I50ND. — BORD. O
— RoNNr. CONDUITE, comme belle conduite, en parlant d'un acte de valtMir :
Quel forfait Irouvez-vous en sa bonne conduite? Horace, iv, 1.)
— LA FAIRE BONNE, dans le sens de garantir, employt' dans le style élevé :
Je prends sur moi sa dette, et je vous la fais donne. {Don Sunclie, i, 43.)
« Est trop trivial; c'est le style des marchands, » observe Voltaire.
l{ap[)('lons-nous, à la décharge de Corneille, ({ue Don Sanclic est une tragi-comédie.
BOND. FAUX BOND, pour signifier infidélité en amour :
Après un tel faux bond, un cliange si soudain,
A volage, volage, et dédain pour dédain. [Mél., v, 5.)
BONHEUR, avec le plur. :
Ils diront à l'envi les bonheurs de la paix. [Au roi, sur la paix de 1678 )
Cet emploi n'a rien d'assez rare pour avoir besoin d'être justifié par des exemples. Corneille dit d'une manière plus particulière : SOUVERAINS BONHEURS.
Vanité de languir dans la soif des honneurs,
Vanité de choisir pour souverains bonheurs
Dos plaisirs criminels les damnables mollesses. [Imii., i, 1.)
BORD. SUR LE lîORD DE, fig., commc au bord de :
Oui. votre intelligence à demi découverte,
Met votre Suréna sur le bord de sa perte. [Sur., iv, 1.)
— SUR LES BORDS DE, au S(Mis [)ropr(', cominc^ ,<»?- le bord de:
Sur les bords du perron soudain elle s'avance. [TItéod , v, 8.)
— Fig. : SUR LES BORDS DE LA TO.MRi:, Dl TOMBEAU :
Sur les bords de lu tombe où tu me vois courir,
Je crains les maux que je te laisse.
Quand je fais gloire de mourir. [Œd., m, 1.)
Au milieu des malheurs que le ciel nous envoie, Prince, nous croiriez-vous capables d'une joie, El (pie nous vojant tous sur les bords du tombeau. Nous pussions d'un hymen allumer le llambeau? [Ibid., i, 2.)
— Corneille dit encore, d'une manii'ro particulièrement iiardie : aux bords d'une pleine victoire :
Quand nous sommes aux bords d'une pleine victoire,
Quel besoin avons-nous d'en partager la gloire? {Sert., ii, •.' ;