‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du 17e siecle en général (volume 2)Chapitre 58 sur 253 · VAN(.K DANS LA MEILLKSSK · texte numérisé non relu

VAN(.K DANS LA MEILLKSSK

Commo il L'tuil déjà assez avancé dans la vicillcsn-, il acccpla la condilion aisétnont. l'iilrh., Au Lect.)

AVANT. EN(.A(.EU OrELQl'UN l'Ll s AVANT IMtl U IN Alïlli:. Ir

laire entrer davantage dans les intérêts d'un autre :

(Juoi! lu n'as su pour mvi plut cnaiii l'cmnuja? {Penh., ii, 4.)

— s'KXi'i.iurEU l'Lis AVANT, i)ousscr plus loin 1<'S explications :

« Et l'ai revu souvent Sans nous être tous deux expliiiués plus avani. [CEd., iv, 4..^

— noNNKK idUT AVANT HANS LA VIE, niodilieation oiigiiiale de la locution vulgaire donner dans la vue, pour signifier plaire :

Il vous aiiroil donné fort avant dans ta vue. ( Suiic du Ment., iv, 1.)

— AN ANT QLE , pour ovont fjue de :

Voire amour me ravit, je veux le couronner,

Mais souiïrez qu'il se donne avant tpie vous donner. [Suite du Ment., iv, 2.)

Avant qu'ulTrir des vœux je reçois des refus. [Polycuctc, iv, 6.)

El toutes nous tremblons devant une infortune

Qui toutes nous menace, avant qu'eu frapjtcr une. [Androm , i, 1.)

/Irrtw/ q«'en'décider pensez-y bien, madame. (Otii., ni, 5.)

Mais avant que juger ma conqut'le assez haute.

De l'œil dont il faut \oir ce que \ous vous devez,

Voyez ce quelle donne, ou plutôt ce qu'elle ôle. [Atjés., -v, 4.)

Mais je vous liens si sage et si experle,

Que vous voulez, sans personne blasmer,

Pour le plus seur, congnoislre avant q«'aymor. (R. de Coll., Epia., vu.) Sonçez-y trois fois avant que donner la cbarge de défendre une place. (Montl., i.owincnt. ,\ii ) — Couvre bien Itvfeu, allin qu'à mon retour je me puisse chaulTer A'avan: que me mcllre au licl. (Lahiv. , le MurJ., i, 5.) — Je \ous prie, avant que partir, nous faire enlendre par un iietil brujt d'allégresse que noslre labeur vous esl agréable. (Id., ibid., v,9.) — Le roy fut en une plus grande agitation d'esprit loul le reste du jour avant que se résoudre. (P. Math.)

Mais lousjours dessus luy j'eus la veue attachée

Pour voir s'il me verroit avant (jw'eslre cachée. (Raca.n, Uenj., i, 3.)

Mais avant que partir, je me ferai justice. (Hac , .Mitlit., m, 1.)

Plusieurs avoienl distribué aux pauvres leur patrimoine avant qu'être élevés

aux ordres. (Flelhv, .I/a«/-.> des chrét. , x.xxii.; — Ou se contenta (\uavant partir

.M. de Lorraine allai chez M. le duc de Chartres. (St.-Siu.. Mèm., t. n, c. v'I.)

— w ANT (jiE, avec ellipse:

Si je le nuis ici, c'est avec grand regret,

Mais on aura mon ca'ur avant que ce portrait. [Suttc du Uleut., m. :).)

Différez à punir une oiïcnse incertaine,

El servez ma colère avant que votre haine. {Attili, iv. 1.

80 AVANTAGE. - AVniH.

AVANTAGE du nombre , ayant l'avantage du nonil)ro :

Ce sont tes trahisons qui l'empèchnnl de vivre;

Je l'ai vu dans ce bois moi-môme le poursuivre,

Avaniaijé du nombre, et vèlu de façon

Que ce rustique habit eiraçoit tout soupçon. Ctii., m, 5.)

AVANTAGEUX, favorable, av.vnt.vgeuse eiuœlu :

Et vous, que par mon ordre ici j'ai retenu,

Sanclie, puisqu'il ce nom vous èies leconnu,

Miiaculeux héros, dont la gloire refuse

L'avaiiUajeuse erreur d'un peuple qui s'abuse,

Parmi les déplaisirs que vous en recevez,

Puis-je vous consoler d'un sort que vous brave?.? (D. Saiiclte, v, .5.)

AVEC, séparé de son régime :

Mais, hélas! j'étois jeune, et ce temps est passé.

Le souvenir en lue, et l'on ne l'envisage

Qu'avec, s'il le faut dire, une espèce de rage. [Pulcli., ii, 1.)

AVENIR, arriver :

En l'état où je suis, quoi qu'il puisse avenir,

Je vous dois tout promettre, et ne puis rien tenir. [Tlu'od., m, 5.,

AVENU, participe passé de avenir, arrivé :

Trop heureux accident, s'il avoit pré\'enu

Le déplorable coup du malheur avenu. {Met., v, 2.)

AVERSION. AVOIR DE l'aversion contre quelque chose :

Je vous rends grâces de ce que vous m'avez envoyé de la façon du R. P. Fronteau ; c'est un grand homme en tout, et ce n'est pas avoir peu fait d'effet sur moi que de m'avoir obligé à lire son oraison funèbre tout entière, moi qui ai une (iversion naturelle eonire les paii<fyyri(iucs. {I.eit. au P. BouiarJ, 10 juin IG56.)

AVEU. SANS AVEU, sans autorisation :

Et quoique par vous-même autrefois exilée,

Sans ordre et sans aveu je me suis rappelée. \Tile et lier., ii, 5.)

AVIS. PORTER AVIS, comme : pointer conseil :

Il sera demain jour, et la nuit porie avis. {La Suiv., m, 6.)

AVISER A (un subst.), songer à :

Tu vas apprendre tout, mais aussi l'ayant su.

Avise à ta retraite. {Clit., I, 9.)

AVOIR, renfermer, apporter :

Oronte, je ne sais dans son funeste sort,

Qui m'alllige le plus, ou sa vie, ou sa mort,

L'une et l'autre a pour moi des mullieurs sans exemple. [Rodog., v, 4.)

AVOlH. — AVOFER. 81

— Avoiii, suivi (l'un adjcftit', turiiiaiit latinisme :

La liaino que pour vous elle a si naturelle,

A mou occasion encore se renouvelle. [yicom., i, 1.)

Lo duc do Savoie commença à munir de garnisons toutes les places qu'il aroii voisines des troupes françoises. (Richel., Mém., xx.) — Le pauvre, quelque elTurt qu'il fasse, ne peut jamais se faire entendre, et se voit malheureusement distingué d'avec le puissant dans un intérêt qu'ils ont commun. (Boss. , iv' Serm. pour le jeudi des Ram., i.) — Ce serait une espèce de tyrannie, d'avoir ainsi dépouillé les pauvres de celte possession, qu'ils avuieui commune avec le reste des hommes. ;FLii(;u. , Serm. sur l'oblig. de l'aum., i.) — Je voudrois qu'on ne fit pas son capital d'une chose que le dernier de tous les hommes peut avoir commune avec un grand héros. (M'°" de Villed. , Alcidam., 1" p., I. m.) — On dit que ce seigneur parut bientôt consolé de cette préférence , sur ce qu'il n'estimait pas en cette occasion une marque d'honneur, estimable d'ailleurs, qu'il aurait eue commune a\ec son domestique. (P. Lac, Frarjm. sur la vie de .W°° la marq. de Maint.)

I)t' iiiriiic, suivi iriiii |iattici|)e passé :

Il y avoit un jardin dans le palais, réservé pour la promenade de la reine et de sa iille, dont aucun homme n'avait l'entrée jjermise. (.M""' de Villed., Ann. 'jat., VI.) — Tu ne plains pas cette âme, qui, par une brutale stupidité, a toutes ses fonctions interdites! ( Boss., Frem. Serm. pour le deux, dim, de l'Av., i. ; — Leur chute leurou\re les jeux, qu'ils avoieitt uvtwjlés par leur amour-propre. Id. , Punéij. de S. Pierre, il.) — Les succès de ce prince uvoiint leurs bornes marquéis par les prophéties. (Id., Hisi. u)iiv., 2"= p., c. xiv.) — 11 y a grande apparence que .Molière avait au moins les canevas de ces premières pièces déjà préparés, puisqu'elles se succédèrent en si peu de tenq)S. (Volt., Vie de Mol.)

AVORTON, ^l^^, en parlant d'une chose morale :

Vaine compassion des douleurs d',\ngéiique,

Oui pense triompher d'un cœur melamolique !

Téméraire avorton d'un impuissant remords,

Va, \a porter ailleurs tes débiles efforts. [La PI. lioy., iv, 5.)

AVoilTKIl, liy. :

Neureul-ils p.ts besoin d'un éclat de tonnerre. Ses ministres ailes pour me jeter par terre? En Voyant mes elTorts avorter sans etTets,

yuels pleurs n'ai-je versés, et quels vœux n'ai-je faits? Androm , iv, 3.) Ce qui l'a fait moWcr au tiiéilre, a été l'événement e.vtciordinaire qui me l'avail fait choisir. [Exam. de Penh.)

AVOUER quelqu'un d'c.m-: cikisi:, dans le s^ns de la reconnaître comme légilimr :

Ou Sparte l'avoutra d'un ptu de violence,

.\pres tant d'ennemis à ses pieds abattus. (.lijés., iv, 2.)

— Dans un sens analogue, ci avec une énergufue concision :

Appuyez donc la France et laissez tomber Rome. Aux grands ordres du ciel prêtez ceux d un grand homme. D'un si bel avenir uvoutz vos devins,

Avancez les succès et hilez les destins. [Attila, i, -2.)

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