‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du 17e siecle en général (volume 2)Chapitre 92 sur 253 · METTRE DES SECRETS EN BONNE CONFIDENCE · texte numérisé non relu

METTRE DES SECRETS EN BONNE CONFIDENCE

l'avais mis mes secrets en bonne confidence. {Penh., iv, 2.)

C'est-à-dire : Je les avais confiés en bon lieu.

— AVEC CONFIDENCE, coiiime en confidence :

Je te dirai bien plus, mais avec confidence:

La secte des chrétiens n'est pas ce que l'on pense. [Pot., iv, P.)

CONFIDENT, qui est dans la confiance, en qui Ton a iiuc intime confiance :

Maxime est comme moi de ses plus confidents. [Cin., i, 4.)

On trouve très-fréquemment confident employé adjectivement dans ce sens :

Accompagné seulement de cinq ou six de ses plus confidents serviteurs. (Paso., Rech., VIII, 28.) — Qu'il deppute quelqu'un des siens qui luy soit confident. [Leil. miss, de Henri IV, t. iv, p. 49.) — Tous prennent part à vos intérêts plus que vos parents les plus tendres, plus que vos amis les plus confidenis. (Boss., Serm. pour la fêle des saints anges rjard., il. ) — S'en ouvrant lui-même à ses plus confidenis amis. (BouRD., Orais. fun. de Condé, ii.) — Prélat que ce héros a distingué entre ses plus chers et ses plus confidenis amis. (Id., ibid., m.) — Quand Henri second renouvela les desseins d'Italie, le plus confident serviteur qu'il en eut fut Pierre Strozzi. (Naudé, Le Masc, in-4°, p. 368.)-- La grande alliance fut trés-sensiblemenl touchée de cette perte; mais elle se trouva si bien cimentée, que l'esprit de Guillaume continua de l'animer, et Heinsius, sa créature la plus confidtnie, élevé par lui au poste do pensionnaire de Hollande, le perpétua. (St.-Sim., Mém., ii.) t. m, c. 24.) — Ptolomée étoit devenu un des plus confidents ministres de ce roi. (GoMBERV., CajiIi., 2'= p., II.) — Elle me rendit auprès de lui, par les personnes qui lui éloient confidentes , toutes sortes de mauvais offices. (,Arn. d'Andillv, Mém. )

— Je ne doute point que M. d'Épernon et M. de La Valette ne fassent leur devoir, mais je vous supplie y envoyer une personne confidente , qui puisse les y fortifier. (RicH., Leii., à La Valette, 21 nov. 1636.)— Il se servit pour cet effet du vicaire général des Augustins, qui lui était Xxiis-confideni. (Retz, Mém., m, 1652.)

— On ne pouvoit se tromper sur les motifs qui l'avoient fait envoyer à Milan, ni croire qu'un secrétaire confidoii quittât son poste pour des raisons aussi frivoles

CONFONDIIi:. — CONFUS. 135

que celles qu'on alléguoit. (Anuuet. , L'inir. ducab., i. 1602.) — L'athée Baiiiru avoit été agent irés-confidein de Iticholieii. ( Michklet, ///$«. de France un xvu« siècle, Louis XIV, c. 3.1

CONFONDRE, truublt'r, brouilhn-. confondre la mkmoiue :

Si la quantité d'intrigues et de rencontres n'accable et ne couloiid leur mémoire. {Mél., préf.)

CONFORT, consolation :

Vain et triste confort! Soulagement léger! [Méd., v, 4.;

Dans ces importunes langueurs, Encore parmy les rigueurs De la justice inexorable, Il m'estoit permis de le voir Et d'un coiijori peu secourable Luy rendre mon dernier devoir. (Théoph., De l' Immort, de l'Ame.)

CONFORTER, allennir, rii('oiira{;er, consoler :

Ainsi Dieu conforta cette âme désolée. [Imii., t, 25.)

Ta pitié le conseille, et ta voix le conforte. (Ibid., m, 57.)

Hz nous ont consolez et confortez en leur langaige, qui est bien estrange. {Les nouv. admir. , etc. , Var. hist. et litt., t. v, p. 1(30. i — Plus rigoureusement traite qu'il ne le fut au jardin, où le ciel au moins parut s'intéresser en sa faveur, et prit soin, par le ministère d'un ange , de le conforter. { Bourd. , Serm. sur le crue, de J. C, 1.) — 11 était dou\, humble de cœur, secourait l'indigent, confortait le dolent, assistait le mourant. (P.-L. Cou»., Lett. au Cens., vi.)

CONFUS, adj., <[ui est plein de confusion, de trouble, d'iiiceititude, en parlant de choses. Corneille fait avec ce terme des alliances nombreuses et variées. Ainsi il dit :

— NAISSANCE CONFISE :

Ma naissance confuse a. quehpie incertitude. [Œd.. iv, 5.)

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