APPRENDRE [S
d'un i:voc. au pari. , etc.) — En allendant d'être en étal de ranger une armée en bataille, il (Monsieur) s'apprend à ranger les fauteuils. (Dan. de Cosnac, ^fém.) — Il se trouvait au milieu d'un peuple dont il était aimé, mais sur lequel des hommes dangereux s'éta'ieni appris à exercer une domination absolue. (Neckeu, Sur l'admin. de M. Neckcr.)
De même s'apprendre sans à, pour se former, se dresser à quelque chose :
PASQUiN. Hé bien, monsieur, je m'apprends, comme vous voyez.
MONCADE. Tu fais des merveilles. (Baron, l'Homme à bonne for i., n, 1-2.)
Il n'est pas étonnant qu'on ait employé apprendre comme verbe réfléchi, puisqu'on a dit apprendre quelqu'un, aussi bien qu instruire quelqu'un :
Et Dedalus voulant son filz aprendre Voiler en l'air, son vol voulut hault prendre Trop plus beaucop que n'avoit fait son père.
(Gringore, Folles enlrepr., Bibl. elz., p. xvii.)
Pour luy raprendre son langage,
Nous le mettrons en une cage;
On y apprend bien les oyseaux
A parler. {Farce de Maislre Mimin.)
Je n'ay faict ce traicté sinon
Que pour aprendre ung mien amy.
[L'an de rhétorique pour rimer en plusieurs sortes de rimes. Anc.poés. franc., l. m.) Tant d'humeurs, de sectes, de jugements, d'opinions, de lois et de coutumes, nous apprennent à juger sainement des nostres , et apprennent notre jugement à reconnoistre son imperfection et sa naturelle foiblesse, qui n'est pas un léger apprentissage. (Montaigne, Ess., i, 25. ) — Elle (la philosophie ) fait état de séréner les tempestes de l'asme et d'apprendre la faim tt les fièvres à rire. (Id., ibid.) — Pompée, Milanois, qui l'avoit appris à danser et faire des armes. (BRANT.,C'o/7i7./r., Charles IX.)— Et l'oppiù si bien.... (Lar., Nuicis, m, 2.) Un sien juge choisi, par lui jugé, appris, Et depuis fugitif. (D'Aub., Les Trarj., iv.)
• Et encore au dix-huitième siècle :
Le temps et vos leçons ï apprendront iichanier. (Boissy, Les Dehors tror.ip., i.7.)
On trouve encore une trace de l'ancien emploi que nous siijnalons dans les locutions familières : c'est un homme mal appris, c'est un mal appris.
C'est ainsi qu'on a encore dit, et très-heureusement :
Mendier n'est pas honte à la cour; c'est toute la vie d'un courtisan. Dés l'enfance, appris à cela, voué à cet état par honneur, il s'en acquitte bien autrement que ceux qui mendient par paresse ou par nécessité. (P.-L. Cour., Simple dise.)
Du reste, il était très-fréquent dans l'ancienne langue d'employer le pronom personnel devant certains verbes neutres dont l'action se réfléchit en quelque sorte sur le sujet. Ce point très-
APPRENDRE (S'). — s'accoI c.iiku. — si-: comua nui:. '(•>
curieux (le f;rauiiuaiit' u'ayanl jauiais t'U* , (|ut' nous sacliions, mis on relicl', iiuus croyous utile de saisir ct'll»' occasion dt-W'.tablir par de nombreux oxcmiilcs.
Ou li'uuvc (loue :
s'ACCorciiF.H, comme accoucher :
Où les femmes s'uccouclieni sans plainle et sans elTroi.
(Montaigne, t'jv., l. i, c. 22.; J'avois délibéré d'altendre que la rojne ma femme if just uccouchéi:. (Lcii. miss, de Henri IV. 2 sept. ICOl, t. v, p. 462.)
s'ai.mkh a, comme aiino' à :
Arislippus s'uimoii à \ivre élrantrer partout. Montaigne, f .v.v. , 1. iii.c. 9.)
s'appaiiaithp: . pour (iji/jm-a/fro , flaiis le sens de se montrer tout à coup :
Dune s'aparui li jorz luz clers. (Benoît, Cliron. des ducs de i\'oim. , ii, 2184.1
— Oui s'aparui à .Moysel. {Dolopathos, Bibl. elzév., v. 1150.;
Les trois rois de grant noblesse , Acomplir vouldrent leur promesse Devant l'enfant, le roy Jhésus,
Là ce 60/» lez roys aparus. (Le Geu des trois roys.)
Un feu s'apparut à luy à la hauteur d'une pique. Bhant., Capj/./i-.. Ciiarles IX.l
— Il disoit au maistre du logis que l'esprit s'estoit apparu à luy. [Caquets de l'accouchée, 2' journ.; — La bonne déesse s'estoit apparue à elle la nuict prccédanle. (Racan, Berg., Arg.)
Je pense à tout moment qu'il s'apparoiM à moy. (Id., l'saum. ii .
C'est celle-là même qu'une autre fois A-'app^ru/ dans les roches de Rambouillet avec l'air et le visage de Diane. fVoiT., Lett. xii.) — Le Seigneur s'apparut a lui dan,^ un buisson ardent. (Mass., Serm. pour la Purifie, i.) — Dés que Jésus-Christ ressuscité se fut apparu à lui. (Id., Serm. pour te jour de Pâques, llésurrect., 1'" p.) — Ouelque chancelant qu'eût paru jiiscju'alcirs saint Pierre, dés que Jésus-Clirisl ressuscité se Jut apparu à lui, il salfernjit et se rassure. (Id. , il)i(l. ) — Le saint prophète Jéremie s'apparut à Judas .Machabée, plein de gloire et de majesté. (Sacy. Trad. des Macli.. préf. ) — Le roi déclara que le dieu des juifs s'étoit apparu à lui en Macédoine sous le même habit que porloil son grand prêtre. Rollin. Tr. des étud., 1. vi, 2 p.. c. 1, art. ;i. ) — Anchise, prince iroyen, issu de Dardanus et fils de Capys , plut si fort a Vénus, qu'elle s'apparut a lui sous la forme d'une belle nyin|the, pimr lui déclarer son amour. Bavle. Dict hist., Anchise.)
SK CHA.NCKLEii, coiimit' c/nmce/tr :
Sans qu'on se chancelle ou trépigne, Vuydons la place a bon goust.
{Le Débat de la nourrisse et de la chainberière. )
SK COMBATTRE, commc roinlidttrc :
l'ur son anior gcnlement se combat.
.\rdiemenl asalu lo leopart.
(Théroulde, La Chans. de Roland, texte de Venise, fui. 72, r, col. 2.;
il APPRENDRE (S'). — sk commence». — se consentih.
Li quens Rolland geiitement se comùai. (Id., ibid., m, GG2.)
Ireement se cumbai al leupart. (Id., ibi'l.. n, 73.)
Par mon serment j'enrage <jue je n'ay à qui me comballrel [Farce du frmic archkr.)
Avec le dur le mol se combaioH : (Cl. Mar., Mdi. d'Ov., I. i.)
.Me fut advis qu'en ce grand chemin sec Un jeune enfant se combawU avec
Un grand serpent et dangereux aspic. (Id., Ballade du jour de Noël. Le froid voudroit le chaud exterminer : Pareillement lé sec avec l'humide Se combatcroil, s'il étoil d'amour vuide. (Cu. Font., De l'am.)
SE COMMENCER, comme commencer. Voir cet article. SE communier, comme communier :
On distribuera en sorte le bénéfice de la communion entre les sœurs, que tour à tour il s'e)i communie trois tous les jours. (F p.. de Sal., Consiii. pour les reliij. (le la Visit., 2] . ) — Après s'être récréée modérément à l'exercice des Muses, elle demeure la plupart du temps retirée en sa chapelle, faisant prières à Dieu, pleine d'ardeur et de véhémence, se communiant une ou deux fois la semaine. (J. d'Au- NALT, Les Aniiq. de lu ville d'Atjen et pays ayàtois.)
Très-anciennement on a dit de même se accomminger :
Et se uccomnnu<jercni les trois parts de l'est. (Froiss., Chron.)
SE CONDESCENDRE, commc Condescendre :
Prendra-t-il donc le parti de la ligue? Je crains qu'il ne s'y puisse co/i(/e.ïcoidre, pour plusieurs considérations. (Paso., Lan. xi, 2.)
SE CONSENTIR, comme coHscntir :
Hz auront, et je m'y consens, Sans l'estuy, mes grandes lunettes.
(Villon, Granl Teslam., Uallade de bonne Doctr. , 147.)
De poinct en poinct je m'y consens. (Id., iùid., Lays, 171.)
Cestuy duc, en parlant à elle, luy fist moult de grandes choses promesses, affin qu'elle se consemisi à sa voulenté. La fille, espérant les choses promises, se constniii à sa \oulenté incontinent. [Le Violier des hisi. rom., c. i. ) — L'àme est blanche et nette, et se le corps ne se conscniist à faire pechié, elle feust touzjours blanche. [Le livre du cheval, de La Tour, c. 8. )
Le droit le veult et raison s'ï consent. [Le Doctrinal des filles à marier.) Ces mots finis, le laurier s'y consent
En ses rameaux qui sont faits de relent. [Cl. Mar., Mit. d'Ov., 1. i.) Si menterie en mes propos je mets , Je me consens qu'il face que jamais
Je ne le voye. (Id., ibid.)
Par vostre foy, vouldriez-vous bien estre ma femme, si vostre père le \ouIoit et si je m'y consens. ( Le Rom. de Jehan de Paris.) Mais prie à Dieu qui me confonde Si jamais à homme du monde De riens me voulus consentir, (Farce moralisée.)
Al'PRENDUK S'. — >!; um uni. — >!•: dm iiti:iii:H. i'i SE COURin, coinnin coitri/- :
Vms i'en courut ;i Cijménc sa mère,
Lui rapporler l'injuro tant ainére. (Ci,. Mar., .'»/('^ d'Ov., 1. i )
SE cn.MNDHE, comiiie craindre :
Jo me crendrcic que vos vos meslisiez. (Theu. , La Chum. de Roi., i, 25.) C'est-à-dire : « Vous vous feriez, j'en ai peur, quelque affaire. >• — Et par celle \oye les bonnes se craignaient et se lonoient plus fermes et plus closes de ne faire chose dont elles peussenl perdre leur honneur et leur estât. (Le Livre du cheval, de La Tour, c. 118. ) — Le pape .se craignant qu'on luy tînt propos qui peut offenser les ambassadeurs des autres princes qui estoicnt autour de luy, manda au roi.... (riIoNT.\uiNE, Ess , i, 10.; — Les gens de bien, ny vivans, ny morts, n'ont aucunement à se craindre des dieux. (Id., ibid., ui, 12.)
si: déchoir, comme déchoir au sens matériel :
Comme on void au poiiict du jour
Tout autour Rougir la rose espanie.
El puis on la void au soir
Se déchoir A terre toute fanie. 'vHo.NSAnn, Odes, m, 1.)
SE DÉDAIGNER, commc dédaigner .■
Du temps que je commennay à porter les armes, le titre de capitaine estoit tiltre d'honneur, et des gentilshommes de bonne maison ne se dédaignoietii de le porter. ;Mo.ntluc, Comment., vu.)
SE DÉJEUNER, coiiime déjeuner. L'ancienne t'orine élail tre.sraisonnable et voulait dire se mettre hors de jeûne :
Cellui qui a les lièvres quartaines face tant qu'il treuve le treille a quatre fueilles, et s'en desjune par quatre jours. (Les Evamj. des Quenouilles, bibl. vVi , p. 87. ) — (jui veult boire de toutes manières de vins et avec toutes manières de gens sans estre yvre, sachiez qu'il ne fault que se desjuner d'une pomme sûre au malin , et boire un trait de fresche eaue . et sans faulte il ne sera ce jour yvre. [Ibid.. p. 91.) — Une femme qui veult avoir petis enfans, tandis qu'elle porte .ï«r doit desjuner au matin d'une loslèc de pain blanc en vin. {Ibid.)
SE DÉLIHÉRER, Comme délibérer :
Le bas>e-contre , voyant qu'il y perdoit .ion temps, son argent et sa peine, .u* dclibi'ru de ne s'y attendre plus. ItES I'éhiebs, Nouv , m, éd. L. .M — Depuis cette bataille, Lucullus .se délibéra de tirer plus avant on pays, pour achever de ruiner et détruire du tout ce roy barbare. ( Auvot, Vies, Luctillus. ) — Un valet de chambre de Charles, dernier duc d'Alenvon . estant ascrti que sa femme, beaucouj) plus jeune que lui, se laissoit entretenir par un jeune gentilhomme, cl ne l'ayant \oulu croire dès le commencement, en la lin .se délibéra d'en faire rcxpcrience, ; H. Est., Apol. pour ilérod., xv. — Je me délibère, quoy qu'il en puisse advenir, me hazanler et l'avoir de force. ( Lariv., I.cs EcoL, i, 1.) — Je vw délit'èie, puisque je me trouve bien a Paris, de demeurer au service de M"" Angélique. ( Fr. dAmuoise, les Napot. . v, 12.) — Par les affaires que de jour a autre on me suscite, contre lesquelles je trie délibère de lutter avec tant
40 APPRENDRE (S').— se deviser. — se dormir.
de constance qu'enfin... {Leii. miss, de Henri IV, t. ii, p, 307, à la reine d'Angleterre.)— Par un effort de sagesse extraordinaire, je me delibermj de cherchoi mon salut en ma fuite. [TiiÉopu., Epist. d'Actéoii à Diane, ou le Cliass. mnourcux. — Se délibéra ]yav l'advis de tous de le faire et establir son lieutenant-général, pour commander ainsi que luy-mosme en toutes ses armées. ( Mém. de Clieverny, l.')87.) — 11 se délibéra d'accomplir ce qu'il avoit promis. ( .Sorel, i'rancion , IV.) — L'on m'enseigna même un certain livre fort nouveau, et d'un auteur fort renommé, que je vie délibérai) d'acheter, pour y apprendre commeni il falloit écrire selon le siècle. (Id., ibid., v.)
SE DEVISER, comme deviser :
Prenez le tout estre dit et escript pour demonstrer la fragilité de celles qui ninsi se devisent souvent quant ensamble se trouvent. ( Les Evunij. des Quen., éd. Jann., p. 97.)
Cependant, pauvres que nous sommes,
Nous endurons ces gentilshommes.
Depuis le matin jusque au soir
Se deviser sur un contoir
Avec nos femmes. (Grevin, Les Esbnlus. i, 1.)
SE DjNER, comme dîner :
A la feste de la Pentecouste,
Qui bien se dîne, cher lui couste [Ane. Prov.)
Uu advocals pervertisseurs de droict et pilleurs de paovres gens, il se dipne ordinairement et ne luy manquent. (Rabel., ii, 11.)
Dit probablement par analogie vicieuse avec se déjeuner. » SE DISPARAITRE, commc disparoître :
Durant lesquelles dances la dame invisiblement se disparut. (Rauel., v, 25.)
SE DORMIR, comme dormir :
Caries se dorme qu'il ne s'esvelz mie.
(Thér., La Ckans. de liuland, ch. ii, texte de Venise.)
Karles çfi dort cum hume traveillet. [Ibid. éd. Gén., iv, 129.)
Caries se dort tresqu'al demain cler jur. [Ibid., 174.)
La bielle fille à l'empereur vint desous cel arbre là ù Coustans estoit ki se
dormait. [Li Contes dou roi Constant à l'empereur. Nuuv. Jrançoists du xiii" siècle,
Bibl. el/.év.)
Certes, dame, de me dormir Me puige très-bien astenir.
(Li rounians dou cliaslelain de Couci, v. 513, éd. Crap.)
Et vous dormir entre blans draps
Despuis le soir jusque au matin. [Farce de Folle Dobunee.)
11 se trouva en la chambre où la levriere se dormoil. [Cent Nuuv. du roi Louis A'/, xxvin.) — Ainsi que une nuycl me domioye sur mon lict, ayant tous mes membres de sommeil fort agravez, me survint ung songe merveilleux duquel lus nioult esbahy. ^Rùb. Gobi.n, Les Loups ravissuns, Le Prol. de Tact.)
AJ'PllENDRE (S'). — s'r.ciiAi'fCK. — s'essayer. i7
s'échapper a, comme khappcv ù, dans le sens de : N'être pas saisi, apcrrii, (h'^coiivcrl , rciiiai'ciiK' :
Orur liuniain, abînio infini, qui dans tes profondes retraites caclies t.mt de pensées dilTiTciiles. qui .s'éc/mp/;(.«« (i tes propres yeux. (Boss., Pcmiij.dc S. Vicior. l" p. 1 — Plusieurs vérités s'échuppiraietil nur yeux de notre esprit, si quelque sage maître ne nous tournait vers elles. (Lami. Eutrcl. sur les sciences. G" enir.)
s'Éclater, comme (klutar :
.... croyant que le courioux Du père tout-puissant s'cclaieroii sur nous. (TnoTEiiiiL, Les Corriv.,v. 1.) Il étoit bien à craindre que, si la chose duroit, il ne s'éclaiât quelque mésinitlligence et division intestine. (Richei.., Mém., I. xx, 1G29.;
s'e.ncourir, s'en aller, s'enl'uii" en courant :
Il fut frappé de ces paroles comme d'un coup de massue, et s'cnanirui tout transporté frapper à la porte <le la chambre où Doguin se mouroit. (Scahr., Ilom. com., l'" p., c. 6.)
Ce discours fut ;ï peine proféré,
Oue l'écoulant v'eHcof/ra/».... (La Font., Contes, Aveu indiscr.)
s'e.ntrer, comme entrer :
En ses chambies «'en velt entrer.
{Floire et lilauceflor, éd. du Mér., v, 1310, 2' vers.)
Pandaro arriva, a qui l'uys jamais ne se trouva fermé, et s'en entra en la
iliambre là où elle faisoit ses pileux plains. [Le Livre de Troilus. Bibl. elz., iv.)
—Si «en entrèrent dans la ville et vindrent devers le palays du roy. le liom. de
Jelt. de l'ar.)
s'ESSAMMt, ('oiiiiiK' cssiijii'r :
Par un secours trop laid \cnu s'essaye A surmonter la mort dure et perverse,
Et l'art en vain de médecine exerce. (Cl. Mail, 1/t'(. d'i c, I. ii.
Le bon Abdolumin s'essaijoit par toutes voyes honnestes et hgitimes de faire la paix. St;ni:LA.\i)nE, Tyr et Sid., Arg. ) — (ju'elles s'esiaycnt de s'emlnrmir toujours en quelque bonne pensée. ( Fn. de Sal., Directoire, art. 10.} — Si je vais où il est, je m'essuyerai de lui en parler. (Id., /.(/(., à .M""^ de Chant., 29 sept. )C08. ) — Mays ce qui est le pis, t;'esl que cette calamité y fait naisire une lamentable désunion, tandis ([uo chacun s'essaye i\t' tirer à soy le peu de moyens et d'argent qu'on y jjorlc. (Id., A S. A. Ch. Einm. I", 11 di c. I(j20. \oitv. lett. inéd., Lett. -JG-l' . ) — Il s'y trouva une telle foulle, concours et aflluence de peuplf, nonobstant tout l'ordre qu'on s'essuyast a y donner, que les deux ruys furent ung grand ijuarl d'heure, dans l'allée du |)arc du dicl Plessis, à se tendre les bras 1 un a I autre, sans se [ijuvoir joindre et approcher. { L'Estoile.) Par menaces après, par piquantes injures, S'efsay'ercni plonger cette âme en leurs ordures. 'D'.\id , Traij., iv.)
Les dames, mi-coiffées, A plaire à leurs mignons s'cssuyeui cschauffées. Id., i/»i /., v.)
On (lit oncoi-e s'cssoi/cr, mais dans un sens différent.
48 APPRENDRE (S').— si: i ki.ndre. — se pâlir.
SE FEINDRE, comiiie feindre :
Je vous entends venir, il ne faul plus vouf feindre. (Racan, Pu&g., ii, 2.) SE lORFAiRE, coiiime forfaire :
Jamais ne me voulux forfaire. {Farce des femmes.)
SE GiRE, comme girc :
Caries segisi, mais doel ad de Rollant. (Theh., La Cliaus. d.- Roi., iv, 117.) — <c Et qu"esse-cy? » dist la fumelle Qui se gisoii dedans son licl. (Les Drois noiiv. eslablis sur les femmes.)
SE LARMOYER, commc larmoyer:
Tout à un coup je ris et me laimoye,
Et en plaisir maint giief tourment j'endure. (Louise Labé, Eiéy.)
SE MARCHER, comme marcher :
Il estoit assez bon folastre,
Et se marchoii de bon biés. [Farce de la Résurr. île Jeu. Landore.)
SE MÉFAiRE, comme méfaire :
Jamais ne croyez en ce faicl,
Car point ne se vouldroit meffairc. (Farce 7iouv. d'ang Mary jaloux.)
SE MOUSSER, comme mousser :
La liqueur de ce bassin est continuellement agitée, et ne fait que se mousser et s'élever en bouillons. (Sorel, Francion, tu.)
SE MLRiii, comme mûrir :
Le fruit est mauveys qi ne se meure. {Prov. de Fraunce.)
SE NAITRE, comme naître :
Ainssy le dist et devisa
Qu'estoille ystroit de Jacob
Et sy naistroii lors à ce cob, ♦
Un enfant des flans d'une famme
Sans santir natureil difîamme. {Le Geu des trois roys.)
Mais ores je suis en grand doute
Que de ceste badinerie
Se naisse aucune fascherie. (Est. de Jodelle, Eugène, ii, 3 )
lîref, tu sçais quelles sont les envieuses rages Qui mesme au cœur des grands peuvent avoir vertu, Et qu'avec le mépris se naissent les outrages. (Chapelle, à sa Muse.)
SE PALIR , comme pâlir :
Là de ton tein se pallissoient les fleurs. (Rons., Amours, i, 36.)
Si c'est aimer, avoir toujours dans l'àme Le souvenir d'une seule déesse; Si c'est aimer, se pâlir de tristesse, Mourir absent des beautés de sa dame. (Amadis Jamin, Sonneb.)
APPRENDRE [S'). - sk i'autir. — si-: soipr-ONNER. 49
SE PARTIR, comme pai^tir ; c'est la forme logique et conforme à l'étymologie [se partiri ab, se séparer de) :
Après ceste proière «e parti l'arme d'au cors au benoit martir Rollant , et laissa le cors. ( La Chroii. de Turpin. ) — Laquelle chose estant venue à la cognoissance dudit sire de Talbot, se partit incontinent cl en grand liaste de Bourdeaulx. (J. Chart., Cliron. de Cliarl. VU, c. 2(10.) — Se partirent les Anglois bien joyeux d'Espagne, de ce rju'ilz avoient bien besongné. [Le Rom. de J. de Par) — Las!qu'as-tu fait de i't'H ;3ai(iV ainsi? (Cl. Mar. , Epist., i, 1517.) — Dame Modeste luy re-spondit avec un grand sonspir, qui se partit du plus profond du cœur. (Lariv., Facêl. iSuicts de Straparole, ,'j' nuict, fable .'^.
SE PENSER, comme penser :
— et bien se pensoijoieni Qu'à quelque chose serviroyent.
(Poésies altrib. à Villon, La Repue franche du l.ijrnousi».) Si me suis pensé que plus bel mariage on ne pourroit trouver. [Le Rom. de J. de Par.) — Je me suis pensé de m'en aller en Espaigne en habit dissimule. (Ibid.) — Et en regardant la beauté et bonne grâce de sa fille Floride, qui pour l'heure n'avoit que douze ans, se pensa en luy-mesme que c'cstoit bien la plus honnesie personne qu'il avoyt jamais veue, (Marg. d'Ang., Hept., lO'nouv.)
SE PÉRIR, comme périr :
Mon amy, ton corps se perist -.
Donnes à Dieu ton esprit,
Et n'allègue plus tant de plaids. [Le Disc, du ircspus de Vert ,1anct, 1537. Poés. fr. des xV' et xvi= s., t. 1. Bibl. elzév.)
SE l'OLRPE.NSER, comme pourpenser :
Ainsi que je me pourpcnsois
Se outre la baie passerois,
Je vis vers moi tout droit venant
Un valet bel et avenant. [Rom. de la Rose.)
SE PRENDRE GARDE, coiume prendre garde .-
L'on se doit prendre garde iUT[ou\ ie certains titres trompeurs, qui promi'ttent beaucoup et ne tiennent rien. La Mothe le Vayiir, IJoinél. acad., n, -2.]
Se, dans cette phrase, pourrait passer pour un réj^iiiic indirect.
SE RENTRER, cominc rentrer :
Et se rentre en la chambre et ferme la porte sur luy. Brant., Dames (/(il.. Disc. VI.)
SE REVERDIR, coiuinc reverdir :
Le printemps es! venu, et fait dehors si tresbel que les prez et les arbres et toutes autres choses se reverdissent. (Le Liv. de Troilus, Bibl. elzév., vu. )
SE SOUPÇONNER DE , Comme soupçonner, ou plutôt se douter de :
Émée, se soupçonnant de trahison, s'en est retournée en son logis. (Lariv., La \'euve, iv, 3.)
50 APPRENDRE (S'). — se souper. — se tempêter. SE souper, comme souper :
Souppe toij, sans aucun arros(,
El garde Lien la maison. [Farce dt Jeninnt.)
Un soir tout seuUct me soiippoye
De ce tantinet que j'avoye. (Le Débat de l'eau il du vin.)
Le plus des fois Monseigneur se disne et soupe de biscuit et de la belle fontaine. (Cent Nouv. du roi Louis XI.)
On disait aussi être soupe, comme on disait se souper :
Elle s'embcsongne A luy faire un peu de potaige, Avec un petit de fromaige Et une foys de ripopé, Dont il esl grandement souppé. (Serm. des Maulj de mariage.)
Même observation que pour se dîner.
se sourire, comme sourire :
Vénus lors se souiisi. [L'Enfer de lu mère Cardine.)
Ainsi qu'elle (Jeanne 1", reine de Naples) tissoit un cordon de soye, le roy An-. (Iré lui demanda à quoy estoitbon cet ouvrage? Pour vous estrangler, responditelle en se sousrianl : parole que le mary tourna en risée, qui sortit toutes-fois son effect. (Pasq., Jiecli., vi, 26.) — La roine Ëlisabetb dit à Parri (qui avoit projeté de l'assassiner) qu'il cstoit temps qu'elle se retirast, «comme celle qui devoit eslre saignée le lendemain par l'ordonnance de ses médecins; et en se sousrianl, ajouta qu'on ne lui tireioit point tant de sang , comme beaucoup de jjens désireroient. » (Id., CaiécJi. des Jésuites, f. 208.)
Alors Vénus se sourit,
Et en le baisant le prit,
Puis sa main lui a soufflée
Pour guarir sa playe enflée. (Rons., L'Am. vol. de miel.)
SE SOURIRE DE, Comme sourire de :
Des capitaines des gardes et autres gens de guerre qui estoient là se sourioienl de le voir, à cet âge, parler d'aller sur le pré. (Racan, Vie de Malli.) Jugez-en, s'il vous plaît, par ce que je vais dire :
Vous pourrez bien vous en sourire. (Lchet, Muse ftist.. 30 juil. 1667.)
SE SOUSCRIRE, comiiie .souscrire :
ie me suuicri^ à vostre sentence et loue \oslie ad\is. (Laiuv., Le Fid.,i, i.)
SE TARDEii, comme tarder .-
Del' respondre un petit se tarde. ' [Dulopatlws, éd. elz., v. 648 } Ils se lardent de respons rendre.
[Floireel Blaucejlor, éd. du Mér., v. 669.;
SE TEMPÊTER, comme tempêter :
C'est à la loi salique que l'on en veut; c'est contre celle-là que l'on a vu
AITIUVOISEK. — APPROBATION. 51
déclauicr don lnij;o de Mcndose; c'est contre cell -là que l'on a su le» piudicaleurs se tempcier en leurs chaires. (Du Vaib, llui . au pari., 28 juin 15'J3.)
SE TitANsiu, comme transir :
Il s'étonnera, il se iian.sira (Montaigne, /J.vv., 1. i. c. 36.) — L'esprit iiumain n'est capable que desctioses médiocres, méprise et dédaigne les petites, s'élonne et se (ruiisit des grandes. (CiiAnn., Sa(j., I. ii, c. 5.)
SK viiiiDiH, coiiiiiie verdir :
(Jo fut en mai enprés a\ril ke l'erbe s'tsi verdie. [.\<iRo. Fantosmk, CJiroii., V. 1101.)
.*^^. vivRi:, coiiiiiin civ/v :
Tels ad hors graunt reiioun
Qui dedenz sa meisoun
Mult lascliement se vil. {Les l*rov. dil Vilain.)
Le miel decoroient. (découloient) des chesnes, Dont liabundamment se vivoieni. [liom. de ta Rose. v. «116.)
L'exemple de Corneille : « Je m'appris à rimor, » est dans l'aiialoiiie de tous ces anciens verbes rtUlf-chis ; mais on sent l)ieii (ju'il y a une nuance délicate de signification entre le neutre apprendre et le réfléchi s'apprendre. La même remarque s'applique cl la plupart des verbes dont nous venons de présenter des exenq)les.
I.a langue espagnole aime encore à faire ainsi pronominaux nombre de verbes <pii semblcraifiit devoir plus iialiirtlli'tnt'nt élrc neutres.
APPRIVOISER. Uemar(piai)ie emploi au figuré :
Quelque peu qu'on lui dise, on craint de lui trop dire,
.\ peine on se hasarde à jurer qu'on l'admire,
Et pour apprivoiser ce respect eniiewi.
Il faut qu'en deiiil d'elle elle s'offre a demi. ,"//(.. m, 1.)
— M'i'iti\(iisi.n , pliei' aux exigences de, accommoder liabile-
meiit à :
Savoir les règles, el entendre le secret de les apprivoiser adroitement avec notre ihéitre. ce sont deux sciences bien différentes. Cal. du l'ai., Eptt.)
AI'IMlnl'.ATln.N, >,■ rap|ioiiaiil à un iimn de cliuse : estime, faveur :
Hion que d'abord cette pièce ii eut pas gramli- approbation, quatre ou cinq aii,«; après, la troupe du Marais la remit sur le lliéàlre avec un succès plus heureii\. [Ejcanu'H de la Suite du Ment.)
Il y a de nontbreux e\em|>les de cette signification :