IN BHAS SI RENOMMÉ
J'ai vu dans votre amour une source de haine,
Et j'ose dire encor qu"u« bras si reitummà,
Peut-être aurait moins fait, si le cœur n'eùl aimé. {Héract., ii. (">.
Cette alliance de mots est marquée par Voltaire d'un point d'exclamation; Palissot ne s'en scandalise pas tant, et dit avec raison : « En poésie , tout ce qui peut se dire d'une personne peut se dire également de son bras , qui est pris alors pour la personne même : bras renommé n'a donc rien de vicieux, c'est au contraire une de ces figures auxquelles on est tellement accoutumé par l'usage, qu'on ne les remarque plus. »
Corneille dit encore par la même ligure :
Pleure, pleure ce brus qui tu si bien servi,
Pleure ce bon sujet que le mien t'a ravi. Penh., v, 5.)
(Commandez que son bras nourri dowi les ulunnes
Répare cette injure à la pointe des armes. [Le Cid, ii, 6.)
BRASIER, pour parler des feux (jui dévorent Creuse après qu'elle a vêtu la robe empoisonnée, do7i fatal de Médée :
La flamme disparaît, mais l'ardeur leur demeure ; •
El leurs habits charmés, malgré nos \ains efforts,
Sont des brasiers secrets attachés à leur corps. [Méd.. v, 1.)
.Alais garde de toucher ce misérable corps ;
(;e brasier, que le charme ou répand ou modère,
A négligé Cléone, et dévoré mon père. [Ibid., v, 5.
I5RAVADE. — BUECIIE. 91)
— Fip. , pour ck'sij^iier les t'cux do raiiioiir :
Son brasier est trop grand, rien ne peut l'aniorlir. [La Gui. du Pal., i, 9.)
liRAVADE. FAïui". itUAVADK A niELQu'u.N, le braver :
Ce bélître insolent me fait encor bravade. L'Iltm. corn., ii, 8.)
liRAVE HOMME, pour homme brave :
Et nous verrons ainsi qui fait mieux un brave homme,
Des leçons d'Annibal. ou de celles de Rome. {Piicom., i, 3.)
I5UKCIIE. l'AiiiF. nutciiE A LA FOI CONJUGALE, pour sii^iiilior la violer :
Qu'un mari les adore, et qu'un amour extrême
A leur bizarre humeur le soumette lui-même.
<Ju'il les comble d'honneurs et de bons traitements,
Ha'il ne refuse rien à leurs contentements ;
S'il fait la moindre brèche à ta foi conjuijak.
Il n'est point a leur j^ré de ciirne qui l'égale. [L'Ulut. com., v, 3.)
— FAIHE BHÈciiE AL l'OLvoiK SOUVERAIN, V porter atteinte :
Mais gardez-vous aussi d'oublier votre faute,
Et, comme elle fait brèche au pouvoir souverain,
Pour la bien reparer, relouinez dés demain. [Mcom., ii, 2.)
« Cette expression fai/f brèche, dit Voltaire, n'est plus d'usage : ce n'est pas «pie l'idée ne suit nul)le; mais en français toutes les lois que le mot jairc n'est jtas suivi d'un article, il l'orme une tavon de parler proverhiale trop familière. /•«//■? assaut , faire force de voiles, faire de iK'eessilé vertu, faire ferme, faire brèche, faire halte, etc.; toutes expressions bamnes du vers héroi(|ue. >•> Ce jugement est d'une rii^iieiu' Imp >( rupideuse, et l'illustre coninn'ntateur n'est pas stillisammi'iil exact dans la règle générale (|u'il |»ose. Ainsi, entre cent exemples, on dit Irès-bien ilans le style elevt' :
— FAIIIE ÉCLAT :
Ah ! si j'étois aimé vous n'auriez pu vous taire.
Le crime eût cniitrc un lâche ariiu- votre colère ;
E: du traître Lirim a])prenanl r.illeiital.
Pleine d'un \if transport vous auriez jatt iclat. Tu. Con.N.. l/cujm., ;t, 6.)
— FAini; ot Tu.M.E :
Au sang dont elle sort, co soupçon /uij oz/traj/i;. M.. Ibid..
Il serait facile de produire également des exiiuples de faire n/front, faire imiilw, etc. Voir auticle si ri'HiMÉ.