APPUI. — ARBORER
APPLl, lig. l'UE.NDiui DE l'appui SUR, faiio l'ond sur :
Mais prenez moins d'appui Mtr un cuour iisuri»',
Il peut vous ocliappcr, puiscju'il m'est éfliappi-. (ïoiv. d'Oy, m, i.)
APPUYER, lig. :
Un père est toujours pcre, cl sur celte assurance
J'ose appuyer encor un reste d'espérance. ^l'ot., v, 3.)
APRE, au figui'i'', cfiicl :
Aux plus âpres lourvwnis un chrétien est en hutte,
Comment en pourrez-vous surmonter les douleurs,
Si vous ne pouvez pas résister à des pleurs? [l'ol., i, 1.)
Les gens de Cornélie, entre qui vos Romains
Ont déjà reconnu des frères, des Germains,
Dont Vûpre déplaisir leur a laissé paroître
Une soif d'immoler leur tyran à leur maître. (l'omp., iv, 1.)
APRÈS, d'après :
Mais vous en jugerez après la voix puhlique. {.Menl.^ i, 2.)
iiouante. Ole charmant purlrail ! l'aduraLle peinture !
Elle est faite à plaisir.
LISE. Apres le naturel. [Suiie du Ment., ii, G.)
Oïl tfuuve jusqu'à la lin du dix-se|itit'me siècle des exemples de la pn'pusilioii après eiiiployëc pour d'après, à l'imitation de :
Ses dialogues ne sont donc pas de pures fictions , comme l'on se ponrroit imaginer, ce sont des peintures faites après nature. (Fleury, Disc, sur Platon, iv. — l'yrrhon, après Homère, comparoit ordinairement les hommes à des feuilles d'arbres qui se succèdent perpétuellement les unes aux autres, el dont les nouvelles prennent la place des vieilles qui tombent. (Fén., Vies desanc. pliil., Pyrrh. n.)
— M'UKs MON i'i;iu; muut, apri's la murl de mon père :
Après mon père mort, je n'ai point à choisii'. [f-e Cid, iv, 2.)
ARHORER, en parlant de lauriers :
Au milieu de l'Afrique arborer ses lauriers. (Le Cid, 1 1, 5.)
L'Académie avait dit : « Arborer ses lauriers est bien repris par l'observateur Scudéry, parc»' (|u'om ne petit pas dire arborer an arhrc, etc. »
Voltaire justifie ainsi Corneille :
\< Arborer ses lauriers >> ne vent pas dire niellre des lauriers en terre |»oin" les laii'e croître, planter des lauriers; mais, comme on coupait des hianclies de laurier en l'iioinieur des vaiiupieiirs, c'était U's arborer (pie de les porter en t!icini|)lie, les montrer d(» loin comme s'ils étaient des arbres vi-ritaldes. ('es fiL'urt'S ne sont-
bi ARCHER. — ARDEUR.
cWes ]")as pormisos dans la poésie? » [Remarq. sur les Scntim. de V Acod. sur le Cid, TI, 5, 38.)
Nous partageons l'avis de l'auteur du Commentab^e sur la légitimité de cette locution , bien que Ménage se joigne à l'Académie pour la blâmer, dans ce passage de ses Observations sur la languie française : « M. Corneille a dit dans le Cid : Arborer des knn-iers. Au milieu de l'Afrique arborer ses lauriers. Mais il en a été repris avec raison par M. de Scudéry et par Messieurs de l'Académie; car on ne dit point arborer un arbre; le mot arborer ne se prenant que pour des choses que l'on plante figurément en façon d'arbres, comme des étendards. » (l'" p., c. 247.)
Corneille, cédant à ces chicanes, mit dans son édition définitive :
Porter de là les mers ses liantes destinées, Du sang des Africains arroser ses lauriers.
ARCHER. CE PETIT ARCHER, pour désigner le dieu de l'amour, Cupidon :
Toutefois je songe à ma maîtresse ; Ce penser m'adoucit. Va, ma colère cesse, Et ce petit archer, qui dompte tous les dieux. Vient de chasser la mort qui logeoit dans mes yeux. (Illus. coin., ii, 2.)
ARDENT APRÈS, qui recherche, qui poursuit avec adresse :
L'imposteur impuni passera pour monarque,
Tout le peuple en prendra votre bonté pour marque.
Et comme il est ardent après la nouveauté.
Il s'imaginera son rang seul respecté. [l'ertli., iv, l.j
Mais le grand Mérovée est un roi magnanime,
Amoureux de la gloire, ardent après l'estime. [Ailila, i, 4.)
ARDEUR, pour signifier la chaleur et la vivacité du sang et du courage :
Cette ardeur que dans les yeux je porte,
Sais-tu que c'est son sang? le sais-tu? (Le Cid, ii, 2.)
« Vnc ardeur ne peut être appelée sang })ar métaphore ni autrement. »
Après avoir cité cette critique de l'Académie, La Harpe dit très-justement :
« J'en cloute; l'on dirait fort bien : Cette ardeur que j'ai dans les yeux, mon père me l'a transmise avec son sang; et, par une figure très-connue, en mettant la cause pour l'effet, je dirais : Cette ardeur que vous me voyez, c'est le sang de mon père; et
AUDl-y/. — AHUHÏ .V)
litiit If in(>ii(l(> m'cntciidrail. CcKo rrili(]no est liop vôlillfiiso. » [Lycéerl^l^.A. r, c. 2, §-2.)
— AiiDriuu, av(M^ h; plur., (h'-sii' ardciil, s'a|»|>rK|uaiil à diverses
choses :
Fiorame vaut lui seul à ma pucli([ue flamme
Tout ce que peut le monde offrir à mes nrdcurs. '
De mérites, d'appas, de biens et lic giandeiiis. La Suiv-, iv. T.)
Ardc'in-, dans le sens moral, se rencontre an |dni-iel avec diverses nuances de signilication :
Mes amis les ont exigés de moi tels qu'ils étoient, avec la foiblesse, l'imperfection et l'inégalité où l'esprit s'emporlc avec dérèglement, dans les premières (irdiiirs, quand ou fait le plan d'un grand ouvrage. (D'Aun., Pral. du théâl , r, i.) Le sang des Avalos bouilloni;.; dans mes veines. Et mon cœur échauffé de ses nobles ardeurs Ne peut fixer ses vœux qu'au faîte des grandeuis.
iDest., L'Ambii. m l' Indisc, 1,8.) Mes feux longtemps secrets, mes funestes ardeurs. (La IIaiu-e, Mêlait , i, 1.) J'ai de Sullon méprisé les ardeurs.
J'ai rejeté ses présents corrupteurs. iViennet, Sédim, ii.)
Mallct cherchait une voie à ses goùls et à ses ardeurs d'étude et de polémique. (Ste-Beuve, Causeries, l"sppl. 1851.) — Ces travau.v redoublés, ces nobles ardeurs et ces chagrins des dernières années la (M""" Dacier) consumèrent. [ld.,ibid., G mars 1854.)
ARDEZ, pour regardez, par apocoite ;
Ardez, vraiment c'est mon, on vous l'endurera !
Vous êtes un bel homme, et je dois fort vous craindre ! {Gai. du l'ai, iv,r2.) Ardez, messieurs, il y a ijuarante ans que j'ay une grande et fâcheuse migraino on la leste, cunime vous savez. (Béi\oaliie de Vervilli;, Moyen de parvenir.)
Ardez le beau museau, Pour iiuus ilunnr.'r envie encore de sa peau I (.Moi,., I)ii>it ainom ., m, 4 )
('.elle exjjrcssion est encon? usitt'c dans le RtM'ii et |)ays circon- Nuisins. \'oir le Glossaire du centre de tu France, \yài' .M. 1«' conile
J Al HKUT.
.\K.MK, ^ld»^t , \uniy liomme armé :
Troupe A'arviés. J'iacc lloij., iv, 1 )
ARllET, chose (lul arrête :
Ainsi ces indi.screts perdent bientôt mes grâces
Pour oser plus qu'il ne me plaît ;
Et leur \ol rencontre un arrtl Oui les rejette au rang des âmes les plus basses. hmt.. jm 7 )
— FAiRi: SON AUiiiVr, prononcer son arrêt :
Tu sais ce qui l'est dû, lu vois que je sais tout;
Fais ion arrfi loi-mème, el choisis tes supplices. i'.tnna, v, I.)