Madame, et nos fiertés se ressemblent si bien,
Que.... {Ailila, m, 4.)
Cet emploi ])ar extension était très-familier au dix-septième siècle :
Je n'empêche pas que ceux qui adorent toutes les pensées des anciens ne sauvent ce philosophe à la faveur de l'allégorie, ou de quelque autre figure. (Boss. . Fraijm. sur div. mal. de contr., l" fragm.) — Nous adorons dans chaque partie de cette Ecriture une profondeur de sagesse, une étendue de lumière, une suite de vérités si bien soutenue, que.... (Id., il>id., ô*^ fiagm.) — Si l'on n'a rien de plus précis pour expliquer les prophéties, il vaudroit mieux en adorer l'obscurité sainte, et respecter l'avenir que Dieu a mis en sa puissance. (Id., Variai., xiii, 35.) — J'estime, autant que personne, les anciens et leurs ouvrages, mais je ne les adore pas, et je ne suis point persuadé qu'on ne fasse plus rien qui en approche. (Peru., l'arall. des anc. ei des mod , l'^'dial.) — Bonnivel, dont l'esprit trop vain ne sa\ait pas discerner la vérité d'avec les flatteries de ceux qui adoraient sasupiême faveui. {Micz., IJisl. de /'>., 1. vi.)
ADRESSE, marque qui sert à dirii^er, moyen (pti aide à jKtrvenir à un terme :
Ni Ion sa\oir profond, ni l'ingrate sagesse
D'aucun autre savant Ne te peut vers le ciel faire une sûre adresse. [îmil., i, 7, édit. Ki.'jl.
On a dit dans le même sens :
Il ,! tenu un (lii'min si peu battu dans la carrière de la véritable gloire, fjue je n'y tr(iu\e m tiace, ni adresse pour me guider. (Masc.'^u., (irais. Jun. île Turenin, ii,)
ADHINSi:. 2o
— ADUF.ssi-., dans le st'ii^ (le l'ciisi'iLiiicniciit. Diinm'i; i.h i'.ijm I".
Aniir.SSF, liK (M II. ni i:(,l|{isl., (ItililK ]■ (|llrl(|llrs (li'taiU <|lli IllcUnil
sur la \(ii(' (\c (|iicl(|iic cliosc :
(^est je l'aurois noiiinu- mille fuis on un jour
Hue ma mémoire ici nie fait un mauvais tour! C'est un (les bons amis que Pliilislo eut au monde.... Rêve un peu comme moi, nourrice, et me seconde. l..\ Nûiniuci:. Doiiiiuz-vi'iiiquelqite adresse. {ici Veuve, iv. 0.)
/iiiiuir/- /n/f/fjiic n///'fssi', f/ii)lii''i' nitc nt/rcssi', ('laicill (les l(t('llli(»llS Iniitcs iai|i> i|iii s'fiii|il(i\airii| avec diverses iiuaiicrs de si^iiiliratii»!!. mais loiijniirs dans le sens de rcitscii^nt'iiiciil, iiislruction :
C'est dans ce désir de donner (luelnue adres.ie à roux qui conduisent les âmes, pour connoilre les règles saintes et ecclésiastiques de la pénitence, que j'ai entrepris de la représenter en cet ouvrage, telle que nous la trouvons établie dans la tradition de l'Kglise. (.\n.\.. De lu Frén. Covnniin., préf. , p. xi.v. ) — Voilà toute ['adresse que je puh donner aux autres, et que je prends pour moi-même en une matière où l'on ne sauroit trouver île règle. (Vaugel., liew.)
f'.onicillc a ciicoi'c dit dans le iiirtno sons :
Celui (II' liut de la poi'sie ilrninaliqiii' rsl de jiliiire, et les réjrles qu'elle nnus ]irescrit ne sont (jue des adresses jiour en faciliter les moyens au poêle. {MfiL, a .Monsieur P. T. N. G.)
— l'ui it VdiKi'. ADitKSsi;, coniinc à vdlrr adi'cssc :
Voici pour votre adresse une assez rude touche. /.<■ Mmi.. v, .3.)
— Mtitr.ssi".. a\rc \r |i!iirii'l d.iiis le snis d'Iiabilfli', de iiinvcii hahilr :
l'rancliement, c'esi-à-dire avec niille rndessi's,
l.e nié|)riser, le fuir, et par quelques adresses
(Ju'il l'ii'lie d'ad.iucir.... [La PL inij , i, 1.)
(tll llniivc df 11 r>-ii()iiililril\ r\riii|dcs di' ccllf si;4nili«';d inll licill'flist' :
C'est encore ici une des plus subtiles ailnsses do votre politique, de séparer dans vos écrits les maximes que vous assenibb'/ dans vos avis. ( Pasi:., l'rov., xm. ) — Bien remaniuer les adresses dont on se sert \)<iur bannir entièrement de l'esprit le souvenir de la mort. (Niciu.ic, TruiW des quatre fins dern , i, 1.) — Ils se servent de diverses adresses qu'il e>t utile de découvrir. (Id.. ildd.. i. -i.) — La vanité a des ad;c.««c.ï et des ressouices inlitiies. Jd,, (ont. îles /-.'v»., sur l'ip. du l.V dim. d'après la Pent., vu.) — (lii sont ceux qui ont autant de vues, d'ouvertures et d'(i(/r/vvrv pour s'avancer dans la vertu. qu'un aiubilieiix ena pourreussir dans ses prétentions.' (Id.. ihitl., sur lép. du dim. de la Septuap. ) — lue de leurs adresses etoil de me faire sans cesse l'eliijje tlu secret. (>P''"dk .Mo.ntp. , Meui., lli;n.) — Ce n'est pas (|ue les choses ne soient i \|)liquees parili's manières de p.irld fort modestes et des u(/r«sv. ■> fort ilelicales. ( ll'Ai iug.n. , !'rai. du iMiU.,
26 ADRESSE. — AFFATBLTR.
II. 1.) — Les Anglois, voyant qu'on prenoit la coutume de les fouiller, eurent recours à de petites adrenses \^ouv passer de l'or. (T.wern., Voy. des Indes, i, 2.)
— On ne sait que trop \es adresses qui se peuvent souvent trouver dans les esprits les plus ignorants pour attirer leurs semblables. (Boss., Var., xi.) — Et par mille «dresic'A- les tenoit tous en soupçon l'un de l'autre. {Mûv.er., Hi.si. de /•>., Blanche, femme de Louis VIII.) — Cet empereur (Julien l'Apostat), entre les adresses dont il se servit pour engager ses sujets à l'idolâtrie, s'avisa de faire souiller par des superstitions païennes tous les vivres qu'on exposoit au marché de Conslantinople. (P. Daniel, Enir. de Cléandre ei d'Eudoxe, iv.)
A sa cour, où l'usage a permis les adresses.
On endort ce qu'on hait par de fausses caresses. (Bours., Gtjm., iv, 2.)
Je crains la politique et ces lâches adresses
Qui savent éluder les plus saintes promesses. (Le Mierre, Térée, i, 2.)
De même de nos jours :
L'amour de la religion et l'amour de la patrie sauront déjouer ces misérables adresses. (L. Veuillot, Mél. , 28 mars 1848.) — Toutes les adresses, toutes les audaces, il se les permettait. (Ste-Beuve, Causeries du lundi, 7-8 avril 1851.)
— Cet « instinct qui le pousse », plus convaincant que la logique de l'école, plus habile « que toutes les adresses, » lui suggère (à Bossuet) des preuves inattendues et saisissantes. (Nisard, Lev Grands Sermonnaires Jrauç., i. Hev. des Deux Mondes, 15 janv. 1857.)
— AVOIR DE l'adresse, eii parlant d'un artifice de théâtre, renfermer quelque chosr^ d'ingénieux :
Il n'y a pas grand artifice à finir un poème, quand celui qui a fait obstacle au dessein des premiers acteurs, durant quatre actes, en désiste au cinquième, sans aucun événement notable qui l'y oblige. J'en ai parlé au premier discours, et n'y ajouterai rien ici. La machine n'a pas plus d'adresse, quand elle ne sert qu'à faire descendre un dieu pour accommoder toutes choses, sur le point que les acteurs ne savent plus comment les terminer. {Trois. Disc.)
Dans ce inème ouvrage, Corneille emploie plusieurs fois l'expression, adresse de l'art, pour les moyens et les artifices de l'art.
AFFAIBLIR, activ., affaiblir un état de; l'affaiblir on lui faisant perdre... :
Cette vieille coutume en ces lieux, établie, Sous couleur de punir un injuste attentat. Des meilleurs combattants affaiblit un £iui. [Le Cid. iv, 5.)
— AFFAIBLIR, ucutr., faii.)lir, en parlant du taient :
i'affoiblis, ou du moins ils se le persuadent. {Hemerc. un Roi, en 1G67.)
On trouve njfaiblir, employé de même neutralement, en parlant de la santé, de la parole, etc., pour s'ati'aiblir, devenir plus faible :
Tenesis cependant affoiblissoii à vue d'œil. (Go.mberv, , Cylh., 2° p., I. i.) —
AFFATRTJR. — ATDER. 27
Nous sommes tous faits pour affaiblir, vieillir et riKniiir. (M""' nn Lamu., Traité de ta vicill.)
Sa paroli! affoiblii , ii peine elle profère
Les noms demi-sonnés de sa sœur et sa mère. (D'Auis., I.cs Triuj., iv.)
— AFFAIBLIR (s'), UVt'C llll lltilll (l(^ cluisr, (It'Vcllil- |)lllS t'ail»!" ,
devenir moindre :
La grâce s'affaiblit ([iiand il faut qu'on l'attende;
Tel pense l'acheter alors qu'il la demande. {Rtmerc.au curd.Ma-.arin.)
AFFECTION. Paulku d'affection, pai-ler avec un acceiil du cœur, un accent |)assionné.
Il seniLloit toutefois parler d'affection. (La Suiv., m, 6.)
AFFINER, l\'^. SE LAissKii affiner a, se laisseï- ti(>ni|)fr [mr :
Qui se laisse affiner à ces traits de souplesse. [Mél., m, 2.)
— AFFINÉ, qui a trouvé plus fin que soi :
Quelque fin que lu sois, tiens-toi pour aOiné. [La PL lioy., m, 3.)
AFFLUENCE. Avoiit nr: l'affluence, en parlant d'une pièce de théâtre; attirer rallluence, la t'oidc des spectateurs :
Ses trois premières représentations ensemble n'eurent point tant d'ajffluence que la moindre de celles qui les suivirent dans le même hiver. [Met., à M. de Liancour.'
AFFRn.MEU, faire alln.nl, braver avec insulte :
Non qu'ils prennent sur eux de si lâches pratiques;
Mais ils en font auteur un de leurs domestiques,
Qui, pensant bien leur plaire, a si mal à propos
Instruit ce malheureux, pour affronter Carlos. [bon Sanclie, \, 1.
Mulicre a dit :
Si j'y retombe plus, je veux bien (ju'on lu'aff ronlc. (Èc. des Fevt., v, 4.)
Cette sit;nili(aliitii rsl trfs-((Hinni'.
AC.Mri(.t.N, rrcoiinaissancc, m lirmcs d';!!! dranialiipir :
Je sais que l'ai/niiion est un {;rand ornement dans les tragédies, Arislote le dit, mais il est certain quelle a ses incommodités. [Deux. Disc.)
ACill'.I^K. ahsdJUMM'iit , avec ini miin dt pcrsitiinr |i(iur siijil, e(»niiiic' jiliiirt' :
Piiur <u/rt'tT ailleurs, il tàchoil à me |ilaire. {La Suit. . v. 0.1
.\ll)ld> V ini snlislanlit' , suivi d'un inliniliravec </ :
Saisissez-vous d'un trône où le ciel vous destine.
Kl pour choisir vous-même avec qui le remplir,
A vus heureux destins aidez à s'accomplir. [Oih., tv, 2.)
iS AK-REFR.
AKiRl^ri». Do.\.M:it dr i/AKiiiEi r a, sui\i diiii lujin do clioso, aigi'if, irritor.
Ce reste d'inlérèt que je ]ireii(ls en sa vie
Donne trop d'aigreur, prince, à votre jalousie. {La Tois. d'or, v, 1)
— AKiiiFJ I!, pour aiiif ftiiiiic, au sons inoral :
Mon épargne depuis, en sa faveur ouverte,
Doit avoir adouci Vaicjreur de cette perle. [C.inna, ii. 1.)
Mais comme il est, seigneur, de la fatalité Que V aigreur soit mêlée à la félicité. Ne vous offensez pas si cet heur de vos armes,
Qui me rend tant de biens, me coûte un peu de larmes. [Pomp., v,5.) J'ai caché si longtemps l'ennui qui me dévore, Qu'en dépit que j'en aie, enfin il s'évapore.
L'aigreur en diminue à le le raconter. [Palcli., ii, 1.,
L'aigreur des tribulations. (Iiuit., m, 50.)
Aujrf'iir, ({iii a ôtô (juolquefois repris conimo un tonne Uvsimpropro, notamment par Fauteur de Y Examen des fautes de bm- (liiijc dans hi triKji'du' de Pompée, a été longtein])s synonyme d'amertume :
De quoi sert le nom de paix publique , si chacun en son particulier éprouve l'effet et aigreur de la guerre ? (L'Hospit., Harangue.)
L'aigreur de mon martyre. (Régn., Êlég., v.i
. Dans ce climat barbare oii le destin me range,
Me rendant mon pays comme un pays étrange,
Desloges, je ne sçay quel étoiirdissement
Assoupit les aigreurs de mon bannissement. (Théoph., Élégie.)
La France, pour me faire ressentir plus vivement Vaigreur de mes futures disgrâces, et me faire repentir de mon ingratitude, me combioit ainsi de la douceur de ses caresses. (Dassoucy, Àvent. d Italie, ci.) — Celte douceur et celle tranquillité de cœur que l'Apôtre joint à la patience, qui consomme toutes les aigreurs et toutes les amertumes des peines que nous endurons. (Arn. , Fréq. Cornrn., préf., xiv.) — Si on fait une réponse, épargnez-moi le chagrin de la voir. Je suis assurée qu'elle sera dure, et je n'ai pas besoin d'augmenter ['aigreur de mes déplaisirs. [ Marquise du Couhcell. , Leii. 14. ) — Le pape crut adoucir l'aigreur de ce récil en le faisant passer par sa bouche. (M"' de Yillediei', Joum. amour., 6" p.. 13'' journée.) — (^elte résistance me fera rejeter sur le sort ce que je serois au désespoir de rejeter pleinement sur vous; et bien qu'elle n'empêche pas mon trépas, elle en adoucira du moins l'aigreur. (Id., ibiiL. 15'- jouinéo ) — Le cruel se ])laint a moi avec des aigreurs qui (iffeiisent mon amour. (Id., Méni. du sérail, il.)
Un esclave génois, homme de qualité.
El d'un génie au-dessus du vulgaire.
Chez le visir Achmel, musulman sanguinaire,
Par l'industrie el la fidélité,
Sans cesse attentif à lui plaire, Adoucissoit l'aigreur de sa captivité. (Senecé. Contes. Qui a temps a vie.)
On a dit do môme, aigre pour aaier :
AHil'.KlK — AINSI. 21)
Je vous veux remercier ilf ci-ste imIovmIiI.' all'cclinn rli.nt vhus avez usé envers nioy. (le in'acLUser ii mou mary : ilui|uel , eu bref, je n'alleu i[Ue la mort, si pluslost l'ai'jre iluuleur ([ui me jiiciiue ne me ilespuuille de la vie. (Lahiv., At Fid'clt, V, v'.)
Mais la terreur de quelipie nnjn nouvelle,
Tousjûurs m'agilc el me lient en cervelle. (St.-.\m., Episi. lier. -coin.
MGliKl U h'rNK IMMIIIK , d'iNK IIAIM:. Si^ll ilicut i( (Il l|lli
tient à la prf'Ct'dt'iitf , et s'iMoi^iir moins cciicndanl ilr l'accc|;tiitn aclucllr :
.'^eijj'ucur, du nom d'amour n'aliuse/. point en vain,
Dites d'Agésilas la haine insatiable.
C'est elle dont Vaiijreur auprès de vous m'accable. i^'j^s., ii, 4.)
De ceux qu'unil le sang plus douces sont les chaînes.
Plus leur désunion met d'nif/ceur en leur haine. Tue ci llcrcn., iv, 5)
lit peut-être X'aiijreiir de ces Inimitiés
Voudra que je vous perde, ou que \ous me perdiez. (//».;
— .MdiiKiiî !)i; I, \ .1 vi.oi su: :
L'impérieuse iiKjrcur de t'iipre jaloitnie.
Dont en secret dès lors mon âme fut saisie. Sertor., i, 1
AiiilîlM, irndri' |ihi> anii'i'. .\n.iiiu Di.s i»i:i'i..viMU.s :
.Mon désespoir n'osoil agir en sa présence,
De peur que mon tourment aiijrti ses déplaisirs. La Suiv., iv, 8.,
All.l".. I'\ Avoiu iivNs i.'mi.i:, tMrr joui' :
Angeliijue, c'est fait, mon frère en a dans l'ailr;
La voyant échapper, je courois après elle,
Mais un maudit galant m'est venu lirusquemenl
Servir à la traverse un mauvais complimenl.
Et par ses vains discours m'einharrasser de soric
«Ju'.Xngélique a son aise a su gagner la porte. {La PI. lioij., iv, J.',
(ic nrsl \):\s le sens liahilnrl de crllf Idciilidn |ir(tvt'i'l»ial<'. (jili sij^nilir ni dinaiicniciU : t"'liT IiItsm". ('•tic anninrcnv . rtif t'pris :
— iniiîMi! lits .vii,i;.'>;, 11,:;., donner, jiniir ain>i dire, la lacnlle (II. vnier :
Je le tii'ndr.ii riMplu, si j'en ai de- nouvelles;
l.'ainiiur pniir le trouver idc Jum laru des aiUs. \L'Illu\. cinn., i, 4
AI M I". adifctivciiienl, cli' r :
\A la gloire d'agir par (!<• plus jll.^les causes
.\ prudiiil des elTets plus doux el plus muids. Ciit.. i\ 1.
AINSI (Jl'l', CdHlinr. m'.iii.KIKH \|\<| ni k, ii('';.;lii;er cuiiinie :
Il !■ lires. Il faveurs indignement placées, .\ ma discrétion honteusement laissées,
30 ATNSt.
0 gages qu'il ncijluje ainsi que. superflus,
Je ne sais qui de nous vous Jiiramez le plus. (.¥e/., m, 3.)
— KEGARDEU AINSI uiE, regarder coiiinie :
En rcqardani sa gloire ainsi que mon ouvrage.
Je périrai plutôt qu'une autre la partage. [Sa-t., v, 1.)
Il se plaint à moi tous les jours des rigueurs de sa destinée, et regarde l'hymen de la princesse ainsi que l'arrêt redoutable qui le doit pousser au tombeau. (Mol., Les Am. magnif., in,l.)
— AINSI, avec une remarquable inversion, dans le sens de c'est ainsi que :
Ainsi de ma faveur vous nommez les effets? [Théod., i, 2.)
— AINSI, avec le subjonctif, par imitation du latin, et comme le Sic te Diva potens d'Horace [ode m) :
Ainsi vienne bientôt cette heureuse journée Qui nous donne le reste en faveur d'hyménée.
{Mél., I, 4, l"'" édit. jusqu'à 1660.)
Cette signification curieuse se rencontre assez souvent avant comme après Corneille. Au seizième siècle, Joachim du Bellay, entre autres, en offre de nombreux exemples dans son Olive et ses Poésies diverses :
Parmi les exemples du dix-septième siècle, nous choisissons les suivants comme les plus frappants :
0 le plus grand des rois et le meilleur des pères !
Ainsi vous soient toujours toutes choses prospères,
Comme vous obligez cette princesse et moi
A vous garder toujours le respect et la foi! (Mair., Le Gr. Solim., v, 1.) LE PRINCE, à l' infante. Ainsi jamais souci ne trouble votre vie! LAURE. Ainsi votre fortune égale votre envie I LE PRINCE. Ainsi rencontriez-vous, au sein de mille rois,
Mille esclaves soumis au pouvoir de vos lois! LAURE. yliMsi jamais la faux, qui détruit toutes choses.
N'attaque de ce teint les œillets ni les roses! LE PRINCE. Ainsi ces yeux, vainqueurs de la force du temps,
Brûlent encore les cœurs en l'hiver de vos ans! LAURE. Ainsi sur vos sujets, sur vous et votre race.
Le ciel à pleines mains verse a jamais sa grâce! LE PRINCE. Ainsi si jamais reine eut des jours comblés d'heur.
De plaisir, de repos, d'estime, de grandeur,
Soit aux siècles passés, soit au courant du nôtre.
Son bonheur n'ait été que l'image du vôtre!
Et le cours de vos ans soit aussi glorieux
Uue d'un zèle sans fard j'en conjure les dieux!
(KoTROD, Laïue perséc., v, 8.)
f. De votre sœur naissante on eût borné le sort,
('. Si l'on eût de son père exécuté l'envie,
Aii{. — .\M:\'rii{. 31
^c Mais sa mère ompi'clia sa mon, « El lui donna clcu\ fois la vie :
« 0» elle tienne auprès de vous Hang de sœur et de princesse; /l(;/.vj le ciel Vous soil doux, »
Voilait! U'slamenl qu'en mourant je vous laisse. (Rotrou, l.anrci)cr.séc.,\',9.) Vous connaissez ce dieu : qui ne le connoît pas? S'il descend pour vous plaire au fond de ces climats, D'une boîle de fard récompensez sa femmr. Ainsi durent chez vous les douceurs de sa llan)mo. Ainsi votre bonheur puisse rendre envieux Celui qui pour sa part eut l'empire des cieux.
(La Font., les Ani. de Psyché, ii.
Ou'à mon désir pressant votre bonté réponde. Ainsi fasse le ciel que chacun de vos jours Soit marqué par des faits illustres, Et que dans leurs glorieux cours On compte encor plus de^dix lustres! ;M""'I)esii., Lca. àM.Tlieiart.)
Hendcz-moi à mon père et à ma patrie. Ainsi puissent les dieux vous conserver à vos enfants, et leur faire sentir la joie de vivre sous un si bon père. (Fkn., Télém., II.)
AIR. .Iktf.h r)i:s in.u res en i.'aiij :
Elle (j donc bien jeté des injures en l'air? [La Veuve, v, .3.)
— Mit, Appai-fincc. Avoin l'mh m-: l'école, avec un iioni de cIkim^ |M»ur sujnt :
Ce visage, ce port n'ont point Vair de l'école.
Et jamais comme vous on nt; peignit Bartole. [Ix Vent., i, 1.)
(loi'iirillc, dans ctHlc iiirinc |»i('ct', ciuiilou' t'^alciMciiL cette rxpi'fssiuii avec un nom de pcrsoniir. N'dvc/, Kcni.E.
ALl'A.NfîK, sahfc, (■(uitflas, riiiiclt'iif.
Contre nous de pied ferme ils tirent leurs alfangcs.
De notre sang au leur font d'horribles nu-langes. Le Cid, iv, .j.)
VollaiiT, vnnhiiit « ni|iln\(i' ce mot t\A\\s /'(fr/i/ir/iii dr /n f'/iinf,
De nos honteux soldats les aljamus errantes A genoux ont jeté leurs armes impuissantes,
a cornniis niic mi'pfisc (|n(' l.a Harpe a relevée :
« Aljancjv rsl nn vieux mut lire de 1 arabe, qui signifie ('/)^c. Voltaire , curniix nppari'mment de faire us.ige de ce mol étranger, parce r|u'il csl sonoie, l'a ilélourné de son acception et l'a employi' pour phnlaïKjcs , liataillons , etc. Il \alait mieux ne pas s'en .servir. » (Lycée, 1, ^, % 0.)
ALENTIR, pour lalmlir :
Non i[uc ma p.is>i(in s'en soit \ue aUntic. Sirior., iv, -2.)
M ALENTIU. — AJ.IJ:!;.
— Ai.K.MiH [s) pour se ralentir :
Ia' /lie (■('pcnihiiil c-li;u|ii(' jour ilc. l'uil croilic,
l'nililor ili> rcxcniiilc cl de rrrii]ilin du cluîlre ;
An lien ([iw rli;i(|iio jour s.'i \i,^iiein ■s'cilcntil. (luiit., i, 11.)
(le verlx' apiiarliciil pruprt'jiu'iit au seiziriiié sioclo :
0 ma fidèle, allons! Alluns, vien, cûnduj-niuy Vers celuy qui peut seul akntir mon esmoy!
' La Mu(jdcl. de F. Rémi de Beauv., iv^ liv.)
Et avoc le |)r()ii(»m pi rsonnel ;
J'en U'ouve qui se mellent inconsidérémeal et furieusemenl en lii:(>, el s'aleniiascHi en la course. (Mont.)
Plus aurioinieini'ul ou a dit alle.ntek :
jMais l'ennuy qui me ronge, avec la tyrannie
De celle ([uc les Grecs ont appelle Pénie,
Kt mil autres malheurs qui se suyvent de loing. •
Pour n'avoir jamais eu des richesses grand soing,
AUcnieiil ma fureur. îJoach. du Bellay, Au Iloi, Sur la Trcsvc.\
De même avec le pronom personnel :
Et le cours du torrent tombant de la montaigne
S'allcnie quelquefois au plain de la campaigne. (Id., ibid.)
Selon Voltaire [Conniirnf., ('dit. de 1764), alenfir n'a jamais ('té français. La Aérité eût été de dire, avec le Dictioitnaire de Trévoux : « On croit ({xxalentir n'est pas aussi usité que ralentir. »
ALLÉGEANCE, soulagement :
Vains projets, \ains discours, vainc el latiase alU(jeance! [La PL /îoy.,ii,3.)
Non pas que je soupire après une vengeance -
Qui ne peut me donner qu'une fausse allégeance. [Clii. in, 1,)
Porte <■( SCS dé{)laisirs cette faible allégeance,
Et dis-lui que je cours achever sa vengeance. [Puinp.. v, 1.^
Enfin, mon père est mort, j'en demande vengeance,
Plus pour votre intérêt que pour mon allégeance- {Le Cid, n, 9)
ALLER. Emjtloi particulier d'Ai.rKU i>:t vemk :
L'esprit no vu-i-il pas ci vient comme il lui plail? [huit., ii, 9.)
— ALLKK, en parlant du cœur, des sentiments qui le portent vers (|uel(ju"im :
Je ne \eu\poiiil, Soigneur, \uus le dissimuler,
iMon CLCur va tout a \ous, quand je le laisse aller ;
Mais sans dissimuler, j'ose aussi vous le dire,
Le n'est pas mon dessein qu'il m'en coûte l'empire. [Tile cl lier., i, i..