ARRETER
ARRETER, fig., retonir, onchaîiier, captiver :
Je ne recheiclie plus la damnable origine De celle aveugle amoui' où Placide s'obsline. Celle noire magie, ordinaire aux chrétiens,
L'arrête indignemenl dans vos houleux liens. {Thcod., il, 5.)
Vous ne prétendiez point m'arrêier dans vos fers. (Rac, Amtr., iv, â.) [Is onl rompu les liens les plus forts, qui depuis longues années les arrêtoieiit. fBoURD., Serm. sur la Cliariié env. les uouv.calhol.)
— ARBÊTEU, lixer, empêcher de se livrer ù des entraînements légers :
Je cherche à Varrêler, parce qu'il m'esl unique,
Et je brûle surtout de le voir sous vos lois. [Ment., ii, 1)
— ARRÊTER, borner, avec un adverbe de lieu :
l.a haute vertu, dans un naturel sensible à ces passions, qu'elle dompte sans les alTuiblir, et à qui elle laisse toute leur force pour en triompher plus glorieusement, a quelque chose de plus louchant, de plus élevé et de plus aimable, que celte médiocre bonté, capable d'une foiblcsse el même d'un crime, où nos anciens éli.'ient contraints d'arrêter le caractère le plus parfait des rois el des princes dont ils faisoient leurs héros. [Examen du Cid.)
Le trouble de mon cœur ne peut rien sur mes larmes,
El, parmi les soupirs qu'il pousse vers les cieux.
Ma constance du moins règne encor sur mes yeux.
Quand on arrête là les déplaisirs d'une âme,
Si l'on fait moins qu'un homme, on fait plus qu'une femme. [Hor., i, 1.)
On trouve d'une manière analogue avec dans : Ceux qui ai ?ei/e/u toutes leurs pensées t?a?i.ç le présent. (Arn. d'Andilly, Leit. 18.?.)
— ARRÊTER À, borner à, suivi d'un infinitif:
Et moi dorénnxnnl y arrête mon envie
A ne servir qu'un prince à qui je dois la vie. (Clit., v, 1.)
— s'arrêter dans, être renfermé dans les limites de :
Je souhaiterois, pour ne point gêner du tout le spectateur, que ce qu'on fait représenter devant lui en deux heures se pût passer en effet en deux heures, et que ce qu'on lui fait voir sur un théâtre qui ne change point pût s'arrêter dans une chambre, ou dans une salle, suivant le choix qu'on auroit fait. \Trvis. Disc.)
— s'ARRÊTEit CHEZ, sc fixcr sur :
El mon affei'lion ne s'est point arrêter
Que chez un cavalier qui l'a trop méritée. [Met., iv, 2.)
— ARRÊTER, neutre, s'arrêter :
Arrêtez donc, Seigneur, El s'il faut prévenir un mortel déshonneur, Rece\ez-en l'exemple, et jugez si lahonie,.. [Olh., i,4.,
Nous ne voulons point «rcéier. (Boss., Polit., ix, 1.,
ARlUEUi:. — AUTICI.E SLlM'llLME. 57
— ARRÊTÉ. ÊTRE TOUJOl RS ARRÊTÉ DES YEUX SUR UiN HOMME,
Ir lixer sans cesse :
/?<re lo^ijvurs des yeux sur un liomme arrêtée. {La Sitiv., i, 9.)
ARRIERE. Mi.TTUK uuELori': chose en arrière, le négliger, n'en pas tenir cunijjte :
Sache pour ton salut meure tout eu arrière,
Et l'iivoir seul devant les jeu\. {fmii., u, 5.)
— METTRE roUR quelqu'un SON BONHEl R EN ARRIÈRE, SG SaCl'i-
liff pour lui :
Puisqu'il met pour autrui iO« bonlieur en arrière. [La Veuve, m, 2.)
— RETIRER EN ARRIÈRE, eii parlant d'une chose inorale, la soustraire, cesser de l'accorder :
Aussitôt que du ciel dans Ihomme elle (la gràce^ descuiul.
Il n'a plus aucun foible, il peut tout entreprendre.
L'impression du bras qui daigne la répandre
D'inlirnie qu'il étoit l'a rendu tout-puissant;
Mais sitôt que ce bras la relire en arrière,
L'homme dénué, pauVre, accablé de malheurs,
Et livré par lui-même à sa foiblesse entière,
Semble ne voir plus la lumière
Que pour être en proie aux douleurs. (///i.j., i, S.)
ARRIVE. SOUHAITS ARRIVÉS, soulialts accomplis :
Tes souhaits arrivés, nous t en verrions dédire. [Lu \euve, m, 1.)