CONSPIRER. — CONSTITUTION
titua consumer à consommer. Molière continua d'employer consommer :
Et, quoi que l'on reproche au feu qui vous consomme.
Le mal n'est pas si grand que de tuer un ho-nime. {Le Dépit um., m, 9.)
Voir encore Bcole des Femmes, v, 4; Tartufe, v, o; et La Gloire du Val-de-Grâce.
Nous ne répéterons pas les observations très-justes qui ont étt' présentées sur ce fait dans le Lexique comparé de la langue de MolieYe. L'auteur aurait seulement dû ne pas omettre l'exemple de Corneille.
Nous ajouterons quelques exemples à ceux qu'a cités M. Génin, pour prouver que consommer était, avant le dix-septième siècle, la forme universellement employée :
Alors que l'insensée.
Voyant la mer, de pleurs se consommoii
EtsonThéséeenvainellenomnioit.(RoNS.,/lwîOMr«,i,ccxxn,Ëlég.aJanet.) Brusle du souffre et de l'encens.
Comme en l'air je voy consommée Leur vapeur, se puisse en fumée
Consommer le mal que je sens! (Id., Od-, v, .\xix.)
Ils m'accableront d'ennuy, et m'osteront tout moyen de remédier au mal qui nous consomme. [Leu. miss, de Henri /F, t. iv, p. 726, 31 mars 1597.)
CONSPIRER AVEC, être d'accord avec, tendre au même i»ut que :
Depuis tantôt je parle un peu plus librement,
Ou, si vous le voulez, un peu plus hardiment;
Aussi, j'ai vu mon père, et, s'il vous faut tout dire,
Avec tous nos désirs sa volonté conspire. [La Suiv., m, 10.)
Je ne reproche point à l'ardeur de Valère
Qu'en amant de la sœur il accuse le frère :
Mes vœux arec les siens conspirent aujourd'hui;
Il demande ma mort, je la veux comme lui. [Hor., v, 2.)
Je forme un beau dessein que son amour m'inspire;
Mais il faut qu'avec lui notre union conspire. [Rodog.. ii, 4.)
Ah ! que le nom de Rome est un nom précieux,
Alors qu'en la servant on se sert encor mieux,
Qu'arec nos intérêts ce grand devoir conspire.
Et que pour récompense on se promet l'empire! [Tite el lîérén., iv, 3.)
Le peuple avec que lui dans ce dessein conspire. (T. Corn., Dérén., v, 1.)
Avec mes volontés ton scnliment conspire. (Rac, Estli., ii, v.)
CONSTITUTION, en parlant de l'ordonnance d'une pièce :
Voici une pièce d'une constitution assez extraordinaire. [Préf. de Nicom.
CONSULTER. — CONTKNT. U1
CONSULTER avec, absol., délibérer avec :
Et quoique mon amour ait sur moi du pouvoir,
Je ne consulte point pour suivre mon devoir.
Je cours sans balancer où mon liunneur m'oblige. {Le Cid, m, 3.)
— CONSULTER, délibérer :
Il me semble que deux hommes belliqueux, généraux de deux armées ennemies, ne peuvent achever en deux mots une conférence si longtemps attendue. Un a soufTert Cinna et Maxime, qui ont consumé davantage à consuUer avec Auguste. {Lelt. à M. l'abbé de Pure, 'S nov. 1661.) — Il considère quand il faut oser; il consulte quand il faut agir. (St.-Evrem. , Réfl. sur les div, <jén. du peuple rom., c. 7.)
— CONSULTER SUR, délibérer sur :
Gagnons-les tout à fait en quittant cet empire
Qui nous rt^nd odieux, contre qui l'on conspire.
J'ai par tiop vos avis consulté là-dessus ;
Ne m'en parlez jamais, je ne consulte plus. (Cm., iv, 4.)
On troll vt; de même avec de :
Les gramls politiques ont creu que la prudence estoit une vertu divine, qu'on ne pou\oit consulter de l'événement dos alTaires sans une assistance du ciel, et que pour estre un heureux conseiller, il falloit cstre un véritable prophète. (SÉ- NAULT, Traité de l'us. des pass., 2' p., 4*^ tr., 6= dise.)
CONTEMPLER comme, regarder comme :
Si vous aimez, seigneur, ne vous refusez rien. Ou souffrez que je vous contemple Comme un ra-ur au-dessus du mien. (Agés., v, 4.)