AUPARAVANT. — AUPRÈS
— AUCUNEMENT, clioz Coi'iieillc , équivaut parfois k peut-être :
Tincis. J'aimerois beaucoup mieux savoir ce qui se passe,
El la part qu'a Tircis en votre bonne giâce. MKLiTE. Meilleure uucunemcui qu'Érastc ne voudroil. [Mél. , n, 8.)
« Aucunement, dit Voltaire, est un terme de loi qui ne doit jamais entrer dans un vers. » [Rentanj. sur liodog., m, 4.) L'Académie, nous l'avons vu, a sanctilié l'arrêt du commentateur de rorneille.
AUPARAVANT que, employé comme locution conjonctive, et d'une manière ollii)tique, avec un régime :
Et déjà dans l'espri! je senlois quelque ennui
D'avoir connu Lysandre aupuravaiit que lui. (La Gui. du Pal., ii.)
Vous me fûtes promise aupauivanl qu'à. lui. [Sopl,., ii, 2.)
Et l'eût mise en étal, malgré tout son appui,
De se plaindre à Pompée auparuvanl qu'k lui. {Powp., m, 4.)
« Auparavant qu'à lui » n'est pas français, dit Voltaire. Cet adverbe absolu n'admet aucune relation, aucun régime. Il faut « avant qu'à lui. » Il fallait dire : n'est plus français; car .\li'AR.\- VANT a été préposition :
Je l'estimai jadis, et je l'aime et l'eslime
Plus que je ne faisois auparavant son crime. ( Wti/. , iv, 2 )
Défendons à tous nos juges avoir aucun esgard aux provisions par devoluls, soient apostoliques ou autres quelconques, auparuvanl la déclaration d'incapacité. (Estais d'Orl., touchant les ecclésiast., art. iv.) — Nous avions auparuvanl la réception de vos lettres, dcjicsché et faict partir nostre cousin le duc do Longueville. {Lelt. miss, de Henri IV, 4 mars 1594, t. iv, p. 105.) — L'année d'auparavant sa mort, n'ayant point d'enfants, il (Adrien) adopta un Cejonius Comniodus, auquel il donna le nom de Lucius jÏIius Verus. (.Mézer., Uisi. de Fr. av. Clovis, II, 9.)— Tout ce qui se dit ou se fait auparavant son arrivée. (D'Ald., Prat. du ihéàt., IV, 1.)
On l'a employé aussi comme locution prépositive, et l'on a dit auparavant de, pour avant de :
Mais auparavant d'entrer dans ce détail, il esta propos.... [Trois. Facium jwur Ant. Fureii'erc contre l'Acad., 1" p.)
Aujourd'hui auparavant est toujours adverbe. .\UPRÈS, avec un régime, sans de :
LYSANDiiE se retirant d'a.upïcs les boutiques. [La Gai. du Pal., i, 7.)
Auprès s'est ainsi longtemps employé sans de, comme on emploie cwcoyq près dans le style familier : On ne cognoisl aujourd'huy le gentilhomme aupi'es le savetier, tant chacun est
AUSSI. — Al TANT. 73
niainlenant brave. (Lariv., I.c Luq. . m, ;j.; — L'n jiasloiir frais et en parfaite santé, en linge fin et en point lie Venise, a sa place dans l'œuvre, auprci, les pourpres et les fourrures. (La Briy., Caract., De quelq. usag.)
AUSSI, dans la siyiiilicalidii de pareillemenl , de nie me , employé dans le style élevé avant le verbe :
Mais ils sont innocents; aussi l'étoit mon frère.
Us sont trop criminels d'avoir Jason pour père. [Méd., v, 2,)
Cette inversion était fréquente en toute sorte de style, au seizième et au dix-septième siècle :
S'il avoit quelques imperfections, aussi avez-vous, aussi avons-nous. (Rab., m, l'rol.) — Les enfants ont peur de leurs amis mêmes quand ils les voient masqués; ausii avons-nous. !.Mo.nt., Ess. i, 19.) — Tout ainsi que ce siècle produisit plusieurs gens doctes, ausn se réveilla' la dévotion dos supérieurs de l'Eglise cw faveur des bonnes lettres. (Paso , licch., m, 29.) — Comme la mode fait l'agrément, aussi fait-elle la justice. (Pasc , Peus., éd. Louandre, vu, 5.) — Les dirétiens comniuiiioienl souvent; aK.yii faisoienl les moines pour la plupart. (Flelky, )[œurs des clirét., Liii.) — Est-ce qu'il ne le peut, ou qu'il ne le veut pas? Si c'est impuissance, il n'est pas Dieu, aussi peu l'est-il si c'est insensibilité. (Uourd., Senti, pour le A" divt. de l'Epiph.)
— AUSSI, employé comme non plus, dans une i)lirase néj^ative:
Se relever plus forts, plus ils sont abattus.
N'est pas attiii l'effet des communes vertus. [Polyeucie , v, 6.)
Nous ne répéterons pas ce qui a été dit sur cet emploi dans le Lexique de Molière de M. Génin. Nous nous contenterons de quel- (jues nouveaux exemples dont le dernier montre (jue cette manière de parler se retruuve jusiiu'à la lin du dix-huitième siècle :
Le peu d'estime qu'on fait de mes esprits, et les médisances contre une réputation de si peu d'importance, sont des outrages qui ne me nuisent guère, et qui ne m'aflli|.;ent pas aussi beaucoup. (Tukoph , Œuvr., 2' p., au lecl.) — Il n\o reste seulement à examiner de (juelle fai.on j'ai acquis cette idre : car je ne l'ai pas reçue par Us sens, et jamais elle ne s'est offerte a moi contre mon attente, ainsi que font d'ordinaire les idées des cliosis sensibles, lorsque ces cboses se présentent ou senibkiit se jjrcsenter aux orjranes extérieurs des sens. Elle n'est pas aHAïi une pure production ou fiction démon esprit. Desc, Midii. m".) — Je ne répondis rien ni l'oflicier aussi, et nous rejoignîmes notre cavalerie une heure après, ne songeant à rien moins qu'à cela. (Ikssv, Mém., 1G16.) — Et moi ûu.vii je ne crois pas les moyens de .M. Nccker les meilleurs possibles; mais le ciel me préserve, dans une situation si critique, d'opposer les miens aux siens. (MiRAB., Disc, sur la Coutriù. du quart.)
AUTANT. KTiti-, .M TAM iji I., être lu même chose, siiTiiiliii- la même chose (pie :
Puisque Cid en leur lan(:uc est autant que Seigneur,
Je ne l'einieiai pas ce beau litre d'honneur. {Le fui, iv, 5.