‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du 17e siecle en général (volume 2)Chapitre 52 sur 253 · AUCUNEMENT · texte numérisé non relu

AUCUNEMENT

chancellerie et de jurisprudence, et signiliail: en (luelque sorte, par certaines consith'ralions. Corneille s'en sert fréqucmnitiit , dans cette si^nitication , et en vers comme en prose, dans ses tragédies connue dans ses comédies :

Je voulois éprouver par celte triste feinte,

Si celle qu'il adore, aucunement atteinte,

DeviendroJt plus sensible aux traits de la pitié,

Qu'aux sincères ardeurs d'une feinte amitié. {Met., iv. 10.,

Je l'aime aucunement , Non pas jusqu'à troubler votre contentement. (La Suiv., ii, 7.)

Elles vous ont agréé autrefois sur le théâtre; j'espère qu'elles vous satisferont encore aucunement sur le papier. iMéd., A Monsieur P. T. N. G.)

De sa frayeur première aucunement remise. (Le Ment., ii, 5 )

Qui s'avoue insolvable aucunement s'acquitte , Pour m'acquiller vers vous aillant que je le puis, J'avoue, et liautemenl. monsieur, que je le suis. (La Suiiedu Miui., m, 1 .) Sa représentation n'a pas eu grand éclat, et quoique beaucoup en attribuent la cause à diverses conjonctures qui pourroient me justifier aucunement, pour moi i e ne m'en veux prendre qu'à ses défauts. (Tliéod., Épître.) L'heureux moment approche où votre destinée

Semble être aucummcnt à la nôtre enchaînée. (Ilodoij., m, 1.)

J'ajoute à celle-ci l'épithète d'héroïque , pour satisfaire aucummeut à la dignité de.... (D. Sanclie. Èp.] — On peut dire de don Raymond qu'il vient avec les députés d'Aiagon dont il est purlé au premier acte, et qu'ainsi il satisfait «iucwwcwicHtàcetle règle. (Exum. de D, Sanche.) — Pour répondre aucunement à la dignité des personnes dont celui-là représente les actions. (Disc, i.)

Celte siyiiilication est la véritable, parce ([u aucun signifie originairement et essenticllcincnt (luehiu'un (de aliquisciunus). Elle est nécessairement plus ancienne dans la langue que la signification négative, (pii n'est logiipie tpi'avec ne ou pas; et elle était enctjrc trcs-usuelh; au dix-septième siècle :

Ils pevent aulcunement dire Ijellcs parolles et ordonnées. (Intcrn. ConsoL, rr, -i.) — Aulcuns ont doublé s'il étoit utile et proiitablù aux roys de tenir les états, disant que le rny diminue aucunement sa puissance, de prendre l'advisel le conseil de ses subjecls, et aussi qu'il se rend trop familier à eux. ^L'ilosp.) — C'est jjourquoy nous excuserons aucnnemeut la ditlicullf et relTus ijue plusieurs de nos subjccts ont faict jusques ici de nous recognoislre , jtour la dilTerence do la religion que nous tenions lors. [Leii. miss. île Ihmi IV, -2.") juill. \:^'.Ki — Nous sommes forcés, pour \mit\ct cucunement de Dieu, d'user d'une grande quantité de noms, disant qu'il est bon, sage, tout-puissant, vray, juste, saint, inliny, immortel, invisible. ;S. Fr\. »e Salis, De l'.lm. de Dieu, rr, 1.) —La physiijue est la matière que j'ai le plus étudiée de toutes, et en laquelle, grice à Dieu, je me suis flutHMirni'iU satisfait. (Desc. au P. Mers., Lilt. Lxxx du I. II.) — Elle a fait céder, bien qu'avec regret, son inclination cl ses règles aux in^lantes prières qui lui ont été faites sur ce sujet, et s'esl (wjcdiiL'mtnt consolée, voyant que la violence qu'on lui faisoil s'accordoit avec I utilité publique. (.SV>j(. de l'Acad. \ur le Cul.) — .Mon esprit s'abat trop pour des maux qui, tout cruels qu'ils sont, sont aucunement supportables. ^Uoss., I" Serm. punr le deux. dtm. de i Av , \" p.l

Page 1